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Nationale

Tebboune fustige la bureaucratie

Tebboune fustige la bureaucratie

Après son retour au pays vendredi soir, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, reprend en main les affaires au palais d’El-Mouradia, étant d’ores et déjà face à un agenda politique très chargé.

Le Président a entamé sa reprise en accordant des audiences, en tête-à-tête, aux chefs des partis politiques, pour transmettre un premier message, après sa longue absence, en vue de rassurer l’opinion publique, notamment sur le changement du système politique à même de «dépoussiérer» le dossier de la relance économique, tant entravée par la bureaucratie.

Selon les déclarations des chefs de partis reçus au palais d’El-Mouradia, une dissolution du Parlement est attendue au courant de cette semaine, en vue de déblayer le terrain aux élections législatives et, par ricochet, aux élections locales. C’est en fait le président du Front El-Moustakbal, Abdelaziz Belaid, qui a indiqué, ce dimanche, que le Président Tebboune a laissé entendre, lors de leur entrevue, qu’il procèdera à des «changements imminents cette semaine».

Alors qu’une dissolution du Parlement n’est pas à écarter, on s’attend surtout à un remaniement partiel du gouvernement Djerad, dont le bilan a déjà été jugé «mitigé». A en croire les assertions d’Abdelaziz Belaid, le choix du timing «précipité» de ces changements s’impose d’abord par le retard qu’enregistre le processus du changement entrepris par le président de la République, significativement entravé par la situation sanitaire due à la Covid-19 mais aussi pour des raisons commémoratives.

Ainsi, et à l’occasion du deuxième anniversaire du Hirak du 22 février et de la Journée nationale du chahid, célébrée le 18 de ce mois, le président Tebboune veut «réitérer» sa volonté, exprimée au lendemain de son élection en décembre 2019, de mettre le pays sur les rails de la transformation démocratique.

Atermoyée en raison de l’état de santé du Président, qui a dû s’absenter du pays pendant quatre mois, la décision de dissoudre l’actuelle composante de l’hémicycle de Zighoud-Youcef semble une nécessité impérieuse pour le Président, au bout de plus d’une année de son mandat présidentiel. Les réformes politiques s’avèrent donc urgentes pour instaurer un cadre général incontournable en vue de passer à la vitesse supérieure et d’entamer réellement les réformes socio-économiques.

La bureaucratie, frein de la machine économique

Concernant le lourd dossier de la relance économique, le président de Jil Dadid, Soufiane Djilali, a laissé entendre que le premier magistrat du pays est loin d’être satisfait de la performance de certains ministres.

Ce sont notamment ceux à qui il a confié des portefeuilles ministériels clés, dont certains ont été créés lors du dernier remaniement de juin 2020 et qu’il estimait «essentiels» pour la concrétisation de son programme dans son volet économique. Après un semestre d’activités pour des ministres délégués et une année pour d’autres, le bilan est «décevant» et aucun changement n’est vraiment perceptible dans la vie quotidienne du citoyen.

Pis encore, le bouillonnement du front social constaté ces derniers mois en dit long sur le mécontentement, voire la détresse, de larges pans de la société, à laquelle les dérapages verbaux de certains ministres lors de déclarations irresponsables en ont rajouté une couche. Selon l’appréciation du président de la République, le point noir de l’amorce de la relance économique demeure la bureaucratie.

Ayant pris racine pendant plus d’une vingtaine d’année, cette gangrène, héritée de l’époque de la issaba s’érige en obstacle inamovible, selon le sentiment largement partagé par des investisseurs et de jeunes porteurs de projets. Depuis août 2020, date de la fameuse rencontre dédiée au plan de la relance socio-économique et du discours du président Tebboune visant à rassurer les acteurs de la sphère

économique, que certains hommes d’affaires ont même qualifié d’«historique», la date limite accordée par le Président semble tirer à sa fin, pour une mise au point générale et un changement de paradigme.

Chargé du suivi de la mise en œuvre du plan de relance économique, le Conseil national économique et social (CNES), dirigé par l’économiste Rédha Tir, semble être «contrarié» par un manque drastique de statistiques et de données à même d’avoir une visibilité suffisante sur le paysage socio-économique national et pouvoir ainsi énoncer des prospectives et se projeter dans divers domaines.

Ce dernier tourne en rond et peine, avec plusieurs départements ministériels, à mettre le cap sur les réformes appropriées liées aux politiques publiques devant reconfigurer les secteurs sociaux et économiques et soulager, un tant soit peu, le pouvoir d’achat des citoyens, en détérioration effrénée depuis le début de la crise sanitaire.

En somme, les audiences accordées aux chefs des partis issus de diverses obédiences politiques ont été une véritable chambre d’échos, dévoilant l’intention du chef de l’Etat concernant un rajustement de cap urgent, mais surtout de manière profonde, dans la gestion des affaires du pays.



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