Importation des moutons de l’Aïd : L’APOCE réclame l’indemnisation des familles lésées
L’affaire des irrégularités présumées ayant entaché l’importation des moutons destinés à l’Aïd El-Adha prend une nouvelle dimension. Quelques heures après les révélations du procureur général près la cour d’Alger sur les premiers résultats de l’enquête, le président de l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (APOCE), Mustapha Zebdi, a appelé les pouvoirs publics à indemniser les familles ayant acquis des moutons malades et à établir les responsabilités.
Selon M. Zebdi, plusieurs consommateurs auraient reçu des animaux présentant des problèmes sanitaires, certains moutons étant morts ou devenus impropres au sacrifice peu avant ou le jour même de l’Aïd. Il affirme que ces cas ont été signalés et documentés au moyen de certificats vétérinaires et de photographies.
Le président de l’APOCE a demandé l’intervention des autorités, notamment du Premier ministre, afin que les familles concernées obtiennent réparation. Il a également appelé l’entreprise publique Alviar, chargée de l’opération d’importation, à assumer ses responsabilités dans ce dossier.
Ces déclarations interviennent alors que le procureur général près la cour d’Alger, Mohamed El Kamel Ben Boudiaf, a présenté les conclusions préliminaires des investigations ouvertes à la suite de soupçons de graves irrégularités ayant marqué cette vaste opération d’importation.
Selon le magistrat, le parquet du pôle pénal économique et financier a ordonné l’ouverture d’une enquête approfondie, menée avec le concours de plusieurs services spécialisés de la Gendarmerie nationale, de la Sûreté nationale ainsi que des services de sécurité compétents.
Les investigations portent sur une opération ayant permis l’importation d’environ un million de têtes ovines entre le 25 mars et le 29 mai 2026 au profit de l’entreprise algérienne des viandes rouges.
D’après les premiers éléments de l’enquête, une inspectrice vétérinaire affectée au poste frontalier de Béjaïa aurait adressé un avertissement officiel au directeur général des services vétérinaires du ministère de l’Agriculture avant le déchargement d’une cargaison, signalant la présence de symptômes évocateurs de maladies contagieuses au sein du cheptel.
Toujours selon les conclusions préliminaires présentées par le parquet, aucun refus d’entrée de la cargaison n’aurait été prononcé, malgré ces alertes. Une commission de trois vétérinaires aurait été dépêchée sur place, dont deux membres ne disposaient pas de l’expérience requise, afin d’évaluer la situation.
L’enquête fait également état de lourdes pertes, avec la mort de 3 615 moutons, l’abattage sanitaire de 10 727 autres ainsi que la mise sous surveillance de plusieurs milliers de têtes.
Les investigations ont, en outre, mis en évidence de présumées manœuvres frauduleuses dans le pays d’origine. Selon le parquet, des moutons préalablement agréés auraient été remplacés, avant leur embarquement vers l’Algérie, par d’autres animaux dont l’origine n’était pas identifiée.
L’enquête judiciaire se poursuit afin de déterminer les responsabilités et d’établir l’ensemble des circonstances ayant entouré cette opération d’importation, tandis que les consommateurs concernés attendent désormais les mesures qui pourraient être prises en leur faveur.