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Nationale

Nouveau scandale: Du blé au charbon importé d’Estonie

Nouveau scandale: Du blé au charbon importé d’Estonie

Moins d’un mois et demi après la découverte par les experts de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) d’une importante quantité de blé avarié au fond d’une cargaison en provenance de Lituanie, une autre affaire vient d’être révélée concernant une opération d’importation du même produit céréalier en provenance d’un pays voisin de la Lituanie, l’Estonie en l’occurrence. Cette fois-ci, il s’agirait d’un produit mélangé à du charbon.

Le contrôle d’une cargaison arrivée samedi au port de Ghazaouet, dans la wilaya de Tlemcen à l’ouest du pays, a révélé que pas moins de 2 600 tonnes de blé tendre étaient mélangés à du charbon toxique pouvant empoisonner les consommateurs, a-t-on indiqué au Jeune indépendant.
Une découverte qui aurait poussé les responsables de l’OAIC à solliciter les parties sécuritaires et judiciaires pour prendre les mesures inhérentes à la situation à l’encontre du navire ayant accosté au port de la ville de l’ouest du pays, selon les mêmes sources.

Le bateau transportait près de 28 500 tonnes de blé tendre en provenance du pays nord européen sur la base d’une transaction commerciale conclue via un appel d’offres international lancé deux mois plus tôt par l’Office algérien interprofessionnel des céréales. Le déchargement a commencé il y a une semaine sous l’égide d’experts de l’office, en collaboration avec des techniciens du ministère de l’Agriculture et en présence des agents de la Douane nationale. La découverte a été faite au fond des containers, ce qui a contraint les chargés de l’opération d’informer le procureur près le tribunal de Ghazaouet, lequel a instruit un huissier de justice afin de faire un constat de fait, sur la base duquel une instruction de saisie conservatoire a été ordonnée par le magistrat.

La société importatrice a, de ce fait, été informée et l’affaire devrait connaître son épilogue sur la base des clauses du contrat qui lie les deux parties. Selon une source digne de foi, la société importatrice aurait argué que les containers utilisés pour le transport du blé vers l’Algérie n’avaient pas été «nettoyés» après avoir servi au transport de charbon lors d’une précédente transaction commerciale avec un autre pays.

Une affaire presque similaire, rapportée par le Jeune Indépendant, avait éclaté à la fin du mois de novembre 2020 et qui avait conduit au limogeage du directeur de l’OAIC. Cela avait conduit également le ministre de l’Agriculture et du Développement rural à réagir, deux semaines plus tard, lors d’un point de presse. Abdelhamid Hamdani avait alors expliqué qu’il s’agissait «d’une opération commerciale entre deux parties régies par un cahier des charges», précisant que les mesures nécessaires avaient été engagées et qu’il ne pouvait pas s’exprimer à ce sujet tant que ces mesures étaient en cours. Il avait assuré au passage que l’Etat ne «prendra aucun risque concernant la santé des consommateurs». «Ce n’est pas la première fois que notre pays importe. Tous les pays du monde importent et exportent», avait-il rappelé, ajoutant que «lorsqu’il y a des preuves qu’une marchandise n’est pas conforme au cahier des charges, il y a des mesures qui sont prises par les parties concernées et nous en sommes à cette étape là».
Pour rappel, une enquête menée par le groupement de la Gendarmerie nationale d’Alger sur une cargaison d’une trentaine de milliers de tonnes de blé tendre «impropre à la consommation» en provenance de Lituanie avait conduit à la saisie d’une bonne partie de la marchandise. Cette dernière, importée du pays nord-européen sur la base d’un appel d’offres international commun lancé par l’Office algérien interprofessionnel des céréales, a été prise en charge par une compagnie française spécialisée dans le transport maritime, Louis Dreyfus Armateurs (LDA), sous contrat depuis plusieurs années avec l’organisme en charge des produits céréaliers algérien.
Des inspecteurs de l’office avaient alors découvert une importante quantité de «blé de couleur rougeâtre», qui s’avéra être composée de graines ayant reçu un traitement chimique pouvant constituer un danger pour le consommateur. Ce qui a poussé les responsables au niveau du port à suspendre le déchargement et à envoyer un rapport à la tutelle ainsi qu’ aux services de sécurité.

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