La Banque d’Algérie réduit le taux des réserves obligatoires à 2%
Dans le but de renforcer les capacités de financement des banques dans le cadre de la politique nationale de relance et de diversification économique, la Banque d’Algérie (BA) réduit encore une fois le taux des réserves obligatoires le portant à 2%, et ce à partir du 15 février. La mesure va certes donner un peu de souffle aux banques mais ne va pas, pour autant, régler le problème de liquidité bancaire.
C’est pour la quatrième fois que la Banque d’Algérie recourt à ce mécanisme en l’espace d’une année dans le but de libérer plus de liquidité bancaire. Ce taux est passé de 10 à 2% depuis le mois de mars 2020. Le but étant de renforcer davantage les capacités de financement des banques.
C’est d’ailleurs ce qu’a indiqué la Banque d’Algérie. «Cette décision est de nature à permettre de libérer, pour le système bancaire, des marges supplémentaires de liquidité à même de renforcer davantage les capacités de financement des banques, en droite ligne avec la politique nationale de relance et de diversification économique», a-t-on noté dans le communiqué de la BA.
Cependant, le recours seul à cette mesure ne peut régler le problème de liquidité bancaire qui persiste. En effet, Souhil Meddah, analyste financier, estime que la situation actuelle dans laquelle se trouve l’économie du pays ne peut être réglée par une politique monétaire. «La politique monétaire est là pour réguler et redonner de la vitesse mais elle ne donne pas de la richesse en terme absolu. Réduire le taux des réserves obligatoires n’est qu’une mesure accompagnatrice, sans plus.
On doit avoir un autre mécanisme qui crée des richesses», a-t-il indiqué dans sa déclaration au Jeune Indépendant. Le financier, qui prévoit la réduction du taux des réserves obligatoires à 0%, estime que cette mesure ne va pas régler le problème. «La question n’est pas là.
La question est dans l’activité elle-même. Qui est l’acteur principal qui va prendre les mesures pour réactiver les moteurs de croissance ?», a-t-il signalé, soulignant la nécessaire intervention de l’Etat, lequel, a-t-il précisé, doit engager des dépenses budgétaires et faire appel à la politique monétaire pour lui donner plus de ressources. Mais comment financer ces projets en ces temps de disette financière ? M. Meddah estime que l’Etat peut recourir à des modèles de financement, à l’instar du financement non conventionnel, du moins partiel, ou opter pour une politique d’open market.
Il est par ailleurs revenu sur les raisons de la situation actuelle, marquée notamment par un niveau de liquidité qui ne cesse pas de baisser et qui a contraint la BA à réduire le taux des réserves obligatoires, alors qu’elle l’avait augmenté en 2019 pour anticiper la progression de la masse monétaire, due notamment au financement non conventionnel.
La crise sanitaire, qui a ralenti l’activité économique, avec des secteurs qui se sont retrouvés « en panne », est en partie responsable de ce manque de liquidité. «Les échanges entre opérateurs ont pratiquement cessé sur certains segments, bien que certains aient repris timidement. C’est ce qui fait que la Banque d’Algérie a encore eu recours à ce mécanisme en le rabaissant à 2%, et ce pour laisser un peu de souffle aux banques, lesquelles n’arrivent pas à attirer plus de liquidité et, par ricochet, à refinancer l’économie», a précisé l’analyste financier, expliquant que le taux obligatoire fait partie des instruments que la Banque d’Algérie utilise pour réguler l’espace financier.