-- -- -- / -- -- --
Culture

«Il n’y a pas de chômage pour les jeunes à Ghardaïa»

«Il n’y a pas de chômage  pour les jeunes à Ghardaïa»

Le ministre de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de l’Artisanat, Amar Ghoul, vient d’effectuer, en compagnie de Aïcha Tagabou, ministre déléguée chargée de l’Artisanat, une visite d’inspection et de travail de trois jours dans la wilaya de Ghardaïa. Cette visite coïncide avec un évènement culturel d’une portée significative, à savoir la fête du tapis qui se déroule au printemps. Cette fête est une image vivante de la vie économique, artisanale et culturelle de la région.

Effectivement, assister à une fête du tapis est une occasion unique. En peu de temps, on peut faire un tour d’horizon sur les riches et diverses potentialités et capacités de cette magnifique région du Sud. Quand un visiteur arrive à Ghardaïa, à d’autres moments que celui-ci, la population est éparse.

Mais avec la fête du tapis, tout le monde est rassemblé, marquant ainsi un intérêt et un attachement sincère à cette grandiose manifestation, qui constitue un reflet de leur personnalité. On peut y voir les familles accompagnées de leurs enfants, souvent en bas âge, mais aussi ces mères de famille qui, par tradition ancestrale, sortent très rarement de leur foyer.

Il n’y a pas de chômage pour les jeunes à Ghardaïa

La fête du tapis traduit l’authenticité des traditions. Ici, l’habitant de Ghardaïa apparaît avec ses coutumes, son art de vivre, sa personnalité, son identité, à la lumière de son passé, de son présent mais aussi de ses perspectives pour le futur.

Le passé se reflète dans le présent qui hérite ainsi des belles valeurs de ses lointains ancêtres qui se sont installés il y a dix siècles dans cette vallée isolée au climat extrême, étouffant en été et glaciel en hiver. Ces pionniers musulmans, animés par une foi ardente, ont réalisé des merveilles. Grâce à une architecture extrêmement savante, ils ont su vaillamment se protéger contre un climat dur et impitoyable. 

Avec des procédés de construction subtils et fortement intelligents, ils ont édifié d’admirables cités, et ce uniquement et exclusivement avec des matériaux locaux. Le résultat est fascinant. Non seulement il fait bon vivre dans ces maisons, quelle que soit la saison et sans climatisation artificielle, mais ces maisons ont surtout battu des records de longévité par leur durabilité presque éternelle. Mieux encore, ces cités sont harmonieusement adaptées à l’environnement car se fondant au relief accidenté de la région, où la pollution est inconnue.

Un rêve non encore réalisé dans les villes modernes aux technologies de construction pourtant très avancées. Cet extraordinaire génie architectural des habitants de Ghardaïa a séduit le monde, attirant des experts de l’urbanisme venus de partout pour s’en inspirer. Aussi, ce n’est pas sans raison que la vallée du M’zab a été classée et inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

Il faut ici faire mention de l’esprit de piété et de foi inébranlable en l’islam des habitants de Ghardaïa, un islam authentique, dénué de violence et d’intégrisme. Les cinq prières sont faites dans les temps et pratiquement aucune ville d’Algérie ne compte autant de savants de la foi qu’à Ghardaïa. La vie des habitants de Ghardaïa est caractérisée par un esprit d’entreprise, hérité de leurs glorieux ancêtres. Il n’y a pas de chômage à Ghardaïa.

Il est interdit à un jeune de s’adosser au mur et de paresser. D’ailleurs, pour éviter la délinquance, les bars sont strictements interdits. Quant à la drogue, le fait d’en parler seulement constitue un sacrilège. En un mot, la devise de Ghardaïa dans son rapport à la jeunesse en particulier et à la société en général se résume à : « Un corps sain dans un esprit sain ». Les jeunes sont pris en charge dès leur enfance.

On les a vu défiler, en tenue de scout au cours de la fête du tapis, avec à leur tête une fanfare, maîtrisant à la perfection les rythmes de la marche. D’ailleurs, c’est cette fanfare qui a joué l’hymne national pour l’inauguration de cette fête. Les paroles ont été reprises en chœur par l’ensemble du public, ravi de déclamer un texte, appartenant à un poème sublime de l’illustre Moufdi Zakaria, digne fils de Ghardaïa. 

A l’aurore, tout le monde est déjà actif pour le bien de la communauté. La région de Ghardaïa compte de nombreuses unités industrielles et alimente le territoire national en accessoires de mobilier, de plomberie, en matériel de cuisine et même en appareils électriques et de gaz. Avec l’expérience acquise ici, l’industrie automobile trouverait à Ghardaïa un terrain fertile et florissant pour la sous-traitance.

L’esprit d’entraide est total à Ghardaïa. Les gens pauvres, les personnes démunies, les populations sans ressource sont vite pris en charge par la communauté. Même le logement est garanti par les habitants. A Ghardaïa, on ne compte pas sur l’AADL pour avoir un toit. On compte sur ses propres moyens et sur l’assistance solidaire et désintéressée de la communauté. 

A Ghardaïa, les valeurs authentiques du vivre ensemble sont sauvegardées, préservées et entretenues, et cela dans des domaines aussi divers que la vie économique, la vie sociale, le rite religieux. Un exemple édifiant dans notre monde d’aujourd’hui où règne impitoyablement, dans tous les continents, les valeurs inversées.

Le tourisme, un potentiel inépuisable

Les perspectives sont prometteuses à Ghardaïa. Le défilé de chars marquant la fête du tapis en témoigne. Près d’une vingtaine de chars ont en effet défilé pendant de longues heures, démontrant le riche potentiel économique et touristique de la région de Ghardaïa.

Ces chars représentaient non seulement la ville de Ghardaïa mais aussi les localités environnantes, à l’image de Hassi Lafhal, El-Ateuf, Berianne, Zelfana. L’artisanat est florissant avec le tissage fin de ses tapis et la décoration privilégiant les motifs berbères.
Tout cela traduit une fidélité sans faille au patrimoine culturel et à leurs profondes racines amazighes.

Les habitants sont d’ailleurs très fiers de l’officialisation de la langue amazighe. Ils vivent leur identité sans bruit, tout en affirmant avec force leur lien avec l’unité nationale. Connus aussi pour leur hospitalité légendaire et le tourisme ne peut-être que florissant.

La vocation touristique de Ghardaïa a toujours été à l’avant-garde des planificateurs. Il existait déjà au temps du colonialisme un hôtel de la chaîne saharienne Transat. Dès l’indépendance, l’architecte Poullion a édifié un magnifique hôtel s’inspirant du style architectural de la région.

Cette réalisation a été suivie par la construction d’un autre espace dédié au tourisme, l’hôtel El-Djanoub. Immense, il compte six cents chambres dont la capacité peut dépasser mille lits. Son jardin, avec sa végétation saharienne constitue à lui seul un oasis paradisiaque. S’étendant sur sept hectares, l’hôtel El-Djanoub de Ghardaïa est le plus grand hôtel du Sud et du Grand Sud. Le tourisme à Ghardaïa représente une véritable évasion. Dans la nouvelle ville, le visiteur n’est pas agressé par les tours gigantesques en acier et en verre.

Ici, les habitations dépassent rarement un étage et sont peintes avec des couleurs apaisantes, en harmonie avec l’environnement. La circulation y est active sans toutefois qu’il y ait la pression occasionnée par des embouteillages sans fin. L’air y est sain et le climat sec est supportable, et ce même avec les chaleurs d’été et le froid glacial de l’hiver. La station thermale de Zelfana, distante d’une cinquantaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya, offre des séjours confortables pour se refaire une santé.

Œuvrer pour faire de Ghardaïa un pôle touristique d’excellence
La visite de Amar Ghoul, accompagné de Aïcha Tagabou, a permis de redynamiser ce secteur et d’entrevoir des perspectives d’avenir.

A cette occasion, il a déclaré être fier de l’esprit de créativité et d’innovation des habitants de Ghardaïa. Il a manifesté la volonté de faire de Ghardaïa un pôle d’excellence dans le tourisme. Pour cela, il envisage de doubler, à court terme les capacités d’hébergement dans la région.

Le tourisme est un grand atout pour l’Algérie, et Ghardaïa y détient une place importante. Il faudrait faire en sorte qu’à l’avenir, les revenus du tourisme en Algérie atteignent les 10% du PIB, et cette ambition est réalisable vu la réussite d’autres pays méditerranéens, à l’image des îles Baléares, toutes proches. M. Ghoul a prôné aussi le développement de l’artisanat pour le succès des actions en vue du redéploiement du tourisme.

Le ministre a mis à profit sa visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Ghardaïa pour visiter le chantier, en voie de finition de l’hôtel Belvédère, un trois étoiles construit par un investisseur privé. Fier de sa réalisation, il ne doute point de la rentabilité future de sa structure hôtelière rappelant avoir déja construit un hôtel de trente-cinq chambres à Ghardaïa qui affiche à ce jour toujours complet. Pour redynamiser le tourisme, les routes menant à Ghardaïa sont constamment améliorées.

Le dédoublement des voies se réalise à une cadence accélérée. La célèbre RN 1 menant vers Ghardaïa connaît déjà un imposant chantier depuis Médéa pour la construction d’une autoroute la reliant à celle de l’Est et de l’Ouest. La RN 1 est marquée par le dédoublement de voie à partir de l’entrée et de la sortie de chaque wilaya traversée pour aller à Ghardaïa, c’est-à-dire Médéa, Djelfa est Laghouat. L’ancienne route, remodelée, comporte tout le long de son parcours des marques de sécurité permettant aux conducteurs de garder leur droite et surtout de rester constamment sur la route.

Ces marques sont très précieuses pour la conduite de nuit. La RN 1 est très touristique. Elle traverse au niveau de Médéa de beaux paysages de montagne et aussi les immenses forêts de Djelfa. Cependant la route est longue d’Alger à Ghardaïa. Il faudrait au moins huit heures pour parcourir les six cent trente kilomètres.

Pour notre mission à Ghardaïa, l’équipe de communication du ministère de l’Aménagement du territoire, du Tourisme et de l’Artisanat, avec à sa tête le jeune Mohamed Meziane, s’est dépensée sans compter pour rendre le voyage agréable et porter assistance, pour la couverture du déplacement du ministre, à tous les représentants de la presse écrite et audiovisuelle sur place

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email