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Jound El Khilafa fait peur aux Américains

Jound El Khilafa fait peur aux Américains

Au moment où la France a entamé ses premières frappes aériennes contre les poches de Daech en Syrie, les Etats-Unis viennent de publier une liste noire des branches de l’Etat islamique à travers le monde, dont fait partie, étrangement, Jound El Khilafa, pourtant en grande partie décimé par les forces de l’ANP lors des opérations antiterroristes de haute précision.

Jound El Khilafa, qui a perdu la majorité de ses éléments, est ressuscité par les Etats-Unis, lui accordant encore une aura médiatique à même de compenser son absence sur le terrain. Les Etats-Unis ont annoncé, jeudi passé, l’adoption de sanctions contre les organisations terroristes et les individus affiliés à l’Etat islamique ou Daech, à travers une liste comprenant des dizaines de groupes armés.

Parmi ces organisations criminelles figure le groupe armé autoproclamé Jound El Khilafa ». Un an après son apparition, ce qui reste de cette organisation fait toujours l’amalgame sur le plan international.

Les Américains considèrent Jound El Khilafa comme une organisation terroriste internationale dangereuse, la plaçant parmi les priorités dans leur lutte contre les branches affiliées à Daech. Les Américains parlent d’une sérieuse menace en publiant cette nouvelle liste des groupes armés les plus dangereux, dont Jound El Khilafa.

Le groupuscule terroriste en question est l’auteur de l’enlèvement et de l’exécution du ressortissant français à Tikjda, Hervé Gourdel, en septembre 2014. Après ce lâche attentat, les forces de l’Armée algérienne ont répliqué fort, notamment en éliminant le chef dudit groupe armé, Abdelmalek Gouri, originaire de la wilaya de Boumerdès, en décembre 2014, suite à une embuscade soigneusement préparée par les forces de sécurité dans la commune des Issers à Boumerdès.

Abdelmalek Gouri, qui était accompagné par deux de ses bras droits, a été éliminé ainsi que ses sbires. Son investiture à la tête de cette organisation terroriste n’avait duré que quelques jours après l’annonce de la création de cette branche de Daech.

Plus important, son élimination a permis de mettre fin à la propagande de Daech en Algérie. Frappant encore plus, les forces de l’ANP ont porté un autre coup sévère à Jound El Khilafa avec l’élimination, en mai 2015, de 22 membres du groupe armé en question. Sur la base de renseignements, l’opération a été menée dans les montagnes de la wilaya de Bouira, où les membres de Jound El Khilafa participaient à une réunion secrète pour relancer des attentats spectaculaires en Algérie, bien entendu sous le nom de l’Etat Islamique, mais surtout c’était une réunion qui avait pour second objectif l’élection d’un nouvel émir de ladite organisation terroriste.

Cette opératoire, faut-il le souligner, a permis la neutralisation d’une grande partie des éléments de ce groupe terroriste. Ses capacités de nuisance ont été éliminées et ce qui reste de cette petite organisation armée s’est retranché dans les montagnes en Kabylie.

Mais voilà que les États-Unis, pour des raisons purement politiques, considèrent la lutte contre l’organisation terroriste Jound El Khilafa comme une priorité, comme si ce groupe armé existait toujours. Jound El Khilafa est placé au même titre que 19 autres branches et 30 noms de chefs notoires, dont 15 font partie de Daech, liés à l’État islamique, sur la liste des Américains. D’ailleurs, le président américain Barack Obama a clairement fait comprendre, il y a quelques semaines, que la chasse était désormais ouverte.

« On ne peut pas permettre l’existence d’un culte apocalyptique tel que l’État islamique. Les USA utiliseront la force militaire dans le cadre d’une large coalition pour combattre cette organisation », a notamment déclaré le chef de l’État américain.

Les hauts fonctionnaires de Washington n’ont pas tardé à prendre des mesures qui s’imposent. Pour sa part, le Trésor américain a décrété des sanctions contre des individus et des organisations associés à l’État islamique, notamment contre sa branche dans le Caucase du Nord.

La liste des sanctions inclut des individus originaires du Daghestan et de Tchétchénie, où plusieurs groupes terroristes ont prêté allégeance à l’EI Daech. On y retrouve également Roustam Asselderov, leader de l’EI dans le Caucase du Nord, recherché depuis plusieurs années en Russie pour des crimes terroristes. La liste comprend également au moins un individu originaire de Tchétchénie.

Pratiquement toutes les organisations frappées par les sanctions américaines étaient impliquées dans les actes terroristes en Tchétchénie, telles la prise d’une maternité où elles avaient pris en otage des femmes enceintes, ou encore la prise d’otages à l’école de Beslan qui avait coûté la vie à des centaines d’enfants. Elles ont également fait exploser des immeubles résidentiels. La Russie combat depuis longtemps ces bandes que l’Occident refusait jusqu’ici de reconnaître comme criminelles.

Cela ne semble plus être le cas aujourd’hui. L’EI a dû frapper à la porte de Washington pour que la Maison-Blanche révise son point de vue.

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