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Nationale

Imzouren, nouveau fief de la révolte rifaine

Imzouren, nouveau fief  de la révolte rifaine

La tension ne retombe pas dans la province d’Al Hoceima malgré le blackout médiatique imposé par les autorités marocaines. De nombreux journalistes étrangers ont vu leurs demandes de visas refusés. Mais l’épicentre de la révolte populaire s’est déplacé d’Al Hoceima à Imzouren, une ville connue pour ses revendications identitaires.

La contestation prend même une ampleur au cinquième jour des débuts des manifestations qui fait peur au roi du Maroc obligé d’annuler sa visite au Liberia ou il devait prendre part au 51ème sommet de la CEDEAO, qui devrait, notamment, examiner le dossier déposé par le Maroc pour rejoindre ce groupement régional en tant que membre à part entière.

En effet de nouveaux affrontements ont été éclatés hier à Imzouren entre forces de l’ordre et manifestants qui réclamaient la libération des détenus du « Hirak ».

Ces heurts se sont produits juste après la prière du vendredi. Une fois la prière terminée, une marche a été organisée. Les éléments de la police et des forces auxiliaires sont intervenus pour la disperser avec plus de férocité et d’agressivité. Aux jets de pierres, les forces de l’ordre répliquaient par des jets d’eaux et des matraques. Plusieurs blessés ont été signalés parmi les manifestants.

Un appel à la désobéissance civile a été par le mouvement Hirak. Dans le Rif, la province d’Al-Hoceima est secouée depuis six mois par un mouvement de contestation populaire pour exiger le développement de la région. Les contestataires reprochent aux responsables locaux choisis par le Palais de détournement de milliards en dirham destinés à la modernisation de la ville. 

Défiant le Makhzen depuis des mois par ses harangues enflammées, Nasser Zefzafi, le leader de ce mouvement, est recherché depuis vendredi soir par la justice pour avoir interrompu le prêche d’un imam dans une mosquée de la ville.

Des manifestations nocturnes ont eu lieu vendredi et samedi à Al-Hoceima et dans d’autres localités de la province, avec à chaque fois des incidents violents entre manifestants et policiers.

Le roi Mohammed VI avait prévu de se rendre, les 3 et 4 juin courant à Monrovia, à l’occasion du 51ème Sommet de la CEDEAO pour rencontrer le Premier ministre israélien Netanyahou a décidé contre toute attente d’annuler son voyage craignant une recrudescence de la protesta qui ne faiblit pas. Après l’interpellation de Nasser Zefzafi, Nabil Ahmajik est le nouveau visage du « Hirak » à Al Hoceima.

Hier, il a lancé un appel à une grève générale de trois jours. En prévision de cette opération « ville morte », il a invité les habitants à s’approvisionner en quantités suffisantes de produits alimentaires pour tenir durant les journées de grève. Ahmajik a d’ailleurs lancé un hashtag sur Facebook appelant à la désobéissance civile à Al Hoceima. RSF accuse le Maroc vouloir « étouffer les événements dans le Rif »

L’organisation non-gouvernementale de défense des droits des journalistes Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé, vendredi, les exactions contre des journalistes venus couvrir les manifestations, qui secouent le Rif (Maroc). Indiquant qu’elle a déjà recensé deux arrestations, trois disparitions et l’expulsion d’un journaliste algérien, Djamel Alilat, l’ONG a estimé que les autorités marocaines veulent étouffer les événements dans le Rif.

RSF a rappelé dans un communiqué que « le 28 mai 2017, Djamal Alilat, grand reporter du journal algérien El Watan, a été interpellé à Nador. Il a été depuis expulsé du territoire marocain après avoir passé plus de 24h en détention, sans que l’on lui restitue son matériel saisi ».

L’ONG de défense des droits des journalistes a, par la même occasion, souligné que les autorités « ont invoqué l’absence d’une autorisation de tournage, prétexte trop souvent utilisé et soumis à l’arbitraire au vu du manque de transparence dans les critères d’octroi de ces autorisations et de l’absence d’une notification de refus motivée dans des délais raisonnables ».

Pour Virginie Dangles, rédactrice en chef de RSF, « il est essentiel de laisser les journalistes et journalistes-citoyens couvrir les événements du Rif, au risque sinon de voir cette région devenir, comme l’est actuellement le Sahara occidental, une zone de non-droit pour l’information indépendante ».

La même responsable de RSF a appelé les autorités marocaines à libérer les journalistes-citoyens marocains actuellement détenus pour avoir exercé leur droit d’informer et de faire cesser les menaces et les poursuites à leur encontre. 

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