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Sports

Kader Rahim : «Pendant toute la durée de ma blessure, personne ne s’est soucié de moi»

Kader Rahim : «Pendant toute la durée de ma blessure, personne ne s’est soucié de moi»

Absent des terrains pendant plus d’une année pour cause de blessure, l’international algérien Kader Rahim a enfin retrouvé toute sa plénitude handballistique et aussi la compétition. Il vient tout juste de signer avec le club d’Istres, qui évolue dans la Pro D2 française.

Le natif de Saint-Dizier, aujourd’hui âgé de 25 ans, a déjà joué à Nancy (2008-2013) puis à l’USAM Nîmes (2013-2015). Il entame un autre challenge avec Istres, club dans lequel évolue également un autre international, Hichem Kaabache en l’occurrence.

Dans l’entretien qu’il nous a accordé, Kader nous parle de sa forme actuelle, de son nouveau club et de l’équipe nationale qui prépare la CAN de janvier prochain. Mais il vide son sac, car pendant toute la durée de sa blessure, personne ne s’est soucié de lui, et ça, il tenait à le dire. 

Le Jeune Indépendant dire ʺenfin, tu retrouves les terrains et un nouveau club…ʺ

Kader Rahim : Oui, absolument. Vous savez, une année d’absence, ce n’est pas facile. Je sais que dans le milieu du handball, d’aucuns s’interrogeaient quant à mon absence. Dieu merci, j’ai reçu beaucoup d’appels de la part de mes proches et de mes amis ainsi que des encouragements. Cela m’a énormément fait plaisir et m’a remonté le moral suite à tout ce que j’ai enduré. Sur le plan sportif, il est vrai que j’aurais voulu rester en première division, mais je me suis dis qu’il fallait peut-être reculer pour mieux sauter. Je suis à Istres et je me sens bien pour un retour à la compétition et aux terrains. 

Est-ce que c’est cette absence d’une année qui t’a poussé à choisir un club et à signer à Istres, même si ce dernier évolue en Pro D2 ?
Non, ce n’était pas une question de temps parce que, moi, je pouvais encore attendre un petit peu.

Si j’ai opté pour Istres c’est parce que le projet de ce club est intéressant. Vous savez, Istres vient de descendre en Pro D2 mais veut retrouver l’élite le plus vite possible. Donc, on va rejouer l’accession et c’est-là un beau challenge pour me relancer. Il n’y a pas de relation avec la durée de ma blessure. On peut dire que je retrouve la compétition.

Et là, tu retrouves Hichem Kaabache dans le même club… 

Oui, exactement. De toute façon, je l’ai eu plusieurs fois au téléphone depuis qu’il est arrivé à Istres et je suis même allé une fois le voir. C’est bien pour lui d’avoir quelqu’un à ses côtés et, incha’Allah, on va faire une bonne saison ensemble avec Istres.
Tu dois reprendre incessamment la compétition avec Istres et bientôt tu vas retrouver la CAN. Aussi, nous ouvrons le volet de l’équipe nationale…

Oui, c’est bien pour moi. Comme je l’ai dit auparavant, le principal est de revenir à la compétition, car ne pas jouer pendant une année pèse lourd pour un athlète de haut niveau. Je retrouve le plaisir de jouer car lorsque j’ai repris au mois d’août avec Nîmes, si j’avais eu encore mal à l’épaule, j’aurais complètement arrêté ma carrière. Donc, ça allait bien et il n’y avait pas d’opération possible. Aujourd’hui, l’essentiel pour moi est de m’entraîner, de jouer au handball et d’y prendre du plaisir.

Un mauvais souvenir cette blessure ?

Oui, mais tout ça c’est loin aujourd’hui. J’ai bien bossé durant toutes mes vacances, sans relâche. Je me suis donné à fond pour surmonter cet obstacle, muscler mon corps, reprendre mes forces, et aujourd’hui, elhamdouli’Allah, ma blessure à l’épaule n’est qu’un lointain et mauvais souvenir.

Pour en revenir à l’équipe nationale, Salah Bouchekriou a récemment déclaré qu’il ferait appel à toi même si tu étais sans club. Tes impressions ?

C’est encourageant et ça fait plaisir. Cela démontre la confiance qu’il a en moi. Avec Salah, ça s’est toujours bien passé en matière de relation coach-joueur. Salah est quelqu’un à qui je dois beaucoup, car c’est le premier qui m’a lancé à l’âge de 19 ans pour jouer un championnat du monde en Suède. Pour moi, c’était énorme que jouer un Mondial à 19 ans. Tu vois, c’est le premier en équipe nationale qui m’a fait confiance. Je lui dois beaucoup aujourd’hui. Ce qu’il dit à mon sujet me fait plaisir et c’est à moi de gagner ma place parmi les joueurs sélectionnés. C’est sur le terrain que je dois lui prouver qu’il peut me rappeler.

Nous sommes à trois mois de la CAN. Comment vois-tu cette échéance comparativement à la situation actuelle de notre équipe nationale ?

Il ne faut pas se mentir, ça va être très difficile au Caire. Il ne faut pas oublier qu’on est champions d’Afrique en titre et on n’a rien fait pendant une année. Avant, les joueurs se retrouvaient pour préparer le Mondial très rapidement. Nos voisins travaillent et progressent et nous, on reste sur nos acquis, c’est tout. La qualification au Mondial 2017 deviendra forcément notre objectif pour au moins aller chercher cette troisième place afin de pouvoir disputer le prochain Mondial en France.

Comme d’habitude, on va aller au Caire et se donner à fond. Tu connais la hargne des joueurs algériens qui se comportent comme des guerriers. On sera motivés mais il n’en demeure pas moins que ça restera difficile. Avec Salah, on essayera de faire le maximum. Vous avez bien vu qu’au lendemain de sa nomination, il a programmé des stages pour les joueurs locaux. ça remonte la valeur du mec, c’est un travailleur, un bosseur, et ce en dépit du peu de moyens qu’on lui accorde.

Il t’a déjà contacté ?

Oui, il m’a contacté et ça m’a fait plaisir. Ce qui me touche aujourd’hui, c’est que j’ai été absent pendant un an. Je n’ai pas joué avec mon pays depuis la CAN 2014. J’ai raté cette occasion à cause de ma blessure et, depuis, personne n’a cherché après moi, personne ne m’a contacté pour avoir de mes nouvelles. Les gens concernés ne se sont pas souciés de mon cas, alors que Salah m’a appelé au lendemain de sa nomination.

On sent que tu es affecté…

Bien sûr que ça touche parce que tu te dis quelque part que, moi, j’ai commencé à 17 ans avec l’équipe nationale. J’ai fait toutes les classes en équipe nationale. J’ai toujours répondu présent, aussi bien en cadets, en juniors que chez les « A ». J’ai fait toute l’Afrique, toute l’Europe avec l’Algérie. J’étais toujours là, je n’ai jamais tourné le dos à mon pays.

Et puis, du jour au lendemain…plus rien. Je sais que c’est le sport de haut niveau : quand tu es au top, tout le monde est avec toi, mais lorsque tu es blessé, on t’oublie. Moi, je suis quelqu’un de solide car tout se passe dans ma tête. Je reste motivé. J’ai mon projet. Je sais où je vais et puis, quand Salah m’a appelé 24 heures après sa nomination, ça m’a donné du baume au cœur, c’est touchant !

Tu as évoqué avec les responsables de ton club le cas de notre équipe nationale et la CAN de janvier prochain ?

Oui, bien sûr. Mon entraîneur connaît très bien mon passé avec l’équipe nationale et l’intérêt que je porte à mon pays. D’abord, je veux retrouver mon jeu et mon niveau pour pouvoir aller en équipe nationale plus que motivé, et ce afin d’apporter un plus. Donc, sur ce volet, il n’y a pas de problème, on a évoqué l’équipe nationale.
Istres a disputé 4 matches en championnat de France. Au tableau, deux victoires et deux défaites.

Il faudrait un coup de fouet pour la suite, n’est-ce pas Kader ?

Oui, absolument, d’autant que le club veut jouer l’accession. Dommage que nous faisons un début de championnat moyen, mais on va revenir, incha’Allah. Le club attend beaucoup de moi, surtout vu mon expérience acquise en première division. Nous avons les moyens de revenir au classement.

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