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Nationale

«Il n’a pas obtenu les contacts qu’il était venu chercher»

«Il n’a pas obtenu les contacts qu’il était  venu chercher»

La photo du président de la République Abdelaziz Bouteflika, postée par Manuel Valls le 10 avril dernier lors de sa visite officielle en Algérie, continue de suscite des réactions en haut lieu.

Hier c’était au tour du ministre des Affaires magrébines, de l’Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel, qui a qualifié le geste d’« acte de provocation » et a rappelé que porter atteinte aux symboles de l’Etat algérien « est une ligne rouge » à ne pas dépasser.

Messahel, qui s’exprimait sur les ondes de la radio nationale, a indiqué qu’un tel acte est « inacceptable » et « impardonnable » que l’Algérie condamne avec la plus grande énergie. Mais la réaction la plus attendue est venue du SG du FLN, Amar Saâdani, qui a gardé un silence pesant durant plus de vingt jours. 

Amar Saâdani, qui a invité à l’occasion de la journée internationale de la presse les journalistes des différents médias à l’hôtel Moncada, n’a pas manqué de commenter le geste de Valls en indiquant que le Premier ministre français « n’avait pas obtenu les contrats qu’il était venu chercher ». 

Selon Saâdani , Valls, après son retour d’Alger, « a voulu se venger en commettant cet acte et porter atteinte à Bouteflika ». Il s’agirait, selon lui, d’un acte délibéré d’un haut responsable français qui n’a pas obtenu ce qu’il voulait en termes de contrats juteux et mirobolants pour les entreprises françaises venues en grand nombre avec lui.

Le cas du projet d’implantation d’une usine Peugeot, remis aux calendes grecques, en est la parfaite illustration. Pourtant le dossier a été bien ficelé par le ministre de l’Industrie. La France, qui misait sur la signature de gros contrats avec la présence de pas moins de dix ministres dans sa délégation, est rentrée bredouille après que l’accord de signature du projet de construction d’une usine d’automobiles Peugeot-Citroën soit tombé à l’eau.

Bien avant Saâdani, Ahmed Ouyahia, chef de cabinet de la Présidence, a émis la même idée selon laquelle la partie française voulait faire pression pour obtenir davantage de marchés en Algérie. Selon Ouyahia, un groupe (en France) « n’admet pas que l’Algérie a des raisons de ne pas accorder certains contrats économiques ».

Louisa Hanoune, SG du PT, a accusé Manuel Valls d’avoir commis un gros impair en diffusant le tweet avec l’image du Président car il n’a pas « obtenu ce qu’il voulait ». C’est abattu et avec une mine des mauvais jours que le Premier ministre français a quitté l’Algérie, sans pouvoir influer sur quoi que ce soit.

Ce sera certainement son dernier voyage en Algérie. Sera-t-il à l’avenir personna non grata ? Cet acte désobligeant va-t-il réveiller ceux qui réclament, depuis des années, que la France présente des excuses officielles pour les exactions commises par son armée sur le peuple algérien pendant les 132 années de colonisation ?

A n’en pas douter le débat, qui a perdu de sa superbe un certain temps, devrait reprendre de plus belle. Des sujets comme la torture et les exécutions, et aussi sur la nuit du 17 octobre 1961 où des Algériens ont été jetés dans la Seine, seront remis sur le tapis.

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