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Culture

La bataille de Constantine, chronique d’une époque

La bataille de Constantine, chronique d’une époque

Présenté ce samedi 26 novembre au centre culturel M’hamed-Yazid d’El Khroub dans la wilaya de Constantine, le film documentaire La bataille de Constantine, chronique d’une époque de Haya Djelloul marque la résistance de la population de Constantine durant le règne du dernier des Beys Hadj Ahmed.

Cette œuvre produite par le département Cinéma dans le cadre de la manifestation Constantine, capitale de la culture arabe 2015, en coordination avec le Centre algérien du développement du cinéma (CADC) et le réalisateur exécutif Louma Procom de l’audiovisuel, a présenté des vérités sur les péripéties de la chute de beylik Est de Constantine en 1837, une année après les dégâts importants subis par la France durant la résistance populaire menée par Ahmed Bey.

En 1836, Ahmed Bey a suivi avec succès un plan se traduisant par l’implication des habitants autochtones en sus d’une baisse des impôts, ce qui a fait de cette ville un point noir pour la France coloniale, lui valant le qualificatif de « ville du diable », évoquée dans l’un des ouvrages de l’écrivain français Victor Hugo qui a mentionné que « la résistance de Constantine constitue la plus difficile des résistances rencontrées par la France », au même titre que celle des Zaâtcha.

La chute de Constantine est ainsi une source de satisfaction au roi Louis Philippe 1er à tel point qu’il a dédié la victoire des armées françaises au pape du Vatican, ce qui dénote l’ampleur de la difficulté de cette mission.

Ce documentaire a également abordé l’incidence de l’accord de Tafna signé en 1837 par l’Emir Abdelkader et le général Thomas Robert Peugeot sur la chute de Beylik Est durant le règne de Hadj Ahmed Bey, évoquant de nombreuses autres étapes qui sont éludées par les références historiques françaises en levant le voile sur certaines d’entre elles.

Le réalisateur a laissé la place à la caméra, recueillant des témoignages d’historiens et de chercheurs en Algérie comme des docteurs en histoire, Fatima Zohra Guechi, Djamila Maâchi, Ahmed Sissaoui et Boudersaia Bouazza, le spécialiste en archives Abdekrim Badjadja, les Français Gilles Monceron, Olivier Grand-Maison et le Turc Zakaria Korzon Ahmed Kafas.

Au fil des témoignages, ce documentaire a révélé certains faits omis de la résistance d’Ahmed bey qui ont suscité beaucoup d’interrogations, parmi elles le refus de l’adjoint du Bey de remettre les armes aux autochtones, malgré la disponibilité d’un grand nombre d’entre elles.

L’autre fait révélé dans le documentaire, celui lié à la non-participation des juifs de Constantine dans la résistance populaire contre les Français qui ont, à contrario, désigné avec célérité aux colons les demeures des notables de Constantine durant cette période, au moment où il est signalé de nombreux cas de pillage sous prétexte de bénéficier du butin de guerre.

Ces témoignages ont mis en évidence de nombreuses vérités et preuves historiques qui peuvent constituer un référent important aux étudiants, notamment ceux qui s’intéressent à l’histoire de Constantine et le règne ottoman en Algérie, rapporte l’Agence presse service d’Algérie.

A l’issue de la projection, un débat sera animé avec le réalisateur en présence de spécialistes du cinéma, au cours duquel il sera des conditions de tournage de ce film et du rôle de la caméra dans la pérennisation de l’Histoire.

La bataille de Constantine, chronique d’une époque
Scénario et réalisation de Haya
Djelloul
Documentaire, Algérie, 2016,
70 minutes

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