-- -- -- / -- -- --
Nationale

La classe politique en mode «wait and see»

La classe politique en mode «wait and see»

Le discours du chef de l’Etat Abdelkader Bensalah,ce mardi soir, vient confirmer, sans aucune surprise, la tenue du scrutin présidentiel le 12 décembre prochain, et par ricochet la convocation du corps électoral. Mais ce qui surprend c’est le « mutisme incompréhensible » au sein de l’opposition ou encore des Dynamiques de la société civile, au lendemain d’une telle décision politique.

On se rappelle qu’au niveau de ces deux tendances nombre d’acteurs ont été libérés grâce au Hirak déclenché le 22 février 2019 et ont aussitôt commencé à surfer en exprimant leur adhésion « entière et irréversible » au mouvement populaire. Des alliances existant avant le hirak sont vite passées à la vitesse supérieure dans le sillage de cette révolution fulgurante en vue de consolider leur présence sur l’échiquier politique national.

Des initiatives infructueuses

C’est le cas des forces du changement pour le triomphe du choix du peuple qui était, en fait, la suite des initiatives dites Mazafran1 et 2, regroupant les formations phare de la mouvance islamiste tels que le MSP de Abderrazak Makri, le FJD de Abdellah djaballah, El Binaa de Abdelkader Bengrina, et Talai El-Houryat de Ali Benflis auxquels s’est associée une multitude de partis microscopiques et certaines personnalités nationales, à l’instar de l’ancien ministre et diplomate Abdelaziz Rahabi, l’ancien chef de Gouvernement Ahmed Benbitour, ainsi que les universitaires Smaïl Maaraf et Abdelaali Rezagui.

Voulant être au-devant de la scène politique, les forces du changement multiplient les rencontres dans le but d’arriver à une offre politique consensuelle porteuse d’une solution à la crise que traverse le pays. C’est dans cette logique qu’il y a eu la rencontre de Aïn Benian le 6 juillet dernier, coordonnée par Abdelaziz Rahabi sous l’enseigne « le Forum du dialogue national ». Une initiative qui a été rapidement mise à mal après le malentendu entre quelques participants, notamment du FJD et le coordinateur de ladite rencontre, M. Rahabi, sur le contenu de la plateforme initiale, acceptée et validée à l’unanimité par les participants, et celle qu’on voulait rendre publique à la fin des travaux de la rencontre en question. Pour les forces du changement, la solution consiste certes en un processus électoral, mais après l’instauration d’un climat d’apaisement en procédant à certaines mesures bien définies. Une volonté de passer à la trappe ces mesures, paraît-il, était la pomme de discorde au sein de cette alliance islamiste. Un problème qui a fait couler beaucoup d’encre et créé un clivage irréparable au sein des forces du changement qui, depuis, ne se sont plus réunies, alors qu’on envisageait, au début, d’élargir les concertations à d’autres cercles en vue de soutenir les revendications du peuple jusqu’à leur satisfaction.

Par ailleurs, les partis dits démocrates ont commencé à agir en « solo » avant de s’apercevoir de la nécessité de consolider les efforts autour d’une seule initiative appelée « les forces de l’alternative démocratique », œuvrant à faire émerger une feuille de route consensuelle en conformité avec les revendications populaires. Une première rencontre, tenue le 26 juin passé à Alger, avait regroupé le RCD, le FFS, le PT, l’UCP, le MDS, le PST, le PLD et la Ligue algérienne pour les droits de l’Homme (LAADH), mais aussi des personnalités nationales, des universitaires et des acteurs du mouvement associatif, dont la vision politique s’articule sur un processus constituant nécessitant une période de transition.

Les participants ont convenu à la fin de leur réunion d’organiser « une convention nationale » sous la bannière du pacte politique des Forces de l’alternative démocratique le 31 août 2019 et qui n’a pas

pu avoir lieu à cette date faute d’autorisation de la wilaya d’Alger, d’où son report au 9 septembre en cours.

Aussi, la société civile a tenté de se rattraper en s’alignant d’abord du côté du peuple puis en se structurant en collectif, forum et confédération des syndicats en vue de proposer une sortie de crise conciliant la solution constitutionnelle et celles politiques. La carence du travail s’accélérait à pas de géant à l’intérieur de ce « front associatif », notamment après la convocation du corps électoral pour des échéances présidentielles prévue le 4 juillet 2019 par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, dont le mandat était censé arriver à son terme le 9 juillet. Ainsi la société civile a été la première à avoir organisé une rencontre, rassemblant divers horizons, le 15 juin 2019, mais elle a mis beaucoup de temps pour prévoir une seconde rencontre le 24 août (initialement prévue le 17 août).

Entre-temps, le pouvoir, s’accrochant à la solution constitutionnelle, voulait à tout prix aller vers des élections présidentielles dans les plus brefs délais, et rien d’autre. Considérant que cela est la meilleure solution pour « faire face aux dangers qui guettent le pays dans un contexte régional et international stressé ».

Tout compte fait, le pouvoir, qui avait mis la machine en marche depuis un bout de temps, avance, de manière sereine, dans la mise en place de sa feuille de route et fait abstraction de toutes les initiatives quelle que soit la teneur. Maintenant, c’est un véritable fait accompli devant lequel se trouvent toutes les dynamiques de la société, qui ont, encore une fois, échoué à s’imposer comme force de proposition. Pis encore, elles sombrent dans un mutisme assourdissant et préfèrent la posture de « wait and see »

Autant dire que le seul perdant dans « ce jeu politique » est le peuple qui aspire sans relâche à un changement, « pas de têtes mais de système et de façon radicale ».

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email