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Nationale

Il veut avoir des discussions avec Bouteflika : Macron sous influence ?

Il veut avoir des discussions avec Bouteflika : Macron sous influence ?

Le président français Emmanuel Macron a eu, jeudi dernier, un entretien téléphonique avec le président Abdelaziz Bouteflika, rapporte l’agence Reuters.

Macron a indiqué qu’il avait informé son homologue algérien de son déplacement au Mali : « Je lui ai fait part (…) de mon souhait de pouvoir en parler avec l’Algérie de manière très franche », a-t-il déclaré avant d’affirmer, ajoute-t-on de même source, « que rien ne permettait de confirmer le soutien présumé d’Alger à Iyad Ag-Ghali », le chef du mouvement Ansar Eddine.

Cette dernière phrase donne à penser que cette information lui a été soufflée par un journaliste local qui suppose des liens étroits entre le chef djihadiste et les autorités algériennes.

Ce n’est pas la première fois que cette information est colportée par des médias. Il suffit juste de jeter un coup d’œil sur la presse marocaine pour savoir d’où et pourquoi cette rumeur est lancée. En effet, la presse marocaine n’a cessé, depuis les accords d’Alger signés en 2015 entre la République du Mali et la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), et avant, même, de vouloir nuire à l’Algérie en publiant des informations sur le supposé lien existant entre Iyad Ag Ghali et les autorités algériennes.

En vérité le Maroc, qui n’a pas supporté que sa diplomatie soit écartée des discussions entre les principales parties maliennes, a décidé de mener une véritable campagne de manipulation et d’intox pour torpiller les accords.

De plus, et non content de créer un autre groupuscule terroriste, le Mujao, opérant dans cette région, le Maroc est passé à la vitesse supérieure en infiltrant certains journalistes maliens, trop heureux de percevoir des cadeaux en échange de leur sale boulot.

D’ailleurs le nouveau Président français a évoqué les accords d’Alger dans son discours prononcé à Gao devant les forces françaises au Sahel : « Le chemin qui mène à une paix durable est long. Il faut le parcourir avec détermination, avec constance.

Il suppose d’abord la sécurité, il suppose la présence des forces armées, il suppose ensuite une feuille de route politique, diplomatique fixée clairement. Ce sont les accords d’Alger, pour lesquels l’action à conduire doit s’accélérer et toutes les responsabilités doivent être prises », a-t-il déclaré.

En indiquant qu’il avait informé le président Bouteflika de son déplacement au Mali, Macron vise à conforter la place et le rôle de l’Algérie dans le règlement de ce conflit. Bien qu’il ait publiquement souligné le rôle d’Alger dans le règlement de ce conflit qui n’a que trop duré, le Président français a, dans le même temps, lâché une phrase qui ne devrait pas plaire aux autorités algériennes. Il a indiqué qu’il souhaitait parler avec les autorités algériennes « de manière très franche ». En disant cela, Macron laisse planer un doute.

De quoi veut-il parler avec les responsables algériens ? Est-ce à dire que jusqu’ici les autorités algériennes avaient « caché des choses » à François Hollande, qui seraient parvenues aujourd’hui à Macron ? Cette sortie aura certainement des répercussions sur les relations futures avec le nouveau locataire de l’Elysée, qui a enregistré son premier couac en se pliant au lobby marocain.

De fait, le Président français a donné son feu vert pour le remplacement de la candidate d’En Marche aux législatives, la franco-algérienne Leila Aichi par une franco-marocaine.

La candidate évincée a été la proie d’une terrible campagne médiatique et diplomatique de la part des médias marocains et de certains lobbyistes en France. Difficile de supputer pour l’instant les futures relations entre les deux pays qui ont connu, avec le président sortant François Hollande, un semblant de normalité.

Le futur ambassadeur français à Alger Xavier Driencourt, qui doit prendre ses fonctions en septembre en remplacement de Bernard Emié, aurait déjà saisi le contexte en préférant parler de réalisme plutôt que d’avenir : « Nous constatons qu’entre la France et l’Algérie se développent des discours généraux, voire creux.

Il faut maintenant passer à une étape supérieure, à une période de projets concrets », a-t-il déclaré lors d’une rencontre intitulée « La relation France-Algérie : hier, aujourd’hui, demain », organisée la semaine dernière par des associations franco-algériennes.

Driencourt a surtout insisté sur le fait qu’il faudra, entre les deux pays, faire avancer des projets concrets et précis après les avoir identifiés et définis, suggérant de construire ce partenariat dans un cadre plus large qui engloberait les trois pays du Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc) avec les trois autres pays du Nord (France, Italie et Espagne).

Dans ce sens, il a appelé les binationaux à jouer un rôle important dans le raffermissement des liens entre la France et l’Algérie « en intégrant des projets dans les divers domaines et en faisant un travail utile pour les deux pays », explique-t-il.

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