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Nationale

Idir s’en va, « avava inouva » éternelle

Idir s’en va, « avava inouva » éternelle

Le chanteur et compositeur algérien Idir n’est plus. Il est décédé samedi soir à 21h30 à l’hôpital parisien Bichat Claude-Bernard des suites d’une longue maladie. La nouvelle de son décès, a suscité un véritable séisme en Algérie notamment dans les milieux artistiques et une onde de choc dans le monde.

Le défunt était âgé de 71 ans. Idir , de son vrai nom Hamid Cheriet, est né en 1949 à Aït-Lahcène, commune et daïra d’Ath-Yenni. Selon le témoignage qu’il a fait de son vivant, il a appris à gratter les fils de la guitare pendant qu’il gardait le bétail aux côtés de nombreux bergers de son village durant les vacances scolaires. Idir découvrait le monde musical et artistique au même temps qu’il évoluait dans ses études.

Celles-ci, il les réussira très bien puisque sa formation universitaire lui permettra de décrocher un diplôme en archéologie. Dans ce cadre précis, il dira au cours de cette décennie 1970, l’exercice archéologique est mon gagne-pain et la musique est ma passion. Cependant, il ne tardera pas à abandonner son métier d’archéologue pour embrasser une carrière professionnelle dans le chant et la musique. La chanson « Avava inouva », inspirée d’un vieux conte kabyle, le propulsera immédiatement vers le sommet. Idir gardera jusqu’au restant de ses jours sa place au sommet puisqu’il s’en suivra une multitude de chansons qui connaîtront toutes un succès fulgurant.

Il s’agit entre autres « Azgar idijane l’mthel (l’exemple du bœuf) », « Ayazwaw soumendil Aouragh (Azouaou au foulard jaune) » et « Awah awah Mohand negh thafahli (Awah awah, notre Mohand est un brave) ». Au cours de cette année 1979, Idir partir en France pour s’y installer définitivement. Cependant, il rentrera au pays le plus souvent possible. Sur le plan artistique, la carrière du défunt connaîtra également une ascension des plus fulgurantes.

Armé de ses bagages universitaires, Idir côtoiera de grandes figures mondiales de la chanson, notamment celles et ceux issues de groupes ethniques minoritaires et défendant leurs propres cultures. Concernant la musique et la chanson kabyles, Idir, à l’instar d’autres artistes ayant fait des études solides comme Ferhat Imazighen Imoula, les Abranis et Brahim Izri pour ne citer que ceux-là, leur donnera un nouveau souffle. Les vers seront à connotation historique, sociologique et politique.

Quant à la musique kabyle, elle sera modernisée grâce à lui. D’ailleurs, elle sera reconnue, identifiée et appelée « musique moderne ». S’il est vrai que c’est le groupe Abranis qui a eu la primauté de donner à la musique kabyle le cachet moderne, il n’en demeure pas cependant qu’Idir fait partie des pionniers de la musique kabyle moderne au même titre que Ferhat Imazighen Imoula. Il est à relever également que Cherif Kheddam et Kamel Hamadi, les grands maîtres incontestés de la chanson kabyle ont donné un satisfecit à Idir dès le début de sa carrière artistique. Ces deux maestros l’ont même encouragé à se lancer dans la carrière artistique. La suite est connue. Idir n’a pas déçu Cherif Kheddam et Kamel Hamadi et encore moins ses nombreux fans.

Après une carrière s’étalant sur plus de quarante ans, Idir a tiré sa révérence. Il reste que la date de son enterrement n’est pas connue jusqu’à présent, et ce à cause de cette pandémie du coronavirus. Idem concernant le rapatriement de sa dépouille. Dans un tweet, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune a présenté « ses sincères condoléances à la famille du défunt », rendant hommage à sa place artistique en Algérie et à sa musique universelle. 

Noureddine Khellassi, conseiller du ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, Ammar Belhimer, a présenté, au nom du ministre, en son nom et en lieu et place à la famille de la vedette universelle de la chanson algérienne en Tamazight, Idir, le message de condoléances suivant :”Tlam yugh tamurt, assmi i d-ewwedh lmut”. L’obscurité a envahi le pays quand la mort est arrivée”. La mort, c’est naturellement celle de l’immense chanteur national Idir, survenue dans l’exil, en France. Au nom d’Ammar Belhimer, au nom des cadres et des travailleurs du ministère de la Communication et en mon nom propre, je présente les plus vives condoléances à la famille de l’immense dispensateur que fut un demi-siècle durant le “Djurdjuraartistique”, Idir. Hamid Cheriet a rejoint “assendu” la voie lactée. Ad t-yerhem Rebbi, fell-as ya3fu Rebbi, amkan-is deg el Dhennet Inchallah”. 

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