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Algérie-Chine

La Chine, la Ceinture et la Route : Le modèle exemplaire de coopération avec l’Algérie

La Chine, la Ceinture et la Route : Le modèle exemplaire de coopération avec l’Algérie

Dans le sillage de la célébration les jours à venir du centenaire de la création du parti communiste chinois (PCC), j’aimerais évoquer, à travers cette contribution, le référentiel historique de la Chine moderne et la vision chinoise de l’avenir de la coopération internationale à la faveur de l’initiative “la Ceinture et la Route”.

Smail Debeche

Du point de vue humain, historique et civilisationnel (civilisation vieille de plus de 5000 ans), la Chine est qualifiée de grande puissance positive dans le système mondial.
Une marche et un contenu civilisationnel dont le principe fondateur consiste en la glorification du travail, la priorisation de la sagesse, la valorisation de l’Homme et le rejet de l’oppression, de l’hégémonie et l’hostilité (Confucianisme) outre des acquis scientifiques avant-gardistes en matière d’innovation et de progrès industriel.

Pionniers dans l’industrie du papier et l’art de la fonte du bronze, les Chinois ont utilisé, il y a plus de 5000 ans, des outils métalliques et introduit la fabrication de la céramique, y compris la porcelaine blanche et coloriée, le tissage de la soie et la sidérurgie. Ils ont été également avant-gardistes dans les sciences médicales, les soins de santé et la prise en charge humanitaire, comme en témoigne la capacité de la Chine à contenir l’épidémie du nouveau Coronavirus et le partage de son expérience et de son système et moyens de santé, en général, avec le monde.
La Chine c’est la grande révolution culturelle et civilisationnelle humaine initiée par d’illustres philosophes et penseurs, notamment Confucius et le stratège Sun, souvent appelé Sun Tzu, qui sont derrière la référence constructive, la culture humaine extraordinaire et la civilisation concrète génératrice des valeurs et pratiques de la société chinoise contemporaine. Des valeurs en tête desquelles figurent le travail, la discipline, la ponctualité, la confiance en soi, le compter sur soi, le patriotisme enraciné, l’encouragement de la science et de la recherche scientifique et l’adaptation à l’environnement mondial.

Depuis le triomphe de sa Révolution, la Chine a fait le choix de ne jamais se fermer sur elle-même. Dès les premiers instants de la proclamation de la République populaire de Chine (1949), elle avait affiché sa disponibilité à coopérer avec tous les pays et à entretenir des liens d’amitié avec tous les peuples, nonobstant les disparités politiques et idéologiques, mais l’Occident et ses alliés, sous la conduite des Etats Unis d’Amérique, lui ont imposé l’encerclement et l’isolement.

Visite en 1963 du Premier Ministre chinois Zhou Enlai

Aussi, il serait faux de croire que la Chine ne s’est ouvert sur le monde que dans les années soixante-dix du siècle dernier, à la faveur de son adhésion à l’Organisation des Nations Unies (1971) et de la récupération de son siège au Conseil de sécurité.
En réalité, c’est le monde qui s’est ouvert à la Chine en s’excusant même pour le blocus qui lui avait été imposé.
Contrainte de s’adapter à cette situation de fait, la Chine avait établi des relations économiques, commerciales et diplomatiques avec les pays socialistes et les pays de Sud, voire les Etats occidentaux.

Au-delà des relations politiques et diplomatiques, elle avait réussi à asseoir des relations populaires avec le peuple américain avant l’établissement de relations diplomatiques officielles avec Washington en 1978.
Après le triomphe de sa Révolution en 1949, la Chine s’était fixée, pour objectifs politiques et économiques, quatre priorités à savoir la consécration de l’unité nationale à travers la récupération des territoires occupés ou séparés de la mère patrie, la justice sociale fondée sur le socialisme au sens chinois (sinisation du socialisme), le travail pour un essor industriel et technologique et le soutien de la stabilité et de la sécurité régionales et mondiales.

Des valeurs, pratiques, réalisations et orientations ayant formé le solide référent et socle de l’initiative “la Ceinture et la Route” ou “la Nouvelle route de la soie”, lancée en 2013 par le président chinois Xi Jinping. Une initiative basée sur l’intérêt mutuel et la coopération constructive entre les Nations et les peuples dans le cadre d’un système mondial utile et équitable et en faveur de la paix et la sécurité mondiales, loin de l’hégémonie d’un système mondial à l’essence et aux dimensions étranges.

Une coopération constructive
Les relations algéro-chinoises en sont un modèle. L’Algérie a des constantes ancrées dans sa politique étrangère, en l’occurrence le respect de l’unité et de la souveraineté nationale, la non-ingérence dans les affaires internes des pays, la paix et la sécurité internationales et la coopération économique et commerciale équilibrée, notamment l’investissement visant l’acquisition de l’expérience et des technologies outre le soutien aux projets économiques stratégiques d’infrastructures pour le développement durable.

La Chine a montré à l’Algérie qu’elle était à la hauteur de cette orientation et de cette démarche stratégique dans les domaines et les projets stratégiques inscrits dont la construction et l’urbanisme, les barrages et les eaux, l’agriculture et l’irrigation, les routes et les chemins de fer en plus du transfert de technologies dans le domaine du raffinage du pétrole à travers la raffinerie d’Adrar et d’autres qui devront entré en service dans les prochains mois dans plusieurs régions du pays, permettant ainsi à l’Algérie d’atteindre l’autosuffisance en la matière.
Une coopération constructive et un soutien chinois ciblé qui ont hissé les relations algéro-chinoises à un niveau stratégique (2014) et conduit à l’adhésion de l’Algérie en 2018 à l’initiative de “la Ceinture et de la Route”.

Au cours de la dernière décennie, la coopération économique entre l’Algérie et la Chine a atteint près de 9 milliards de dollars
par an et devrait doubler, si elle était maintenue à cette cadence, notamment après la réalisation du port de Cherchell qui constitue un défi et une grande réalisation pour l’avenir de la coopération entre les deux pays.
La coopération stratégique sous-tendue par une référence historique. La Chine avait soutenu l’Algérie pendant la Guerre de libération algérienne contre le colonisateur français (1954-1962) qui avait l’appui de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et du bloc de l’Ouest.

Des travailleurs chinois à l’œuvre en Algérie

A la même période, la Chine était, elle aussi, dans le viseur du bloc de l’Ouest à travers le blocus imposé sur les côtes Est chinoises à partir de Taiwan. Les deux pays étaient donc dans un même front et l’Algérie était le chef de fil de la revendication du recouvrement par la Chine de sa place au sein de l’ONU et de l’expulsion de Taiwan (1971).

Réciproquement, la Chine n’a eu de cesse d’être à l’écoute de l’Algérie pour ses besoins dans différents domaines (sanitaire, industriel et technologique…), et ce depuis le recouvrement de son indépendance et surtout durant la décennie noire. Durant cette période critique, la Chine a été un appui pour l’Algérie en intensifiant la coopération bilatérale alors que l’Occident avait des positions négatives à l’égard de la lutte antiterroriste menée par l’Algérie. Nombreux ont été les pays occidentaux à avoir rappelé leurs représentants diplomatiques.

D’autre part, la Chine et l’Algérie ont des positions complémentaires concernant le règlement des conflits régionaux et face aux enjeux internationaux, sous couvert des slogans du +Printemps arabe+, de la démocratie, et des droits de l’Homme sans parler de leurs positions communes en faveur des causes humanitaires et des questions internationales dans le cadre de l’équilibre et de la justice internationale, y compris la réforme du système onusien et le soutien aux droits des peuples colonisés à l’autodétermination, conformément à la légalité internationale.

L’Algérie et la Chine ont également des positions convergentes contre les immixtions étrangères dans les affaires des pays et l’atteinte à l’unité et à la stabilité de l’Etat nation outre leurs positions complémentaires dans la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, loin de la politique de deux poids deux mesures qui menace l’humanité toute entière.

*Professeur à la Faculté des sciences politiques et des relations internationales à l’université Alger 3, président de l’Association d’Amitié Algérie-Chine

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