Intoxication alimentaire dans les écoles : Un mal qui perdure – Le Jeune Indépendant
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Intoxication alimentaire dans les écoles : Un mal qui perdure

Intoxication alimentaire dans les écoles : Un mal qui perdure

La restauration dans les établissements scolaires des trois paliers n’a pas échappé au phénomène des intoxications alimentaires. Le nombre de victimes augmente d’une année à une autre et l’absence du respect des règles d’hygiène en est souvent à l’origine. Les dangers des intoxications alimentaires ne sont plus à démontrer, que ce soit en milieu scolaire ou ailleurs.

Selon des spécialistes, les intoxications alimentaires sont liées au non-respect des règles d’hygiène et à la mauvaise conservation des produits alimentaires, notamment périssables. L’Algérie en enregistre chaque année 10 000 cas.

 La semaine dernière, près de 150 cas d’intoxication alimentaire ont été enregistrés au niveau de l’établissement primaire Zammit Malek, commune de Tamalous, dans la wilaya de Skikda. Cet incident a eu lieu après que les élèves ont pris leur déjeuner à la cantine de l’école, où chaque élève a eu droit à un repas composé de haricots blancs et d’un pot de yaourt. 

Après avoir reçu les soins nécessaires, la plupart des écoliers ont quitté l’hôpital sauf trois qui sont restés sous surveillance médicale. En plus de la menace sur la santé des élèves, cet incident a perturbé le déroulement des cours.

Contacté par le Jeune Indépendant, Boualem Amoura, secrétaire général du syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (SATEF) a précisé que  l’intoxication alimentaire est un phénomène nationale qui se produit chaque jours, dans toutes les wilayas du pays, mettant en avant les causes majeures de ce fléau à savoir l’absence d’ hygiène, le manque de contrôle et la mauvaise qualité des produits alimentaires choisis.

Il a d’abord évoqué le personnel des cantines, qui, selon lui, « n’est pas qualifié ». Il a, à ce propos, indiqué qu’en plus du non- respect de l’hygiène, les cuisiniers ne sont pas professionnels. « Ce sont de simples ouvriers. Ils ne portent même pas de blouse, parce que les APC (Assemblée populaire communale ndlr) ne leur octroient pas de tabliers», a-t-il fait savoir.

Dans le même sillage, Amoura a précisé que « les cuisiniers qui préparent les repas de nos enfants doivent impérativement passer un examen médical chaque trois mois, chose qui n’a jamais été faite, alors que c’est exigé par la loi».   

S’agissant du manque de moyens et de matériels, le syndicaliste a souligné que la majorité des cantines scolaires ne possèdent pas d’équipements adéquats, notamment les chambres froides, d’où le problème de la conservation des aliments. Il a fait savoir que les magasins où sont stockés les aliments, sont en général infestés de cafards et de rats.

Le SG du Satef qui a lui-même constaté que « les repas servis dans des cantines scolaires n’étaient ni consistants, «ni équilibrés mais en plus on sert à nos enfants des yaourts et des sardines en conserve périmés. C’est très grave», a-t-il clamé, indiquant qu’ « il y a des élèves qui attendent l’ouverture des cantines scolaires pour manger, parce qu’ils n’ont pas les moyens de manger un repas adéquat chez eux ».

Il a, par ailleurs, souligné le manque de contrôle, considéré comme étant une forme d’«impunité», étant donné que la qualité des aliments échappe à toute forme de contrôle.  Il s’est, dans ce sens, interrogé sur le rôle des inspecteurs de l’alimentation scolaires qui sont censés vérifier et contrôler les aliments servis dans les assiettes de nos enfants. 

«Malheureusement ces derniers n’ont aucun pouvoir, car tout simplement eux et les directeurs des établissements scolaires ainsi que les cadres des académies mangent tous dans les cantines mais leurs repas sont minutieusement préparés et bien soignés. Qui contrôle qui ?», a-t-il regretté.

Amoura a expliqué que le Satef a toujours été contre le fait d’attribuer la gestion des cantines scolaires aux collectivités locales, appelant à « l’installation des commissions d’enquête sur ce dossier, d’abord par rapport aux fournisseurs, aux prix pratiqués». Selon le SG du Satef, l’Etat lui-même doit assurer le contrôle des cantines scolaires, à travers des visites inopinées dans les établissements scolaires.  Les intoxications alimentaires dans les établissements scolaires sont un danger de santé publique.

Appel à la création d’un office nationale des œuvres sociales
Pour sa part, Mme. Fatiha Bacha , vice-présidente de l’association nationale des parents d’élèves a fait savoir que  les cantines scolaires du palier primaire sont gérées par les APC, qui disposent de peu de moyens financiers et humains, ce qui va engendrer, selon elle, des problèmes d’ordre sanitaires et logistiques à savoir, les intoxications  alimentaire, un maigre menu, une qualité douteuse des aliments. Elle a soulevé le problème du manque de formation du personnel chargé directement de la cantine.

La même responsable a fait savoir que les intoxications qu’elle a pu constater et cela chaque année sont dues à l’incompétence des gestionnaires des cantines.   

Elle a précisé qu’ « en tant qu’association nationale des parents d’élèves, nous préconisons à ce que l’Etat algérien œuvre pour la création d’un office national des œuvres sociales qui regroupe la restauration et le transport, comme il existe dans l’enseignement supérieur.

Mme Bacha a tenu à rappeler qu’avant, l’association siégeait à la commission de la gestion scolaire des APC et veillait à l’application de la réglementation concernant la bonne gestion des cantines scolaires à savoir l’hygiène le personnel, le contrat d’achat et leurs qualités.  « Depuis plus de trois ans, nous faisons plus partie de cette commission communale des cantines scolaires. C’est inadmissible », s’est-t-elle indignée. 

Pour conclure, la représentante des parents d’élèves a noté qu’ « il faut revoir ce décret pour que les parents d’élèves soient associés à la gestion et au contrôle des cantines scolaires ».

Pour rappel, le Pr Abderrezak Bouamra, chef du service d’épidémiologie et de médecine préventive à l’EPH de Tipasa, avait déclaré au Jeune Indépendant que le phénomène des toxi-infections alimentaires est un problème de santé publique vu les complications engendrées par cette maladie, laquelle peut mener à la mort. 

Selon lui, la prévention est capitale, d’où la nécessité d’adopter des gestes à même de protéger le consommateur, en respectant les mesures d’hygiène, notamment celles liées aux locaux, aux ustensiles mais aussi à l’hygiène corporelle de la personne qui prépare l’aliment. Il était également question de respecter la chaîne de froid et l’organisation de stockage des aliments. Il avait expliqué que lorsque qu’au moins deux personnes partagent le même repas, on peut parler de toxi-infection alimentaire. 

 Il avait, par ailleurs, mis en avant le mode de transmission directe de la maladie, à travers la toux, l’éternuement. Ainsi, la toxi-infection alimentaire se transmet par voie aérienne. La transmission indirecte se fait, pour sa part, à travers un moyen intermédiaire, notamment les mains ou l’eau potable. « C’est la raison pour laquelle on exige le lavage des mains et celui des ustensiles », avait-t-il souligné.

« On ne peut pas incriminer un aliment ou l’identifier comme étant l’aliment responsable d’une quelconque intoxication alimentaire avant de faire une investigation au niveau du service d’épidémiologie » avait –il conclu.    

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