La Ceinture et la Route: Le cœur du multilatérale de la Chine – Le Jeune Indépendant
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Algérie-Chine

La Ceinture et la Route: Le cœur du multilatérale de la Chine

La Ceinture et la Route: Le cœur du multilatérale de la Chine

Méga projet du XXIème siècle, l’Initiative de la Ceinture et la Route (ICR), nom moderne de la mythique Route de la Soie, entend lier la Chine aux grands pôles industriels et commerciaux, en développant les infrastructures de base et les territoires par lesquelles cette route traverse terres et contrées. Un changement de paradigme qui renseigne sur les postulats mis en avant par Pékin : partenariat mutuellement bénéfique, gagnant-gagnant et respect des systèmes politiques, sociaux et symboliques des peuples des pays et de leurs souverainetés.

Adoptée par le parti communiste chinois en 2013, –célébrée chaque 20 février– et qualifiée par le président Xi Jinping de « projet du siècle », l’initiative de la ceinture de la route vise à créer de nouveaux comptoirs transnationaux, tous liés à la Chine adossés à une vision politique basée sur l’équité, le partage du savoir et l’accès au développement.

Projet central dans la stratégie économique de l’Empire du Milieu, l’ICR brasse, à ce jour, pas moins de 68 pays à travers le monde dans trois continents : Asie, Afrique et Europe, il regroupe 4.4 milliards de personnes et représente 40% du produit intérieur brut (PIB) mondial. C’est dire l’importance de la nouvelle route de la soie pour l’affirmation de la Chine comme puissance normative et pacifique, tournée vers un partenariat humanisé, à savoir qui tient compte de la dimension humaine au dépend du seul profit.

Puissant outil du soft power chinois, l’ICR part du postulat économique avec ses variantes des infrastructures, de l’énergie, de l’emploi et de la formation, mais le soubassement philosophique est très important, car il fait la différence entre ce projet et les stratégies occidentales passées et présentes qui mettent l’accent sur l’exploitation, la prédation et la rapine.

Consacrer un multilatéralisme gagnant-gagnant

A contrario, le projet chinois se distingue par un détachement des postulats occidentaux, un découplage entre l’économique et le politique loin de toute conditionnalité telle que pratiquée par l’Europe ou les Etats-Unis.

Ainsi, pour établir un partenariat gagnant-gagnant, il est plus judicieux de laisser loin les conditions politiques de démocratie ou de gouvernance. Cette politique de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats a permis à la Chine de conclure jusqu’au 14 février 2023, la Chine a signé plus de 200 documents de coopération dans le cadre de l’ICR avec 151 pays et 32 organisations internationales.

Pour Pékin, s’agit d’accroître ses exportations, d’écouler sa production et de trouver de nouveaux marchés pour ses entreprises de bâtiments et de travaux publics, la Chine étant en surcapacité industrielle. Autre objectif économique, la création de ces trajectoires de l’ICR répond également à un besoin de diversification et de sécurisation de ses approvisionnements énergétiques.

L’Asie centrale représente pour la Chine un intérêt majeur afin de se libérer de sa dépendance énergétique vis-à-vis des pays du Golfe et de la Russie. Les routes continentales et maritimes sont doublées par un système complexe de pipelines qui permettra à la Chine de garantir le transport du pétrole et du gaz.

On le voit, la Chine entend instaurer une ère de profit mutuel à l’échelle mondiale en proposant, grâce à des investissements économiques conséquents et à la croissance des échanges, un nouveau modèle inclusif entre Etats. Ce modèle serait appelé à se substituer à ce que Pékin qualifie de mondialisation économique dysfonctionnelle, c’est-à-dire, la mondialisation actuelle avec ses postulats occidentaux.

L’Afrique, partie prenante de l’Initiative « la Ceinture et la Route » n’est plus à la marge du développement et des échanges commerciaux internationaux. Elle n’est également plus cette poubelle où les puissances européennes avaient l’habitude de faire échouer leurs déchets. Déjà sur les plans politique et militaire, une sorte de rupture africaine de la tutelle historique de la Françafrique est en marche dans de nombreux pays notamment, le Mali, le Burkina Faso et la Centrafrique. Un appel à de nouveau acteurs-partenaires tels que la Russie et la Chine est de plus en plus pressant.

Pékin devient ainsi un partenaire incontournable, indispensable et vital pour amorcer la deuxième décade du nouveau millénaire. C’est ce qui a donné lieu à l’émergence de pays pivots en Afrique grâce au partenariat avec la Chine à l’image de l’Ethiopie dont la croissance économique a servi d’exemple dans le continent.

L’Afrique, un vrai pole de l’ICR

L’Algérie s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Alger a rejoint l’initiative chinoise de l’ICR en 2018, et en mars 2022, les deux pays ont annoncé qu’ils étaient parvenus à un consensus sur le «plan exécutif pour la construction conjointe de l’initiative, qui sera signé dans les meilleurs délais». En chiffres, les exportations de la Chine à destination de l’Algérie ont totalisé environ 76 milliards de dollars de 2010 à fin 2020.

Le 08 novembre dernier, le ministère algérien des Affaires étrangères a publié un communiqué conjoint entre le ministre Ramtane Lamamra et son homologue chinois Wang Yi, annonçant la signature du «deuxième plan quinquennal de coopération stratégique globale entre l’Algérie et la Chine pour les années 2022-2026».

Le plan vise à «continuer à intensifier la communication et la coopération entre les deux pays dans tous les domaines, y compris l’économie, le commerce, l’énergie, l’agriculture, la science et la technologie, l’espace, la santé et la communication humaine et culturelle, ainsi que la promotion du jumelage entre les stratégies de développement de l’Algérie et de la Chine».

L’amitié et la coopération algéro-chinoise verra se concrétiser au moins trois grands projets structurants : le Port Centre de Hamdania, le pôle industriel de phosphates à l’Est du pays et le projet de mines de fer à Ghara Djebilet à Tindouf. En plus de l’utilisation des infrastructures algériennes déjà existantes : la transsaharienne, l’autoroute Est-Ouest ainsi que le port de Djen Djen.

Ce projets en Algérie renseignent sur la particularité de l’ICR voulue par Pékin qui est celle de soutenir le développement de ses partenaires pour les rendre éligibles à un rôle prépondérant au sein d’un monde multilatérale.

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