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Issad Rebrab, l’homme qui n’a peur de rien

Issad Rebrab, l’homme qui n’a peur de rien

Issad Rebrab n’en finit pas de faire parler de lui en Algérie, et maintenant en Europe. Alors que certains industriels se plaisent à compter leur argent ici en Algérie, lui n’a peur de rien et fonce comme un bulldozer. Bloqué en Algérie depuis quelques années, il part à la conquête du marché européen et de sa technologie. Et il le fait bien et surtout avec audace.

La semaine passée, il a damé le pion à l’un des géants de la sidérurgie, l’indien JW Steel sans le moindre soutien des autorités algériennes. Pourtant, l’indien avait le soutien de son gouvernement. Le gouvernement algérien vient de demander au patron de Cevital, Isaad Rebrab, d’être présent lors de la visite de Matteo Renz en Algérie, début décembre.

Le gouvernement algérien a-t-il été contraint malgré lui d’inviter Rebrab, ou s’agit-il d’une simple invitation protocolaire ? Qu’est-ce qui explique cette méfiance maladive envers cet industriel qui cumule les succès ? En effet, et alors que ses ambitions suscitent la méfiance en Algérie – divers projets industriels sont bloqués -, la France lui déroule le tapis rouge. Et il y va de bon cœur, le fils de Taourirt Moussa. Il vient de racheter tour à tour les usines françaises Fagor Brandt, le numéro un français de l’électroménager. Après avoir raté le volailler Doux en 2012, il a racheté en juin 2013 le fabricant de fenêtres Oxxo, en Saône-et-Loire.

En France, il commence à se faire un nom. Car il est en passe de devenir le sauveur d’entreprises en difficulté, un spécialiste du redressement judiciaire, comme l’était à une certaine époque Bernard Tapie. Et en Italie aussi. Sa dernière acquisition, Lucchini RS, fleuron de l’acier italien et l’un des principaux spécialistes mondiaux de composants ferroviaires, lui a coûté 400 millions d’euros. 

Si en France et en Europe on lui déroule le tapis rouge, il n’est pas, par contre, le bienvenu en Algérie où il fait face a une animosité certaine de la part d’hommes d’affaires jaloux de sa réussite à l’internationale. Il faut dire que cet industriel n’est pas tributaire des marchés publics octroyés comme la majorité des magnats algériens. Après avoir fait le tour en Algérie, Rebrab se tourne désormais vers l’international. 

Il veut faire profiter l’Algérie de la technologie occidentale

« Je rachète des unités en France, je préserve une partie des emplois, et, pour en créer d’autres en Algérie, je transfère le savoir-faire et je localise la production non compétitive dans ce pays low cost. Nous pouvons être l’atelier de l’Europe, pas besoin d’aller en Chine. De quoi créer des synergies industrielles », explique Issad Rebrab. En guise de reconnaissance, il subit une levée de boucliers de la part de ses collègues.

Il avait déjà conseillé à l’Etat de racheter la matraque Peugeot et le leader du pneumatique Michelin. Son projet de Défense au bord de l’eau ? En attente d’autorisation depuis cinq ans. « Je voudrais construire un quartier comme à la Défense avec cinq tours en verre », se plait-il à dire à ses invités étrangers de passage en Algérie. Une autre idée lumineuse : créer un port en eaux profondes et un pôle industriel à Cap Djinet ?

Refusé ! Mais le gouvernement reprend son idée et programme un port similaire à Cherchell. Aujourd’hui, l’industriel algérien pèse plus de 3 milliards de dollars. Il est à la tête de plusieurs usines et industries, telles l’industrie du verre, l’électroménager, la grande distribution et d’autres secteurs, l’agriculture et bientôt le tourisme. Entre 1999 et aujourd’hui, le chiffre d’affaires de Cevital est passé de 50 millions de dollars à 3,3 milliards de dollars.

Cevital est aujourd’hui le premier groupe privé algérien et emploie 12 800 personnes, alors que l’effectif n’était que de 728 en 1999. Aucun secteur ne semble fermé à Cevital qui compte, selon Issad Rebrab, 25 entités opérationnelles. Issad Rebrab se tourne maintenant vers l’agriculture parce que, explique-t-il, la crise alimentaire risque d’arriver dans les prochaines années. D’où l’idée d’investir dans les pays africains. Au Gabon, il a déjà posé ses valises comme en Côte d’Ivoire. Prochaine cible : le Soudan. Pour lui, la sécurité alimentaire est le problème n°1.

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