Idir Saci à propos de la baisse des taux d’intérêt excessifs par la BA : «Une nouvelle mesure pour stimuler l’investissement»
La Banque d’Algérie vient de fixer de nouvelles règles relatives au plafonnement des taux d’intérêt applicables à différents types de crédits bancaires. Elle a décidé de baisser les taux d’intérêt excessifs de moitié, soit à 5% par rapport au taux effectif moyen de 10 % pratiqué au cours du semestre précédent. Selon le consultant et expert de la régulation financière et bancaire, Idir Saci, ceci constitue un effort conséquent de la Banque d’Algérie qui vise l’objectif final de reprendre la dynamique de l’investissement.
La nouvelle instruction n°06-2026 du 29 juin 2026 modifiant l’instruction n°08-2016 du 1er septembre 2016 relative aux modalités de fixation des taux d’intérêt excessifs apporte la principale modification à l’article 2 de l’instruction de 2016, a indiqué la Banque d’Algérie. Le nouvel article stipule qu’est désormais considéré comme un crédit à taux d’intérêt excessif « tout concours consenti à un taux d’intérêt effectif global qui excède, au moment où il est consenti, de 5% le taux effectif moyen pratiqué au cours du semestre précédent par les banques et établissements financiers pour des opérations de même nature », a expliqué la banque centrale, précisant que cette instruction prend effet à compter de la date de sa signature.
La nouvelle instruction modifie l’encadrement des taux excessifs « réduisant de moitié la marge de tolérance légale accordée aux établissements financiers sur les découverts, les crédits à la consommation, les crédits à court terme, les crédits à moyen terme, les crédits à long terme, les crédits de financement de l’habitat et le leasing », selon les explications de la Banque d’Algérie, laquelle illustre cette nouvelle mesure. Selon la BA, en 2021, un crédit était jugé excessif s’il dépassait de plus de 10 % le taux moyen du semestre précédent. Et en 2026, cette marge est désormais réduite à 5 %, notant que la Banque d’Algérie avait fixé, fin 2025, les plafonds des taux d’intérêt appliqués aux crédits, valables pour le premier semestre 2026.
Qualifiant cette réduction « d’effort conséquent de la Banque d’Algérie, M. Saci a expliqué, dans ses déclarations au Jeune Indépendant, que ce taux (5%) est un coefficient qu’on applique sur le taux d’intérêt. Cette note de la BA change donc la manière de calcul de ce plafonnement, a-t-il expliqué.
Sur le plan macroéconomie, c’est une mesure très importante selon cet expert, qui a mis en avant l’impact sur la reprise de la dynamique de l’investissement.
Les banques n’ont pas à se sentir « lésées », selon M. Saci, qui dit que cette décision de la BA a été déjà précédée par d’autres mesures, citant la réduction du taux directeur à 2 % contre 3 % précédemment, dans le but de stimuler la consommation et l’investissement.
Selon lui, depuis la baisse du taux directeur, on a plaidé pour que cette mesure soit accompagnée par la baisse des taux d’intérêt au niveau des banques à l’effet s’accorder plus de crédits. Ces deux actions sont de nature à encourager l’investissement selon ce spécialiste.
Mardi, la Banque d’Algérie a publié une nouvelle note (01-2026) dans laquelle elle a fixé les seuils des taux d’intérêt excessifs applicables au titre du deuxième semestre 2026. Ce document intervient au lendemain de la publication d’une nouvelle instruction modifiant les règles de détermination de ces seuils.
Dans sa note, la Banque d’Algérie précise : « Conformément à l’instruction n°08-16 du 1er septembre 2016, relative aux modalités de fixation des taux excessifs, modifiée par l’instruction n°06-2026 du 29 juin 2026, notamment ses articles 13 et 14 et sur la base des déclarations des taux effectifs globaux, au titre du premier semestre 2026 par les banques et établissements financiers, la Banque d’Algérie fixe, au titre du deuxième semestre 2026, les seuils des taux d’intérêts excessifs des différentes catégories de concours ».
Les nouveaux seuils des taux d’intérêt excessifs sont fixés à 7,89 % pour les découverts bancaires, 9,89 % pour les crédits à la consommation, 7,20 % pour les crédits à court terme, 6,34 % pour les crédits à moyen terme, 6,03 % pour les crédits à long terme, 7,05 % pour les crédits destinés au financement de l’habitat et 10,59 % pour les opérations de leasing. Ces nouveaux seuils remplacent ceux publiés par la Banque d’Algérie à la fin de l’année 2025 et appliqués durant le premier semestre 2026.