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Nationale

La classe politique entre en scène

La classe politique entre en scène

Le manuel scolaire de la première année moyenne de géographie ne sera pas retiré. Par contre, la page 65 sera déchirée et remplacée par une autre qui fera apparaître l’Etat palestinien au lieu et place de celui d’Israël, a annoncé hier le directeur de l’éducation d’Alger-Centre, Nourredine Khaldi.

S’exprimant au cours d’une réunion de travail avec les directeurs des écoles privées, M. Khaldi a précisé que le ministère de l’Education a instruit l’ensemble des établissements scolaires de procéder au retrait de la page 65 dudit manuel en attendant son remplacement par une page avec l’erreur corrigée.
La réfection du livre en entier aurait coûté un peu plus de 200 millions de DA.

Le ministère de l’Education avait annoncé auparavant le retrait du manuel scolaire de géographie de la 1re année moyenne qui montrait une carte où Israël figurait à la place de la Palestine. L’erreur aurait été commise par un infographe travaillant pour l’Entreprise nationale des arts graphiques (ENAG).

Le directeur de cette entreprise, Hamidou Messaoudi, a précisé dans une déclaration que l’erreur vient de son institution. Il explique cela par « la pression » qu’a subie l’ENAG durant le mois de ramadhan dernier.

Apparemment, les deux partis majoritaires, le FLN et le RND, ne semblent nullement accorder leurs violons sur cette affaire qui commence à déborder de son cadre initial. Deux jours après la révélation du scandale, la classe politique s’en mêle elle aussi, mais à de degrés différents.

Si le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, qui a soutenu la ministre de l’Education, qualifie cette faute de simple « erreur technique », ajoutant qu’« il n’y a pas de quoi faire un grand tapage et encore moins une affaire », le FLN, lui, ne l’entend pas de cette oreille et crie même au complot.

 Le porte-parole du FLN, Hocine Khaldoun, a qualifié cette affaire de « crime contre la Palestine » et appelle à « une enquête judiciaire approfondie pour débusquer les responsabilités de chacun » dans ce scandale.

« Cette affaire est une attaque contre les constantes nationales et non pas une simple erreur technique, comme certains le laissent supposer », dit-il. Une allusion directe au patron du RND qui a écarté toute manipulation politicienne.

Le porte-parole du FLN ne veut pas pour autant faire porter le chapeau à la ministre de l’Education, estimant toutefois qu’elle endosse une « responsabilité politique » devant le président de la République.

Ce scandale est mis à profit par les deux partis majoritaires pour s’affronter en duel à fleurets mouchetés sur un sujet au demeurant très sensible mais qui mobilise la majorité des citoyens.
Sans animosité mais prêt au combat qui s’annonce en perspective des élections législatives du mois d’avril 2017.

Le président de TAJ, Amar Ghoul, a quant à lui indiqué que cette affaire exigeait la « coopération de tout un chacun, loin des considérations insignifiantes et des intérêts restreints », affirmant la « nécessité d’éloigner l’école des conflits idéologiques et politiques et de l’intérêt partisan ».

Le SG du Mouvement El-Islah, Djilali Ghouini, a appelé pour sa part à « mettre l’école à l’abri des tractations politiques et idéologiques », proposant à cet effet « la mise en place d’un conseil supérieur de l’éducation regroupant des experts et des académiciens pour se pencher sur les faiblesses et y remédier ». 

A quelques mois des législatives, les deux partis majoritaires mettent les pieds dans le plat et annoncent leurs ambitions respectives, face à la pathétique platitude des autres « politiques » que rien dans leur discours ne reflète l’ambition pour le pays, leur vision d’avenir, leur passion, leurs valeurs. 

A n’en pas douter, la question de l’école sera au centre de la future bataille législative entre les tenants d’une école moderne et républicaine et ceux qui veulent préserver un statu quo mortel.

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