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Nationale

Intelligence artificielle et souveraineté numérique : L’heure de l’action a sonné

Intelligence artificielle et souveraineté numérique : L’heure de l’action a sonné

Le gouvernement accélère le déploiement de sa stratégie nationale de l’intelligence artificielle. Réunis ce mercredi autour du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, les représentants des différents départements ministériels et des principales institutions nationales ont arrêté les priorités d’une feuille de route qui mise sur l’innovation, les compétences nationales et la souveraineté technologique pour accompagner la transformation numérique du pays.

Fixant le cap de cette première réunion interministérielle, M. Baddari a déclaré que « la stratégie nationale de l’intelligence artificielle ambitionne de renforcer la souveraineté technologique de l’Algérie en développant des modèles gouvernementaux d’intelligence artificielle souverains et open source, en consolidant les capacités nationales de calcul et en investissant dans les compétences nationales ». Il a appelé l’ensemble des secteurs concernés à unir leurs efforts afin de bâtir une vision commune et de faire de l’intelligence artificielle un instrument de modernisation de l’Etat.

Les travaux ont ainsi contribué à définir cinq priorités qui serviront de socle à cette stratégie nationale. La première consiste à développer des modèles gouvernementaux d’intelligence artificielle souverains et open source, l’objectif étant de permettre aux administrations publiques de disposer de solutions adaptées aux réalités nationales, tout en réduisant leur dépendance aux plates-formes étrangères et en garantissant une meilleure maîtrise des technologies stratégiques.

Le deuxième axe propriétaire se concentre sur la consolidation des capacités nationales de calcul intensif. Le gouvernement prévoit d’équiper progressivement les centres de calcul d’infrastructures de haute performance afin de permettre aux universités, aux laboratoires de recherche et aux start-up de concevoir et d’entraîner leurs modèles d’intelligence artificielle sur le territoire national. Cette montée en puissance devrait favoriser l’émergence d’un écosystème capable d’accélérer l’innovation, de soutenir les jeunes entreprises technologiques et de mieux valoriser les résultats de la recherche scientifique.

Le développement des compétences constitue un autre chantier majeur. Des formations spécialisées et de nouveaux cursus universitaires seront mis en place pour répondre aux besoins croissants en science des données, en apprentissage automatique et en intelligence artificielle générative. « La richesse de l’Algérie réside avant tout dans son capital humain. Notre responsabilité est de former les talents qui porteront la révolution numérique de demain », a assuré le ministre.

Dans cette dynamique, les pouvoirs publics prévoient également la création d’un Centre national de recherche consacré à l’intelligence artificielle ainsi que plusieurs unités de recherche spécialisées. Ces structures auront pour mission de rapprocher les universités, les laboratoires, les entreprises et les start-up afin d’accélérer le transfert des innovations vers le monde économique et de transformer les avancées scientifiques en applications concrètes.

En outre, la stratégie repose aussi sur une gouvernance renforcée des données publiques. Les participants ont souligné la nécessité de traiter, d’héberger et de sécuriser les données administratives au sein de centres de données nationaux répondant aux exigences les plus élevées en matière de cybersécurité. Ils ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une intelligence artificielle éthique, responsable et transparente, respectueuse de la protection des données sensibles et des intérêts stratégiques de l’Etat.

Les applications envisagées couvrent un large éventail de domaines, allant de la simplification des procédures administratives à l’amélioration de la prise de décision, en passant par l’optimisation des services publics. L’ambition affichée étant de faire de l’intelligence artificielle un véritable catalyseur de performance, capable de moderniser l’action publique, tout en offrant des services plus rapides, plus efficaces et mieux adaptés aux attentes des citoyens.

A l’issue de la réunion, afin de garantir la concrétisation de cette stratégie, une commission interministérielle de suivi a été créée. Chargée de coordonner les actions des différents secteurs, cette instance veillera au respect du calendrier fixé et à l’évaluation régulière des projets engagés.

Il convient de noter qu’au-delà des annonces, cette réunion marque un changement d’approche. En misant sur des modèles souverains, des infrastructures nationales, la maîtrise des données et la formation des talents, l’Algérie affiche sa volonté de ne plus être un simple utilisateur des technologies d’intelligence artificielle, mais d’en devenir un acteur capable de développer ses propres solutions au service de ses priorités économiques, scientifiques et stratégiques. Un défi de taille qui nécessitera une mobilisation durable des institutions, des universités, des chercheurs et du secteur privé pour transformer cette ambition en réalisations concrètes.



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