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Nationale

Karim Tabbou placé sous contrôle judiciaire

Karim Tabbou placé sous contrôle judiciaire

Le juge d’instruction du tribunal de Bir Mourad Raïs dépendant de l’autorité judiciaire de la cour d’Alger a décidé ce jeudi le placement sous contrôle judiciaire de Karim Tabbou, après avoir été arrêté peu après l’enterrement du célèbre avocat et défenseur des droits de l’homme Ali Yahia Abdenour.

Le mis en cause a été arrêté et placé en garde à vue suite à une plainte déposée par le président du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) en l’occurrence maitre Bouzid Lazhari pour diffamation et menaces.

Le juge a décidé de relâcher après avoir été présenté dans l’après-midi devant le procureur du tribunal de Bir Mourad Raïs qui a sollicité à son collègue le magistrat instructeur l’ouverture d’une instruction judiciaire.

Le prévenu qui comparaitra incessamment devant le président du tribunal correctionnel de Bir Mourad Rais est poursuivi entre autres pour “calomnie, l’insulte et l’outrage à un employé dans l’exercice de ses fonctions”. Il est par ailleurs accusé d’avoir “violé le caractère sacré des défunts dans les cimetières”.

Karim Tabbou a été retenu au commissariat de Rostomia (ex-Château-neuf) à Alger où il s’est rendu après avoir reçu une convocation suite à la plainte déposée mardi contre lui par le président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), Bouzid Lazhari.

« Karim Tabbou placé en garde à vue, en attendant sa présentation devant le procureur », a écrit le CNLD. « C’est suite à une convocation qu’il avait reçu (plainte déposée par Bouzid Lazhari) qu’il s’est présenté ce mercredi à 14h au commissariat où il a été entendu et signé un PV à 19h15 et quitté le commissariat de Châteauneuf », rapporte le CNLD qui a précisé : « En sortant du commissariat Châteauneuf, Karim Tabbou découvre qu’il a oublié un document le concernant, et quand il est retourné pour le récupérer il a été retenu au commissariat. »

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux lundi 26 avril montraient que lors de l’enterrement de feu Ali Yahia Abdennour au cimetière de Ben Aknoun (hauteurs d’Alger), le même jour, le président du CNDH, Bouzid Lazhari qui s’était rendu audit cimetière pour se recueillir sur le défunt, a été pris à partie par plusieurs personnes dont Karim Tabbou qui lui ont scandé : « Dégage ! Dégage! », « Klitou leblad ya essaraqin » (vous avez pillé le pays bande de voleurs).

Le lendemain (mardi) Bouzid Lazhari a annoncé le dépôt d’une plainte à l’encontre de Karim Tabbou et toutes les personnes qui l’ont pris à partie.

De son côté, Karim Tabbou, coordinateur du parti Union démocratique et sociale (UDS-non agréé), a indiqué dans une interview accordée au journaliste freelance Mahrez Rabia, qu’il n’avait pas tenu des propos insultants ou dégradant à l’encontre de Bouzid Lazhari.

Il a ajouté qu’il s’était retrouvé en face du président CNDH auquel il a posé la question : « Comment avez osé déclarer, lorsque je me trouvais en prison ainsi que d’autres personnes, qu’il n’y avait pas de détenus d’opinion en Algérie? ». Selon Karim Tabbou, il n’a fait que scandé un slogan « Dégage ! Dégage ! » repris par plusieurs personnes présentes à l’enterrement de Ali Yahia Abdennour.

Pour rappel, Karim Tabbou a été placé en détention provisoire en septembre 2019. Après plusieurs mois en prison, il a été libéré en juillet 2020. Le 7 décembre de l’année écoulée, Karim Tabbou a été condamné à un an de prison avec sursis et une amende de 100 000 dinars pour « atteinte à la sûreté nationale ». Il a été il a été relaxé du chef d’ »atteinte au moral de l’armée », à la suite de déclarations critiquant le régime et l’armée en mai 2019 au cours d’un rassemblement à Kherrata (Sétif).

Par ailleurs, plusieurs arrestations et perquisitions de domiciles de personnes en relation avec le hirak ont eu notamment ces dernières 48 heures à Alger, Tizi-Ouzou, Oran, Blida, Biskra et Ain Defla, selon la CNLD.

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