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Nationale

Journée nationale de psychiatrie : Les experts plaident pour la prise en charge des patients

Journée nationale de psychiatrie : Les experts plaident pour la prise en charge des patients

La maladie mentale, laquelle a été considérée durant des siècles comme la manifestation d’êtres surnaturels qui ont pris possession des esprits humains ou est provoquée par des individus s’inscrivant en porte-à-faux avec les principes religieux et moraux, ne sera reconnue et définie comme nous la connaissons de nos jours qu’à partir du début du XIXe siècle. La psychiatrie ne sera reconnue comme science médicale à part entière qu’à la même période. C’est en 1802 que le terme « psychiatrie » apparaît en allemand sous la plume du médecin J.C.Reil. Il n’est signalé en français qu’en 1846, remplaçant ainsi celui de médecine mentale.

C’est ce qu’a souligné le Pr Abbas Dziri, jeudi dernier, à l’issue de la tenue de la 16e Journée nationale de psychiatrie à l’auditorium du CHU de Tizi Ouzou. A ce rendez-vous éminemment scientifique intitulé « Schizophrénies débutantes, les troubles anxieux et actualités cliniques et thérapeutiques », et auquel ont pris part des experts algériens ainsi que le professeur français Patrick Martin, plusieurs thématiques ont été développées. Le Pr Abbas Dziri, dans sa brillante intervention, a fait l’historique de cette maladie, tout en mettant l’accent sur sa définition. L’intervenant, exerçant aussi les fonctions de directeur de la santé, de la réforme hospitalière et de la population de la wilaya de Tizi Ouzou, a expliqué que le mot « psychiatrie » a pour racine est le mot grec « psukhé » signifiant « âme » et « Iatros » signifiant « médecin ». « La psychiatrie, a poursuivi le Pr Abbas Dziri, est une spécialité médicale qui traite de l’étude, du diagnostic et du traitement des maladies mentales ». « De nos jours, a ajouté l’intervenant, la psychiatrie se trouve au carrefour de multiples disciplines médicales, dans tous les domaines de la pensée et de la créativité humaine, voire dans n’importe quel domaine de l’existence de l’homme, comme la neurologie, la neurobiologie, les neurosciences, les sciences humaines, la sociologie, la politique, le sport, l’art, la littérature, le cinéma, la philosophie ».

Le Pr Abbas Dziri sera prolixe dans son intervention sur ce sujet, à travers laquelle il a appris également à l’assistance, nombreuse et savante, que la pratique de la « roquia » ne repose sur aucun fondement scientifique. L’autre intervention à avoir attiré notre attention est celle faite par le Dr Y. Saddouki de l’université de Sétif autour de la thématique intitulée « Mode d’entrée à la schizophrénie, mode d’entrée en prison ». L’intervenante a souligné que de nombreuses personnes victimes de nombreuses schizophrénie sont en prison alors que leur véritable place est dans un établissement psychiatrique. Le Dr Y. Saddouki a expliqué que dans de nombreux cas, le fait délictuel ou criminel a été commis par le sujet alors qu’il était sous l’effet de la schizophrénie et, par conséquent, la solution idoine n’est aucunement son incarcération mais plutôt sa prise en charge médicale dans un établissement spécialisé. Cette spécialiste de la maladie mentale a expliqué que ces schizophrènes se sont retrouvés en prison parce qu’il y a un déficit en matière de textes juridiques et, dans certains cas, quand ils existent, ils ne sont pas appliqués.

Citant une multitude de cas où l’acte destructeur a été commis sous l’effet de cette maladie, le Dr Y. Saddouki a plaidé pour que les spécialistes de la maladie mentale travaillent en étroite collaboration avec des juristes en vue de mettre au point des textes juridiques adéquats concernant les actes commis par des malades mentaux. Dans son intervention, cette spécialiste a cité l’exemple d’un jeune homme de 30 ans qui a tué sa grand-mère alors qu’il était sujet à une crise de schizophrénie, maladie dont il souffrait depuis de longues années déjà. Le Dr Y. Saddouki a plaidé également pour que la communauté de la science médicale et les pouvoirs publics travaillent en étroite collaboration en vue de trouver ensemble des mécanismes et des outils quant à la prise en charge réelle et effective des patients souffrant de maladie mentale.

Notons qu’à l’issue de cette rencontre, à laquelle ont assisté des personnalités politiques, à l’instar du député Nourredine Aït-Hamouda, le secrétaire général de la wilaya, Azzedine Tibourtine, a exprimé sa satisfaction quant au fait que « l’activité scientifique et médicale soit aussi prolifique dans la wilaya, signe d’une dynamique de la communauté médicale assoiffée de sciences et de connaissances et attachée à l’actualité des avancées dans le domaine médical ».

Azzedine Tibourtine, qui a donné le coup d’envoi officiel de la Journée nationale de psychiatrie, a indiqué que ce rendez-vous scientifique revêt « une importance particulière tant la population de malades potentiels est souvent mal cernée du fait du tabou qui pèse encore sur les maladies mentales, avec un taux d’apparition de nouveaux cas dans une population d’incidence d’environ 1 pour 10 000 habitants. » « Le caractère chronique de ces affections, les souffrances qu’elles engendrent pour les individus atteints et leurs familles, a poursuivi le secrétaire général de la wilaya, nécessite de développer des thérapeutiques et des programmes de soins adaptés dans les structures de santé. C’est en fait un enjeu majeur de santé publique ». Azzedine Tibourtine a estimé aussi qu’il est « d’un intérêt certain de parvenir à identifier les sujets susceptibles de présenter une évolution de la pathologie schizophrénique débutante compte tenu des risques que cet état mental comporte.

C’est d’ailleurs à ce titre qu’il est, me semble-t-il, important de se doter d’outils permettant de repérer les patients potentiels et c’est précisément dans ce contexte que les actions et les attitudes préventives doivent être privilégiées, envisagées et multipliées ». Le secrétaire général de la wilaya a considéré aussi que « la prise en charge ambulatoire des patients peut s’avérer également une alternative. Celle-ci peut s’articuler autour de trois axes : le traitement médicamenteux, le traitement psychothérapeutique et enfin la réhabilitation et la réinsertion psychosociale dans le milieu naturel du patient ».

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