La Caravane des Conteurs reprend la route : 15 wilayas, une seule histoire
La deuxième étape de la « Caravane des Conteurs – Kan Ya Makan » a débuté ce samedi, avec un programme qui s’étendra jusqu’au 20 août dans 15 wilayas du Nord, à travers les régions du Centre, de l’Est et de l’Ouest.
Portée par le ministère de la Culture et des Arts, à travers l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), cette tournée avait initialement été programmée du 1er au 5 août. Elle a finalement été reportée à la suite du deuil national et de la suspension des activités culturelles à caractère festif.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans la volonté du ministère de rapprocher davantage la culture des citoyens, notamment des enfants et des jeunes, tout en contribuant à la préservation et à la transmission du patrimoine culturel immatériel algérien.
Après une première phase menée au printemps dans les dix nouvelles wilayas du Sud, durant les mois d’avril et mai 2026, la caravane poursuit ainsi son périple avec un art au cœur de son programme, celui du hakawati, le conteur traditionnel.
À travers les récits, les personnages et les paroles transmises de génération en génération, le conte populaire constitue en effet l’un des précieux réservoirs de la mémoire collective. Il conserve des expressions, des valeurs, des coutumes et des représentations du monde qui ont longtemps circulé dans les familles et les espaces de transmission orale.
Le coup d’envoi de cette deuxième étape sera donné demain, dimanche 16 août, dans les wilayas de Blida, Boumerdès et Tipasa. Les activités investiront notamment la Bibliothèque principale de lecture publique de Bouinan, la Bibliothèque principale de lecture publique Abderrahmane-Benhamida et ses annexes, la Maison de la culture Ahmed-Aroua d’El Koléa ainsi que la Bibliothèque principale de lecture publique Assia-Djebar.
La caravane poursuivra sa route lundi 17 août à Chlef, Bouira et Médéa, avant de rejoindre, mardi 18 août, Relizane, Djelfa et Jijel.
Mercredi 19 août, les conteurs feront étape à Mostaganem, Guelma et M’Sila. La tournée s’achèvera jeudi 20 août à Sidi Bel-Abbès, Annaba et Bordj Bou-Arréridj.
Au-delà des spectacles, la démarche vise à redonner au conte populaire toute sa place dans la transmission des valeurs, des savoirs, des traditions et des coutumes. Elle entend également familiariser les plus jeunes avec un patrimoine oral dont la pérennité dépend de sa capacité à trouver de nouveaux publics et de nouveaux espaces de transmission.
L’art du conteur est ainsi considéré comme une composante du patrimoine culturel immatériel, mais aussi comme une pratique vivante, appelée à évoluer au contact des générations auxquelles elle s’adresse.
La caravane s’appuie sur un important réseau d’établissements culturels, notamment les bibliothèques principales de lecture publique, les musées nationaux et les maisons de la culture. Ces espaces accueillent différentes activités, allant des rencontres aux ateliers, en passant par les veillées de contes et les spectacles.
Cette initiative s’inscrit par ailleurs dans un dispositif plus large consacré à la valorisation du patrimoine culturel immatériel. Le conte avait notamment été mis à l’honneur lors de la semaine « 7/7 Ma Culture », organisée du 1er au 8 juin dernier dans plusieurs établissements culturels du pays.
À cette occasion, l’art de la parole avait également quitté les lieux culturels traditionnels pour investir les rames de tramway dans sept wilayas, en coordination avec la Société d’Exploitation des Tramways (SETRAM), offrant au conte un nouveau cadre de diffusion au plus près du public.
La deuxième phase de la « Caravane des Conteurs – Kan Ya Makan » intervient enfin dans le cadre de la saison estivale portée par le programme national « Summer House Culture and Arts », qui propose des ateliers consacrés à différentes disciplines artistiques et culturelles, dont le conte.
De wilaya en wilaya, la caravane entend ainsi faire revivre une parole ancienne dans des espaces nouveaux et transmettre aux jeunes générations un patrimoine qui ne prend véritablement vie que lorsqu’il est raconté, écouté et partagé.