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La chute des prix du pétrole

La chute des prix du pétrole

La vulnérabilité économique de l’Algérie, qui s’est faite sentir avant même la chute des prix du pétrole, risque de fragiliser la position extérieure du pays, a averti hier le directeur du département du Moyen-Orient et Afrique du nord au FMI, Masood Ahmed.

« Il s’agit notamment du creusement du déficit budgétaire du pays et de la balance des paiements sous l’effet de la hausse des dépenses publiques et des importations », a-t-il précisé avant-hier lors d’une conférence de presse organisée par le FMI sur l’impact de la baisse des prix du pétrole sur les pays de la région.

Pour que le pays retrouve son équilibre budgétaire, ce haut responsable au FMI estime que le prix du baril du pétrole algérien le Sahara Blend, devrait atteindre 120 dollars, soit l’un des plus élevés au monde. Face à la situation actuelle du marché pétrolier, le représentant de l’institution de Bretton Woods a prévu deux scénarios pour l’économie algérienne.

Le premier, peu probable, consiste en le maintien de la politique économique, basée sur le financement des investissements par les recettes des hydrocarbures, ce qui aura pour résultat la chute des réserves de changes, établies actuellement à 185 milliards de dollars, la poursuite du creusement du déficit budgétaire et un fort endettement public, qui est actuellement quasi-nul.

Quant au second scénario, le plus plausible, prévue par l’institution financière multilatérale, son représentant s’attend à ce que l’Algérie accélère ses réformes économiques afin de « réaliser son énorme potentiel ». Ainsi, une consolidation budgétaire graduelle mais soutenue, une stimulation de la contribution de l’investissement privé dans le développement et une diversification des exportations sont les principaux axes des projections du FMI.

La mise en œuvre d’une telle politique se traduira, selon M. Masood Ahmed, par une réduction progressive du déficit budgétaire avant de se transformer en excédent, une poursuite de la baisse du chômage, un maintien du niveau actuel d’endettement, une reprise de la croissance et une reconstitution des réserves de change et de l’épargne publique.

Les deux projections ont été établies sur la base d’un prix de baril oscillant entre 50 et 70 dollars pour les cinq prochaines années. Le représentant du FMI a toutefois affirmé que personne ne peut prévoir avec exactitude l’évolution du marché pétrolier. En conclusion, le FMI estime que l’Algérie peut affronter les effets de la chute des prix du pétrole.

D’autant que le pays est beaucoup mieux préparé et sa position est plus forte par rapport aux années 1980 pour faire face aux chocs externes liés à la chute des cours mondiaux de brut. Pour cela, elle doit accélérer ses réformes économiques afin de consolider sa résilience. La politique macro-économique « prudentielle » menée par les autorités algériennes est à l’origine de cette position, a expliqué M. Ahmed, ajoutant que l’Etat algérien a réussi à développer et à renforcer des marges de manœuvre budgétaires qui ont permis au pays de mener des ajustements face à cette nouvelle conjoncture.

Pour sa part, le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, a affirmé que la chute des prix de pétrole « n’a pas mis en question la stabilité macro-économique du pays et dont la maîtrise de l’inflation constitue un élément important ». De même, a-t-il renchéri, les crédits à l’économie ont connu une croissance de 26 % en 2014 contre une moyenne annuelle de 20 % pour les exercices précédents.

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