Internationalisation de la BEA : Un tournant pour l’investissement et le commerce extérieur
La banque extérieure d’Algérie (BEA) a acté une nouvelle étape dans l’internationalisation du système bancaire et financier algérien, avec l’inauguration, jeudi dernier, de sa première filiale à 100 % en France, et ce à travers trois succursales. Une étape qualifiée d’importante par des spécialistes des questions économiques eu égard à l’impact de cette initiative sur l’investissement et le commerce extérieur.
Qualifié d’« historique » par la BEA, l’ouverture des agences de la banque à Marseille, Saint-Denis et Courcelle, dépasse le fait d’être l’accomplissement d’un objectif réalisé dans le cadre de la stratégie d’expansion internationale de l’établissement. C’est de l’ouverture du système bancaire algérien dont il s’agit, avec un grand impact direct sur l’économie nationale.
Pour le consultant international en développement économique, Abderrahmane Hadef, l’ouverture des succursales de la BEA en France marque « un tournant pour l’investissement et le commerce extérieur », affirmant que cette implantation traduit une volonté claire, celle de « déployer une présence internationale capable d’accompagner la dynamique économique de l’Algérie et de renforcer les liens financiers avec l’Europe ». Il a, d’emblée, mis en avant les nouvelles perspectives qu’ouvre cette présence bancaire à l’international pour l’investissement, pour les opérations du commerce extérieur, en sus de répondre aux attentes croissantes des entreprises et de la diaspora.
Sur le volet investissement, l’ouverture de trois succursales bancaires en France offre, selon M. Hadef, une meilleure connexion entre les marchés européen et algérien. « En installant une banque algérienne en France, la BEA rapproche les entreprises étrangères d’un interlocuteur qui connaît intimement le terrain algérien, ses règles, ses priorités et ses opportunités », a-t-il précisé, mettant en avant l’importance de cette proximité. Cela permettra, a-t-il ajouté, de réduire les barrières, d’accélérer les démarches financières et de renforcer la confiance. « Un élément essentiel pour encourager les investissements », a-t-il souligné, évoquant les secteurs sur lesquels mise l’Algérie pour sa transformation économique, à l’instar des énergies renouvelables, de l’industrie, du numérique, de l’agro-industrie.
Pour ce qui est du commerce extérieur, l’ouverture de ces succursales bancaires constitue un « appui concret », a assuré M. Hadef, d’autant qu’elles sont à même de changer la donne. « Les opérations bancaires, souvent perçues comme longues, complexes ou coûteuses, gagnent en rapidité, en clarté et en sécurité », a assuré le consultant international en développement économique, notant que pour les entreprises françaises, la BEA devient un point d’entrée direct vers le marché algérien.
Cette nouvelle infrastructure bancaire peut également, a-t-il estimé, soutenir l’ambition nationale de diversifier les exportations. « En se positionnant au cœur de l’un des principaux marchés européens, la BEA peut accompagner les entreprises algériennes dans leur développement international, leur donner de la visibilité et appuyer leurs opérations », a-t-il indiqué, signalant un autre point de l’internationalisation de la BEA, celui d’être « un signe fort de modernisation et d’ouverture pour le système bancaire algérien ».
Cette démarche de la BEA pourrait selon M. Hadef, inspirer d’autres banques nationales, ouvrant une nouvelle phase dans la modernisation du secteur financier algérien.
L’impact de la présence de la BEA en France est également du côté de la diaspora algérienne, très présente en France. Cette dernière trouvera, a assuré le consultant, « un outil précieux », en offrant « un accès direct à une banque nationale, son épargne, ses projets et ses ambitions entrepreneuriales ».
L’inauguration de la première filiale de la BEA en France est aussi qualifiée par le professeur en économie, Mohamed Achir, de « très bonne initiative ». Affirmant que cette démarche vise l’internationalisation du système bancaire et financier algérien, il a indiqué que cette présence de la BEA « cible en premier lieu les besoins de l’immigration algérienne à l’étranger, notamment en France et en Europe ». La banque offre ainsi un moyen de transfert des fonds pour l’immigration, mais aussi un moyen de financement de l’investissement et de facilitation des transferts des entreprises détenues notamment par la diaspora algérienne, a signalé M. Achir, selon lequel, il est aussi nécessaire d’aller vers d’autres pays, en ciblant principalement les premiers partenaires économiques du pays.