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Nationale

la BAD : «La croissance de l’Algérie reste en deçà de son potentiel»

la BAD : «La croissance de l’Algérie reste en deçà de son potentiel»

Dans son rapport annuel sur l’Afrique du Nord sous le thème « La croissance inclusive », rendu public avant-hier, la Banque africaine de développement (BAD) estime que « la croissance de l’Algérie reste en deçà de son potentiel, tant le pays dispose d’importants atouts ». Cette institution bancaire donne un tour d’horizon de toutes ses activités dans la région, ainsi qu’une synthèse de la situation socioéconomique de chacun des cinq pays étudiés.

Concernant l’Algérie, la BAD souligne d’abord, « une stabilité politique lui permettant de se consacrer à la mise en œuvre de sa stratégie de développement ». Ensuite, des infrastructures relativement développées constituent, selon l’institution financière, « un avantage comparatif pour la compétitivité de l’économie auquel il conviendrait d’associer la situation financière confortable, illustrée par des réserves de change estimées à environ 196 milliards de dollars ».

Pour la BAD, malgré un important potentiel, l’Algérie reste toujours confrontée à d’énormes défis. Pour elle, le secteur hors hydrocarbures, eu égard à ses performances moyennes enregistrées (5 %) au cours de la dernière décennie, « offre un potentiel qu’il conviendrait d’exploiter au mieux comme alternative en mesure d’apporter des réponses durables à la problématique de l’emploi des jeunes ».

Le taux de croissance dudit secteur est estimé à 5,9 % en 2013, contre 7,1% en 2012. Même si elle reste solide, la position extérieure de l’Algérie a commencé à présenter, souligne la BAD, « des signes d’essoufflement au cours de l’année 2013 ».

Benbitour tire lui aussi la sonnette d’alarme

L’ex-chef de gouvernement, Ahmed Benbitour, a fourni lors de son intervention, ce vendredi dernier à l’université d’été du FJD, des chiffres alarmants sur la régression de la production d’hydrocarbures au cours des dix dernières années. Selon lui, le budget de l’État « provient à 75% de l’impôt pétrolier », ajoutant que « L’Algérie vit actuellement une aisance financière et nos réserves de change couvrent 40 mois d’importation.

Malheureusement, notre économie est de plus en plus fragile, caractérisée par une richesse providentielle, menacée par des changements lourds de conséquences. Nos réserves connaîtront, indéniablement, une tendance à la baisse avec en contrepartie une augmentation significative de nos importations en biens de consommation et de services de toutes sortes ». Pour mieux expliquer son analyse, Benbitour étaye ses déclarations par les chiffres officiels.

« Le ministre de l’Energie avait déclaré au mois de janvier 2006 que le pays avait produit 100 millions de tonnes de pétrole et exporté 85 milliards de mètres cubes de gaz. Alors qu’en 2010 nous avons produit 65,3 millions de tonnes de pétrole et 57,3 milliards de mètres cubes de gaz. Nos importations de marchandises étaient de 9,48 milliards de dollars en 2001 et ont augmenté pour atteindre le chiffre de 45,10 milliards en 2011 », dit-il.

« Dans le cas où nous persisterions sur la même tendance, la production serait en 2016 de 56 millions de tonnes de pétrole et nos exportations de 43 millions de tonnes », estime Bentitour. Selon lui, pour maintenir les équilibres budgétaires, le baril de pétrole doit coûter, à partir de 2016, 190 dollars.

Les annonces de nouvelles découvertes, ne sont en fin de compte qu’une manière de laisser la porte grande ouverte à la rente, au profit d’un pouvoir répressif qui ignore les nouvelles énergies et la maîtrise des technologies de production », avertit-il.

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