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Culture

Kaci Abderrahmane, les émotions pures d’un talent qui dure

Kaci Abderrahmane, les émotions pures d’un talent qui dure

Qui n’a pas fredonné Lḥevs (la prison) ou éprouvé de l’émotion à l’écoute de Taneqlett (le figuier) ? Tout cela nous l’avions vécu au moment où nous vivions ces moments de bonheur dans notre bien-être subjectif.

Parler de Kaci Abderrahmane, c’est associer le cycle de son existence à l’interrogation quotidienne qui nous interpelle. Evoquer Kaci Abderrahmane, c’est mettre en relief son verbe sensé aux leçons de la vie autour desquelles nous gravitons et tourbillonnons.
L’impératif et le facultatif ; la résistance et l’optimisme. C’est à partir de ces ambivalences de mots que l’artiste-compositeur-interprète cherche à transmettre par la magie de sa mélodie et de son verbe généreux ses empreintes artistiques en procurant à chacun d’entre nous des sensations salvatrices et des messages adaptés, loin des pensées nauséabondes.

D’une frappante modestie et d’un humanisme évident allant de pair avec la profondeur de sa bonté, ce qui s’exprime aisément dans la fluidité de l’alliage entre ses différents courants musicaux – et on parle d’une vraie épure sociologique et psychologique qui prévalent sur tous ses albums –, Kaci Abderrahmane est un précurseur, car c’est à travers sa mélodie et sa voix qu’il distille, et par sa méthode de travail qu’il résonne et raisonne.

Ses textes conscients sont ponctués de réalités et poétiquement truffés de connotations, et il les conjugue de telle sorte à ce que tout parvienne naturellement et instantanément à nos tympans. Fuyant les écueils de l’improbité, il continue son chemin d’écolier semant la grâce et l’honnêteté.

De sa Kabylie profonde d’où il émettait des vibrations tonitruantes en entrelaçant sujets sociétaux et sonorités relaxantes, Kaci Abderrahmane continuait inlassablement à panser les cicatrices béantes des temps enfiévrés par le système politique.

Face à de telles incongruités et calamités, le poète, par sa maturité et sagesse, expose les couleurs attrayantes de son art en apportant à la société ce dont elle a besoin comme sa revendication identitaire indignement floutée, la liberté farouchement bafouée, la santé implicitement fragilisée et les équités sociales inhumainement anéanties.

C’est paradoxal d’habiter un monde parallèle, entre une réalité consumée et une adversité consommée. Lutter pour vivre, résister pour exister, et respirer l’air lénifiant de son Algérie ayant renoué avec son originalité. La conscience collective, par ces temps modernes, ne tolère plus l’endoctrinement abrupt, archaïque et forcé de sa société, plutôt ouverte sur cette conception des rapports humains donnant sur le savoir échelonné aux degrés concurrentiels planétaires.

Nonobstant, rien ne venait freiner les ardeurs artistiques de Kaci Abderrahmane, et ce qu’il s’impatiente de voir est d’assister à l’autodestruction et l’annihilation de ce boa constricteur qui étouffe peu à peu, et de vivre parmi ses semblables dans la béatitude d’une démocratie florissante aux côtés d’une femme libérée chassant les lames couleur d’acier et les larmes couleur de douleur par des larmes couleur de joie.

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