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Nationale

La célébration de l’Aïd el Adha: entre devoir et peur

La célébration de l’Aïd el Adha: entre devoir et peur

La célébration de l’Aïd el Adha, qui intervient cette année dans une conjoncture sanitaire particulière, marquée par la propagation du nouveau coronavirus dont les chiffres de contamination sont en hausse, continue de susciter la polémique. Entre partisans et opposants, l’acte du sacrifice se trouve devant une équation délicate.

Une dizaine de jours nous sépare de la fête de l’Aid El kebir et les algériens ne semblent toujours pas décidés d’accomplir l’acte du sacrifice ou de s’abstenir. Ils se posent beaucoup de questions, notamment sur la nécessité d’accomplir le rituel de la sunna, avec le sacrifice du mouton ou s’abstenir ?

D’où pourraient-t-ils procurer et acheter ce mouton ? Est-ce qu’il y a réellement un danger lors de l’abattage et comment éviter la contamination ? Coincés entre l’aspect religieux et la conjoncture sanitaire, ils regrettent le fait que la Commission ministérielle des fatwas n’a pas tranché d’une manière franche et directe sur la question, jetant, ainsi, la balle dans le camp des citoyens.

Ces derniers, s’ils souhaitent accomplir l’acte, doivent prendre toutes les précautions nécessaires et suivre les consignes des autorités sanitaires pour éviter la propagation du virus.
En effet, la Commission de la fatwa a tranché, mercredi passé, en faveur du maintien du rituel du sacrifice de l’Aid El Adha.

L’instance religieuse a, toutefois, émis des recommandations, afin d’éviter une éventuelle propagation du Coronavirus. Le sacrifice sera étalé sur les trois jours de l’Aïd, et les citoyens sont invités à respecter les mesures barrières contre le coronavirus, à stériliser leurs outils d’abattage, éviter les échanges, réduire le nombre de participants au processus d’abattage et à porter un masque de protection à toutes les étapes du rituel.

En parallèle, les médecins sont encore plus alarmistes que jamais. Ils sont pour l’annulation du sacrifice cette année pour la préservation des vies humaines. Ils craignent de voir la population, durant cette fête, commettre les mêmes erreurs que lors de l’Aïd El Fitr durant lequel la majorité de la population n’a pas respecté les mesures de confinement.

Pour sa part, le membre du comité scientifique de suivi de l’évolution de l’épidémie du coronavirus en Algérie, Dr Mohamed Bekkat Berkani regrette le fait que la fetwa des religieux prime sur l’avis et les conseils des médecins. « Nous en tant que médecins, nous n’avons pas demandé l’annulation de l’Aïd El Adha comme une fête religieuse que nous avons l’habitude de célébrer chaque année. Nous avons demandé l’annulation du rituel du sacrifice exceptionnellement pour des considérations sanitaires, mais, la commission de la fetwa a émis une fetwa contraire », a-t-il déploré.

Dr Bekkat Berkani n’a pas écarté une flambée des contaminations par le coronavirus durant l’Aïd El Adha, en partant du fait que cette fête religieuse est marquée par les rassemblements familiaux. Partagés et tiraillés par ces avis contraires, les algériens doivent faire preuve d’une grande conscience et de responsabilité, pour éviter que la fête religieuse ne devienne un cauchemar sanitaire. 
 

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