Stratégie sanitaire: Le saut qualitatif de l’Algérie
A l’occasion de la Journée mondiale de la santé, célébrée le 7 avril de chaque année, l’Algérie poursuit son engagement en faveur d’un système de santé modernisé, fondé sur la science et l’innovation. C’est ce qu’a indiqué, ce mardi à Alger, le ministre de la Santé, Mohamed Seghir Messaoudène, à l’ouverture des activités nationales organisées à cette occasion, placées sous le double slogan international « Ensemble pour la santé, soutenez la science » et national « La numérisation, moteur d’une santé renforcée et efficace ».
Le ministre a affirmé, dans son allocution d’ouverture, que cette journée constitue « une halte essentielle pour renforcer la sensibilisation collective, favoriser le partage des connaissances et fédérer les efforts autour d’un objectif commun : améliorer durablement la santé du citoyen ». Mettant en avant la portée des thèmes retenus, il a déclaré que « ces slogans traduisent une vision convergente reposant sur la solidarité internationale face aux défis sanitaires transfrontaliers et sur la centralité de la science comme levier de prévention, de décision et d’action ».
En outre, le ministre a replacé l’édition de cette année dans un contexte mondial particulièrement exigeant, marqué par la multiplication des crises sanitaires et l’accélération des mutations épidémiologiques, assurant que « les pandémies récentes ont démontré, de manière éclatante, la nécessité d’une coopération internationale renforcée et d’une coordination efficace entre Etats et institutions ». Il a poursuivi en mettant en garde contre les menaces persistantes, citant notamment « la progression des maladies non transmissibles, la résistance croissante aux antimicrobiens, les effets sanitaires du changement climatique, ainsi que la prolifération des informations erronées qui fragilisent les politiques de santé ».
Face à ces défis, le ministre a plaidé pour une mobilisation globale et multisectorielle, soutenant que « la réponse ne peut être que collective, intégrée et fondée sur des données scientifiques fiables ». II a également relevé l’importance du rôle stratégique de la recherche, de l’innovation et du savoir scientifique dans la consolidation d’un système de santé résilient, capable d’anticiper et de répondre efficacement aux crises.
Dans ce contexte, la transformation numérique du secteur de la santé a été mise en avant comme un axe structurant de la stratégie nationale. M. Aït Messaoudène a soutenu que « la numérisation constitue aujourd’hui un choix stratégique incontournable pour moderniser la gouvernance sanitaire, améliorer la qualité des soins et garantir une meilleure accessibilité des services », soulignant l’importance d’intégrer les nouvelles technologies dans les politiques publiques, notamment en matière de surveillance épidémiologique, de gestion des données de santé et d’aide à la décision.
Le ministre a souligné les acquis de l’Algérie en matière de prévention, de prise en charge médicale et de renforcement institutionnel. Il a présenté la Journée mondiale de la santé comme une occasion de valoriser ces réalisations, de promouvoir l’innovation, de renforcer la coopération internationale et l’implication de la société civile et des médias, tout en assurant une approche intégrée, durable et efficace pour la santé publique.
Dans une conclusion empreinte d’optimisme, M. Aït Messaoudène a exprimé son souhait de voir les travaux de cette journée déboucher sur « des propositions opérationnelles à la hauteur des enjeux actuels », avant d’annoncer officiellement l’ouverture des travaux de la Journée mondiale de la santé 2026 en Algérie, réaffirmant ainsi la volonté de l’Etat de faire de la santé un pilier central du développement national.
Il convient de noter que cette rencontre, organisée à l’auditorium Pierre-Chaulet du ministère de la Santé, a réuni un large parterre d’acteurs institutionnels et scientifiques. Étaient notamment présents le président de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, le Pr Kamel Sanhadji, des représentants du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida et de l’Organisation mondiale de la santé, ainsi que des experts, universitaires, cadres du secteur et partenaires internationaux.