-- -- -- / -- -- --
Nationale

La CNLTD signe la rupture

La CNLTD signe la rupture

Avec le refus catégorique de Djaballah de rencontrer les dirigeants du FFS, on peut dire que la rupture est consommée entre l’initiative du vieux parti de l’opposition et la démarche des partis composant la coordination nationale des libertés et de la transition démocratique.

Manifestement, depuis que la CNLTD a émis des réserves (certains comme le MSP de Mokri, émettaient des doutes et des accusations) sur l’idée du FFS, celle de l’organisation d’une conférence nationale sur le consensus. Il fallait attendre de la part des membres de l’Instance de la concertation et du suivi (ICS) à la même solidarité dans la position de refus polie.

D’ailleurs, le communiqué de cette instance, créée par la CNLTD, est clair et sans ambages ; il appelle le peuple algérien à le suivre et « l’accompagner dans son projet de transition démocratique ». Une transition n’a de sens que « si le peuple, dans toutes ses composantes, sa jeunesse et ses élites (…) est convaincu de sa justesse et de la sincérité des femmes et des hommes qui l’animent », affirme-t-il dans un appel diffusé au lendemain des festivités du 60e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération.

Les membres de l’instance invitent le peuple à « l’accompagner dans son action pour que l’avenir de l’Algérie soit fondé sur la construction d’un destin collectif destiné à assurer aux algériennes et aux algériens les conditions d’une prospérité partagée dans une Algérie forte, stable et juste ». Pour cette instance, la célébration du 60e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération est « une occasion privilégiée pour appeler à prendre conscience de la gravité de la situation que vit l’Algérie (…) Notre pays a engrangé, ces quinze dernières années, des recettes colossales jamais égalées depuis le recouvrement de l’indépendance nationale », précisent-ils.

Une manne financière « qui échappe à toute forme de contrôle populaire ou institutionnel », selon eux, et qui « n’a servi ni le développement du pays, ni garanti une paix sociale ». Pour les membres de l’Instance, les derniers événements à Ghardaïa, à Alger (notamment la colère des unités de la police nationale et leurs marches) et dans d’autres régions du pays « viennent conforter » leurs « craintes » et leurs « mises en garde sur les risques avérés que la crise du régime politique se transforme en crise de l’État algérien ».

Les membres de l’instance assurent, également, que l’opposition est désormais unie.

« La Conférence de Mazafran a tenu le pari d’unir l’opposition politique, pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante, non pas autour d’une démarche partisane ou idéologique, mais autour de la nécessité impérieuse d’apporter une contribution à la solution de la crise nationale », disent-ils. Un communiqué qui tranche avec le discours du FFS, dont les dernières déclarations de leurs dirigeants affichent superbement une volonté de jouer à l’apaisement, d’entretenir l’espoir de rapprocher les points de vue des différents pôles politiques.

Ainsi, pour beaucoup d’analystes, le projet de renouvellement du consensus national que prône le FFS, risque d’être accepté uniquement par des formations politiques qui parrainent le gouvernement ou qui s’allient avec le pouvoir et ses sphères. Il est d’ailleurs logique que le FLN et sans doute le RND, le MPA, le TAJ et d’autres vont soit encenser, soit approuver la démarche du FFS, dont la conférence nationale pourrait bien se tenir vers la fin du mois de décembre, selon certaines concertations.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email