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Nationale

Journée internationale de la presse : Un journaliste libre dîtes-vous ?

Journée internationale de la presse : Un journaliste libre dîtes-vous ?

Le Journée internationale de la presse, célébrée chaque 3 mai, sera perçue différemment cette année en Algérie. Les journalistes, longtemps réprimés tant par les autorités publiques que par une bonne partie des patrons de presse, ont-ils le droit d’espérer un monde meilleur, d’autant plus que le 3 mai 2019 coïncide avec le onzième vendredi du « Hirak » ?
Les confrères évoquent « un contexte national crucial » où la question de la régulation de la presse et de l’organisation de la profession se pose avec acuité, 30 ans après l’ouverture du champ médiatique. L’on se souvient qu’en 1989, le président Chadli Bendjedid avait donné de fermes instructions à son chef du gouvernement, Mouloud Hamrouche, d’ouvrir le champ médiatique.

C’était à la faveur d’une Constitution que les hommes et femmes des médias, la classe politique et l’opinion publique en général, ainsi que dans les pays occidentaux, considéraient comme une Loi fondamentale des plus modernes. Hélas, cette Constitution sera revue et « corrigée » trois fois par l’ex-président, Abdelaziz Bouteflika. La liberté de la presse en prendra un sacré coup. Les médias n’avaient pas d’autre choix que de souscrire aux folies du prince au risque de se voir virés par…l’Anep (Agence gouvernementale qui a le monopole de la publicité institutionnelle).

Si en 1989, la profession était régie par un Conseil d’éthique et de déontologie, d’une carte nationale de presse à laquelle seul le journaliste professionnel avait droit, aujourd’hui il n’en est rien, ou presque. D’un côté, les pouvoirs publics qui distribuent la manne publicitaire aux journaux dociles en contrepartie d’un soutien frisant la honte, et de l’autre, des journalistes dont les salaires ne permettent plus de survivre. Beaucoup d’entre eux, n’ayant même pas les moyens de se restaurer décemment sont obligés, souvent, de recourir au très populaire sandwich à base de « garantita ». Malheureux pour une personne censée être l’avant-garde de l’élite nationale ! En effet, la profession ne cesse d’appeler avant toute chose à la mise sur pied d’un Conseil d’éthique et de déontologie dans la presse nationale, qui serait le seul gage de crédibilité pour les quelque 4 000 journalistes que

compte le pays. « La crédibilité et le professionnalisme ne seraient rien sans un conseil d’éthique et de déontologie. « L’installation, ou plutôt la réinstallation de cette instance est devenue une nécessité pour l’instauration de l’éthique professionnelle et des règles du métier de journaliste », soulignent les professionnels. La corporation, à l’unanimité, souligne que le pays a fait un très grand pas en arrière. La régression totale, par rapport aux « années fastes » du journalisme algérien, à savoir la période 1989-1992. Après cette période, la presse algérienne sombra dans les méandres de la censure et de l’imprimatur. Goebbels, le chef de la propagande de Hitler, n’a pas fait pire. « Que l’on arrête de harceler la presse, publique ou privée, et qu’on laisse les journalistes travailler en obéissant à la conscience.

Et bien entendu, faire en sorte qu’il y ait une moralisation de la profession et mettre fin à la désinformation en Algérie », soulèvent les professionnels. La loi de l’information, promulguée en 2012 consacre, en effet, divers chapitres suggérant les droits et les devoirs du journaliste. Malheureusement, sa mise en application reste jusqu’à ce jour suspendue. Les choses se sont corsées davantage depuis 2013, date de la mainmise de Saïd Bouteflika sur les institutions de l’Etat. C’est l’époque des pouvoirs « non-institutionnels » qui avaient tendance à faire fonctionner la République à la faveur d’un cachet humide. Le journaliste savait. Mais pouvait-il l’écrire ou le dire sur les antennes des médias audiovisuels ? Impossible. Sinon, c’était immanquablement la prison, voire la liquidation.

Cependant, peut-on crier victoire dans la mesure où, depuis le 22 février dernier, premier vendredi de la protesta, la presse semble libérée ? Rien n’est encore acquis.

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