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Nationale

Inflation : Une hausse inquiétante

Inflation : Une hausse inquiétante

Le seuil “rouge” aura été atteint par l’inflation cette année. Selon des chiffres officiels publiés par l’Office national des statistiques (ONS), le rythme d’inflation annuel a frôlé les 5,8% en août 2016, ce qui correspond en comparaison avec la même période de l’année passée à une hausse de 7,4%.

Ces chiffres étaient attendus, d’autant que depuis un an, les prix de tous les produits de consommation courante ont flambé de manière graduelle et selon les saisons. Le constat est fait par l’ONS, qui indique que seule la pomme de terre aura connu une baisse sensible (-14,2%), grâce surtout à une abondance dans la production et l’augmentation des surfaces cultivées à travers le territoire national.

Pratiquement, dans la foulée de la crise des recettes financières de l’Etat et le recul de “l’interventionnisme” public, l’inflation était perceptible notamment dans certains produits comme les poulets et les oeufs et les poissons frais, ainsi que les boissons non alcoolisées.

On savait que le secteur de la filière avicole a connu cet été des hausses importantes, allant jusqu’à voir négocier un kilo d’escalopes à près de 1000 dinars, alors que le poulet est “lâché” à plus de 400 dinars le kilo. Même la sardine est restée inabordable avec une fourchette qui varie entre 400 DA/kilo et 800 DA/kilo, alors que les poissons frais ont gardé leurs prix et même augmenté pour quelques spécimens, comme la crevette ou le thon. Ces hausses ont touché également les boissons gazeuses et les jus, ainsi qu’à un degré moindre, les céréales, les légumes et les autres produits sucrés. Même les fruits de saison ont connu des fortes hausses, sauf pour certains produits, comme le pastèque.
Pour les experts, ces données confirment ainsi la tendance haussière et l’infernale spirale des prix dans les marchés. Une inflation généralisée que le gouvernement tente de juguler par quelques mécanismes, comme l’avait noté l’ex gouverneur de la Banque d’Algérie dans son rapport de conjoncture l’an dernier.
Ce dernier avait accusé les circuits informels de la grande distribution dans la hausse des prix, estimant que ce sont ces sphères qui échappent à l’Etat et ses institutions qui font la loi. Pour beaucoup, ces barons de l’informel de la grande distribution sont la cause de l’inflation cyclique que connait nos circuits et nos marchés.

Selon les déclarations du Premier ministre Sellal en juin dernier à l’occasion de la tenue de la tripartite, l’inflation sera confiné à moins de cinq pour cent, grâce au maintien des mêmes dispositifs de soutien des prix, au renforcement du contrôle de l’Etat et de la subvention sociale.

Or, la liberté relative dans l’offre et la demande, ainsi que la spéculation organisée et non réprimée maintiennent à des niveaux élevés ces prix des grands produits de consommation. Pour les experts, l’inflation actuelle est jugulée uniquement par l’érosion des pouvoirs d’achat des catégories moyennes et non par d’autres mécanismes de lutte.

Il est attendu que ce taux d’inflation continuera à monter cette année en attendant les conséquences directes des nouvelles décisions que prévoient l’avant projet de loi de Finances 2017, dont la tendance générale est l’augmentation des taxes et autres TVA sur différents produits électroménagers, ainsi que sur les carburants.

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