Fête de l'Independence : Ces «22» qui ont fait le choix de la patrie  – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Fête de l’Independence : Ces «22» qui ont fait le choix de la patrie 

Fête de l’Independence : Ces «22» qui ont fait le choix de la patrie 

La grande épopée du 1er novembre 1954 ne fut possible si ce n’était la volonté de fer d’un groupe de militant du mouvement national qui a décidé de dépasser coute que coute l’impasse dans laquelle le parti PPA-MTLD c’était fourvoyé.

Ils étaient 22 à transcender le conflit né une année plus tôt entre le doyen du mouvement Messali Hadj, fort de son passé militant et dont le charisme a été poussé à son paroxysme pour finir en culte de la personnalité et en zaïmisme, et le Comité central qui conteste les dérives du Zaïm et qui a décidé de découdre avec le «patriarche».

Mu par cette volonté inébranlable de dépasser les contradictions du PPA-MTLD, ce groupe qui va entrer dans l’histoire sous le nom de «Groupe des 22», a bousculé l’ordre colonial en jetant les bases d’une des plus grandes révolutions du XXème siècle.

Et ce n’est pas un hasard si le plus gros des «troupes» qui allaient se réunir dans la maison du militant Lyes Derriche au Clos Salambier (El-Madania, actuellement) étaient issues de l’Organisation spéciale (OS), bras armé du PPA-MTLD, créée en 1947 pour préparer le soulèvement révolutionnaire.

L’affaire de la poste d’Oran a précipité le démantèlement de cette organisation en 1950. Un noyau de cinq militant : Mostefa Ben Boulaïd, Mohamed Boudiaf, Mourad Didouche, Larbi Ben M’hidi et Rabah Bitat a décidé de passer à l’action. Celle-ci n’était envisageable qu’après la fin de la scission entre les deux factions du parti. L’heure était donc à l’unité et à l’action. La troisième voie sensée réunifier Messalistes et Centralistes se voulait révolutionnaire, c’était le Comité Révolutionnaire pour l’Unité et l’Action, le CRUA qui verra le jour en mars 1954.

Les tentatives de médiations entre les deux factions rivales du parti ont été un échec. Ni Messali en résidence surveillée à Niort, ni les Centralistes de Abderrahmane Kiouane, Hocine Lahouel et Benyoucef Ben Khedda n’ont répondu favorablement aux sollicitations du CRUA. Ce dernier se devait de transcender ce blocage qui risquait d’être fatal pour le mouvement révolutionnaire. Et afin d’étudier la seule option qui reste sur la table que les membres du CRUA se réunissent le 24 juin 1954 autour d’un couscous dans la maison des Derriche. 

Présidée par Ben Boulaïd, la réunion des «22» a posé les jalons d’une dynamique inéluctable : le processus révolutionnaire. Les anciens de l’OS, riche de leur expérience de clandestinité et d’organisation élaborée par Mohamed Belouizdad, ont longuement débattu l’option de la révolution. Les plaidoiries de Didouche, les recommandations rapportées par Boudiaf n’arrivent pas à convaincre certains militants qui formeront le groupe de Constantine.

Ces militants réclament davantage de temps, afin d’adhérer pleinement à la révolution. Didouche dira en septembre 1954, à Constantine même que «ceux qui ne marchent pas avec nous nous seront pris par la France», un propos rapporté par Abdesselam Habbachi, membre de ce groupe dans ses mémoires.

Parmi les recommandations de la réunion du Clos Salambier, la création de cinq zones dirigées par les coordinateurs du CRUA : la zone 1 Aurès-Nememcha dirigée par Ben Boulaïd, la zone 2 Nord-Constantinois (Didouche), la zone 3 Kabylie qui devait être dirigée par Belkacem Krim (absent à la réunion), la zone 4 Algérois (Bitat) et zone 5 Oranie (Ben M’hidi). Boudiaf devait assurer la coordination avec la délégation extérieure au Caire (Aït Ahmed, Ben Bella et Khider).

La mise en place de principes généraux de la geste révolutionnaire allait codifier les rapports aux seins du commandement de la Révolution : l’approvisionnement en armes et provisions, le financement de la lutte et privilégier la lutte de combat. Autant de points que la réunion de juin allait affiner avec l’ultime réunion du 23 octobre 1954 au domicile de Mourad Boukachoura. Krim s’est joint au groupe des 5 devenant de facto le groupe des 6.

Le CRUA allait se transformer en une nouvelle structure : le Front de Libération Nationale (FLN) avec son bras armé l’Armée de Libération Nationale (ALN), la date de la Toussaint, le 1er novembre est choisie pour être la date du début de la Révolution. Une proclamation signée par le Secrétariat général est rédigée, reproduite à la ronéo à Ighil Imoula avant d’être distribuée en Algérie pour atterrir en Egypte et lue à la radio Sawt al-Arab du Caire.

C’est dire que l’épopée d’un groupe a permis à un peuple de se lever tel un seul homme pour entreprendre la marche de l’histoire en lançant une levée révolutionnaire, des plus épique et héroïque du XXème siècle. Ces «22» ont choisi la patrie et non pas le parti (PPA-MTLD). Mohamed Boudiaf avait prévenu les centralistes récalcitrants de Blida : «la révolution on la fera, même avec les singes de la Chiffa». L’Histoire avec un grand H leur a donné raison. Après 7 ans de lutte et un million et demi de martyrs, l’Algérie recouvrait sa souveraineté et revenait de plein pied dans le concert des Nation.

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