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Nationale

Incendies criminelles : le retour de la peine capitale

Incendies criminelles : le retour de la peine capitale

Face à la tragédie des récents feux de forêt ayant ravagé le centre et l’est du pays, l’Algérie s’apprête à opérer un tournant répressif historique. Le président de la République a décidé de briser le moratoire en vigueur depuis 1993 en ordonnant, ce dimanche, l’application stricte de la peine de mort à l’encontre des pyromanes, marquant ainsi une rupture nette avec la position diplomatique récente du pays.

Réuni au siège de la Présidence avec de hauts responsables civils et militaires, Abdelmadjid Tebboune a fixé un ultimatum au 15 septembre pour que le ministre de la Justice modifie le Code pénal. L’objectif est de réinstaurer l’exécution effective de la peine capitale pour les individus coupables d’incendies volontaires, une fois toutes les voies de recours épuisées. Ce texte sera soumis au Gouvernement dès cette semaine avant d’être présenté à l’Assemblée populaire nationale.

Jusqu’à présent, la législation algérienne réservait déjà la peine suprême à une série de crimes majeurs, tels que la trahison, l’espionnage, le meurtre aggravé, la castration entraînant la mort, les actes de torture ou de cruauté, l’enlèvement, le vol aggravé, la contrefaçon, le parjure menant à une condamnation à mort et certaines infractions militaires, ainsi que leurs tentatives.

Le Code pénal punit également de la peine de mort la participation à des bandes armées ou à des mouvements insurrectionnels, de même que les actes de terrorisme incluant les tentatives de changement de régime, l’incitation à la haine, la destruction de territoire, les massacres et le sabotage des services publics. Cependant, en matière d’incendie criminel, de destruction d’équipements militaires ou d’attentat à l’explosif, la peine capitale n’était encourue que si l’acte entraînait la mort d’une personne. La nouvelle mesure vise donc à supprimer ce préalable, rendant l’incendie volontaire passible d’exécution quelle que soit la gravité des conséquences humaines.

Cette fermeté marque une inflexion majeure. L’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993 et avait même parrainé, fin 2020, une résolution de l’ONU en faveur d’un moratoire universel. Néanmoins, face à des départs de feu simultanés et suspects en pleine nuit, le chef de l’État a averti que la justice se montrerait implacable envers les suspects déjà arrêtés.

En parallèle du volet répressif, un plan d’urgence est déployé pour relancer les zones sinistrées. Le gouvernement s’engage à indemniser intégralement toutes les victimes, tandis que la remise en état des réseaux vitaux d’eau, d’électricité, de gaz et de télécommunications doit s’achever d’ici samedi. Le relogement immédiat des habitants touchés et la révision des normes de construction en zone forestière complètent ce dispositif de crise.



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