Faute de pluie, la sècheresse menace l’agriculture
Hormis les fortes précipitations qui ont affecté plusieurs régions du pays aux mois d’octobre et novembre passés, les pluies ont «déserté» le ciel de l’Algérie, qui est classée comme étant un pays aride. Le pays accuse un important déficit pluviométrique qui n’est pas sans conséquences sur le programme de distribution d’eau potable mais aussi sur la production agricole. L’adoption d’une stratégie urgente pour faire face au spectre de la sécheresse qui plane s’impose.
C’est tellement sec ! Aucune précipitation n’est survenue depuis le début de l’année. Salat el-istisqa (prière pour la pluie), accomplie deux fois (20 décembre et 20 janvier), à l’appel du ministère des Affaires religieuses, sont restées vaines.
Cette situation devient de plus en plus une source d’inquiétude pour les citoyens qui souffrent déjà d’un manque flagrant d’eau potable en raison de l’application, depuis l’été passé, d’un programme d’urgence d’alimentation en eau potable, notamment au niveau de la capitale, et ce en raison de la raréfaction des ressources en eau. Les choses risquent de se compliquer davantage si jamais ce déficit en précipitations persiste.
Depuis quelques jours, nombreux sont les habitants de la capitale à avoir signalé de nouvelles perturbations dans l’alimentation en eau potable, s’interrogeant déjà sur la situation qui va prévaloir l’été prochain. Ils craignent l’application d’un nouveau programme de distribution qui acterait de nouvelles restrictions. La Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL) a rassuré les usagers, via un communiqué rendu public hier, affirmant que les perturbations dans l’alimentation en eau potable dans 25 communes de la capitale sont dues à une panne au niveau de la station de dessalement d’El-Hamma. Un retour progressif à la normale est prévu à partir d’aujourd’hui.
Néanmoins, le quotidien des Algérois notamment va encore rythmer avec les coupures d’eau. Les précipitations des mois d’octobre et de novembre passés n’ont pas changé les choses. Lamia Lahtihate, chargée d’études au ministère des Ressources en eau, avait affirmé que les restrictions dans l’alimentation en eau potable allaient demeurer car il est question de reconstituer les réserves pour préparer l’année d’après, surtout qu’on ne peut présager les précipitations en raison du dérèglement climatique.
Selon elle, pour faire face au stress hydrique, le ministère des Ressources en eau a ajusté ses stratégies afin de renforcer les ressources naturelles en eau par des sources non conventionnelles (dessalement d’eau de mer, réutilisation des eaux épurées…). Il est question d’augmenter les capacités nationales de dessalement d’eau de mer avec la réalisation de stations de 300 000 m³ chacune. Cinq, jugées prioritaires, à Oran, Alger-Est et Ouest, Béjaïa et El-Taref sont déjà inscrites au programme de 2022/2024. L’entrée en service de ces stations de dessalement d’eau devrait régler la crise de l’alimentation en eau potable au niveau de la capitale.
L’été passé, le président de la République avait fait état d’une décision pour l’alimentation de la capitale à hauteur de 70% à partir de l’eau de dessalement, et ce à la faveur de la réalisation de plusieurs nouvelles stations de dessalement à l’est et à l’ouest d’Alger, le but étant de réduire à 20% le recours aux eaux de barrages, dont le taux de remplissage est estimé à 36,24% au mois de décembre passé. La persistance du déficit pluviométrique affectera également le secteur de l’agriculture, d’autant qu’il est très dépendant de la pluviométrie.
Cependant, après un mois sec et ensoleillé, le retour des pluies est attendu à partir d’aujourd’hui sur les régions du centre et de l’est du pays, selon un BMS émis par l’Office national de la météorologie.