Industrie automobile en Algérie : Six entreprises allemandes en prospection à la fin de juin
L’Algérie poursuit ses efforts pour développer une véritable industrie automobile intégrée. Dans cette dynamique, une délégation, composée de six entreprises industrielles allemandes du secteur, effectuera une mission économique à Alger du 28 juin au 3 juillet afin d’explorer les opportunités offertes par le marché national et d’établir de nouveaux partenariats avec les acteurs locaux du secteur.
Organisée par la Chambre algéro-allemande de Commerce et d’Industrie (AHK Algérie), en collaboration avec Enviacon International (cabinet conseil en gestion et commerce), et sur mandat du ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie (BMWE), cette visite sera consacrée à l’industrie automobile et à la sous-traitance, dans un contexte marqué par l’accélération de la stratégie algérienne visant à renforcer l’intégration locale dans la filière.
L’initiative s’inscrit dans la volonté de transformer progressivement un marché longtemps dominé par les importations en un écosystème industriel capable de produire localement une part croissante des composants et des véhicules. Cette orientation est soutenue par le décret exécutif n°22-384, qui fixe un objectif de plus de 30 % d’intégration locale d’ici la fin de l’année 2026, ainsi que par la montée en puissance des projets industriels en cours, notamment celui de Stellantis à Tafraoui. C’est ce qu’a indiqué l’AHK dans un communiqué.
Au cours de cette mission, les entreprises allemandes exploreront les perspectives de coopération avec les industriels algériens dans plusieurs domaines stratégiques, notamment « le transfert de savoir-faire, l’ingénierie industrielle, les partenariats entre fournisseurs Tier-1 et Tier-2, les systèmes de qualité et de certification ainsi que les solutions de logistique séquencée », a précisé l’AHK.
Selon la même source, une conférence officielle est prévue le 29 juin 2026 à Alger afin de présenter les objectifs de cette mission et de favoriser les échanges entre les entreprises allemandes, les équipementiers algériens, les représentants institutionnels et les différents acteurs de la filière automobile nationale.
Parallèlement, les relations économiques entre l’Algérie et l’Allemagne dans le secteur automobile connaissent un nouvel élan, porté par une coopération croissante dans les domaines de la sous-traitance, de l’intégration locale et de l’implantation industrielle.
Cette dynamique se traduit notamment par les projets d’investissement engagés par plusieurs acteurs allemands. La marque Opel, appartenant au groupe Stellantis, a officialisé en janvier dernier, son intention de réaliser une usine de production automobile en Algérie. Ce projet s’inscrit dans la continuité du développement du pôle industriel de Tafraoui (Oran), où l’usine Stellantis poursuit sa montée en cadence afin de renforcer la production locale et le taux d’intégration nationale. Toujours dans le secteur automobile, il y a lieu de rappeler que l’Algérie a lancé une vaste opération d’importation des pneus de la marque allemande Continental.
La coopération bilatérale s’étend également aux activités logistiques. L’entreprise allemande Reichhart Logistik, dont la phase de déploiement a débuté l’année dernière en Algérie, afin d’accompagner l’organisation des flux et de la chaîne d’approvisionnement de l’industrie automobile, un maillon essentiel pour le développement d’un écosystème compétitif.
Dans le même contexte, l’industrie algérienne a enregistré également des avancées en matière de reconnaissance technique à l’international. L’entreprise nationale Petro Baraka a présenté, en septembre dernier, sa gamme d’huiles moteurs lors du Salon de Düsseldorf, en Allemagne, des produits bénéficiant de l’approbation de grands constructeurs automobiles allemands tels que Mercedes-Benz, BMW et Volkswagen, illustrant ainsi la conformité de la production algérienne aux standards internationaux du secteur.