Industrie, agriculture, accord d’association avec l’UE : Les réalisations et les ambitions économiques de l’Algérie
La situation économique du pays, les progrès enregistrés dans divers secteurs ainsi que les perspectives de développement ont été passés en revue par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a mis en avant les relations économiques renforcées avec des pays européens, notamment l’Allemagne, avant d’appeler, dans la foulée, à ouvrir davantage le marché européen aux produits algériens.
Dans son entrevue périodique avec les représentants de médias nationaux dimanche soir, le président de la République a mis en exergue les performances réalisées par le secteur de l’agriculture, un secteur prometteur qui continue de réaliser des résultats palpables. Ce sont les progrès louables que connaît la filière du blé dur en Algérie, avec une autosuffisance attendue durant la saison agricole en cours, qui ont été salués par le Président, selon lequel la réalisation de ce résultat relevait du « miracle », soulignant que plusieurs facteurs favorables ont contribué à l’augmentation de la production nationale, notamment le changement de l’approche technique et le bon niveau des précipitations.
En plus de réduire la facture d’importation de plus de 1,5 milliard de dollars, la réalisation de cette autosuffisance consacre « la fierté nationale » et traduit aussi les efforts de l’Algérie visant à parvenir à la souveraineté alimentaire, a soutenu le président de la République. Dans ce cadre, il a également évoqué le bond enregistré par le secteur agricole dans son ensemble, dont les produits trouvent désormais des débouchés dans de nouveaux marchés à l’étranger.
Après avoir passé une période où on importait des produits agricoles, à l’instar de l’ail et des pommes de terre, le pays répond désormais à ses besoins en la matière. « Les résultats accomplis sont le fruit d’un environnement économique favorable ayant réuni les conditions de la réussite, notamment à travers le raccordement au réseau électrique », a-t-il précisé, signalant le fait que le secteur s’oriente vers l’autosuffisance dans la plupart des filières agricoles. La filière des viandes fait cependant exception et souffre encore de la spéculation, a noté le président de la République, assurant que l’Etat y fera face.
Des filières industrielles en pleine expansion
Outre les performances du secteur du raffinage pétrolier avec une autosuffisance de production de carburant (essence et kérosène) réalisée depuis 2022, le Président a évoqué les avancées enregistrées par le secteur industriel, affirmant que le pays s’achemine également vers la réalisation de l’autosuffisance dans plusieurs filières, à l’instar de l’électroménager et des équipements électriques, avec d’importantes capacités d’exportation. Il a été également question des mégaprojets économiques structurants lancés par l’Algérie, dont la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, qui passe désormais à la « vitesse supérieure dans l’exécution », sachant que la réception du projet est prévue en 2028. Une infrastructure qui permettra à l’Algérie de conforter son rôle pionnier dans la réalisation de l’intégration africaine.
Les efforts déployés pour assurer la sécurité hydrique ont également été évoqués par le Président, affirmant que l’accélération du programme de réalisation des stations de dessalement d’eau de mer le long du littoral permettra à l’Algérie de devenir un pays leader à l’échelle mondiale en la matière, avec un taux de couverture de 62 % de la consommation à l’horizon 2029.
Le chef de l’Etat, qui n’a pas manqué de mettre en évidence les réformes et les efforts déployés pour améliorer le climat des affaires en Algérie, a aussi souligné les démarches visant à préserver le pouvoir d’achat. Il a affirmé que les mesures prises, notamment liées à la protection et à l’encouragement du produit national ainsi qu’à l’orientation vers les exportations hors hydrocarbures, ont permis une meilleure maîtrise du taux d’inflation, qui a baissé de manière considérable pour atteindre 2 % en 2026, après avoir dépassé les 11 % au cours des années précédentes.
Relations solides avec l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne
Le président Tebboune s’est, en outre, longuement exprimé sur la coopération bilatérale avec plusieurs pays, principalement avec l’Allemagne, dont les relations ont atteint « un niveau d’excellence », et ce grâce aux projets en cours de lancement dans de nombreux domaines, à l’instar de l’industrie et de l’énergie.
Le projet Opel de fabrication locale de moteurs automobiles permettra à l’Algérie d’accéder de manière effective au domaine de l’industrie mécanique de précision, en s’appuyant sur les sciences appliquées orientées vers l’industrie, conformément aux spécificités de l’économie nationale, a signalé le Président, qui dit que l’Algérie aspire à devenir le « principal fournisseur » de l’Allemagne en hydrogène vert, à travers un gazoducgazoduc Un gazoduc est une canalisation destinée au transport de matières gazeuses sous pression, la plupart du temps des hydrocarbures. Selon leur nature d'usage, les gazoducs peuvent être classés en trois familles principales : 1- gazoducs de collecte, ramenant le gaz sorti des gisements ou des stockages souterrains vers des sites de traitement. 2- gazoduc de transport ou de transit, acheminant sous haute pression le gaz traité (déshydraté, désulfuré, ...) aux portes des zones urbaines ou des sites industriels de consommation 3- gazoducs de distribution, répartissant le gaz à basse pression au plus près des consommateurs domestiques ou des petites industries. passant par l’Autriche, évoquant l’étude de la possibilité de consacrer de vastes superficies à la création de centrales solaires et d’acheminer l’électricité produite vers l’Europe via l’Italie, qui reste un partenaire privilégié. L’industrie pharmaceutique figure aussi parmi les secteurs clés d’une coopération renforcée avec l’Allemagne reposant sur un transfert de technologies vers l’Algérie.
Avec l’Espagne, M. Tebboune a fait savoir que plusieurs accords bilatéraux concernant divers secteurs économiques, y compris celui de l’énergie, seront étudiés et signés lors de la rencontre prévue en octobre prochain entre les deux parties.
S’agissant des exportations d’hydrocarbures, le président de la République a souligné que l’Italie vient en tête des importateurs de gaz algérien, suivie de l’Espagne en deuxième position puis de la France.
Ouvrir davantage le marché européen aux produits algériens
Avec l’Union européenne, c’est une relation gagnant-gagnant qui est réclamée par l’Algérie, qui demande, depuis longtemps, la révision de l’accord d’association. Le dossier a été à nouveau remis sur la table par le président Tebboune, lequel a souligné l’importance de la révision de cet accord, qui doit être mis à jour selon la nouvelle donne de l’économie algérienne, productive et diversifiée.
Selon lui, la nouvelle situation économique de l’Algérie exige une révision de l’accord d’association avec l’Union européenne conclu en 2005 en tenant compte des capacités dont dispose désormais l’économie algérienne grâce à la diversification de sa production, citant, à titre d’exemple, le secteur du ciment, dont l’Algérie importait 3 millions de tonnes en 2016, avant que ses capacités de production ne dépassent 40 millions de tonnes dont une partie est destinée à l’exportation. Il a estimé que les bonnes relations qu’entretient l’Algérie avec la quasi-totalité des pays européens permettent d’engager le processus de révision de l’accord d’association, indiquant avoir insisté, lors de ses rencontres avec les dirigeants européens notamment italiens, allemands et espagnols, sur la nécessité d’ouvrir davantage le marché européen aux produits nationaux. Une demande algérienne qui a été favorablement accueillie par plusieurs pays, à leur tête l’Italie.