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Op-Ed

Identité contre terrorisme

L’approche économique qui tente d’expliquer les causes du radicalisme et de la montée en puissance du terrorisme a le mérite de dénoncer des politiques antisociales catastrophiques qu’ont encouragées des multinationales, en terre africaine par exemple. Il n’est pas besoin de se faire marxiste pour constater que les écarts de richesses qui se creusent dans les pays émergents poussent une partie désespérée de la population dans les bras des prêcheurs de discours haineux.

Jusqu’au passage à l’acte, avec la même fureur que les groupes d’extrême-gauche qui s’armèrent en Amérique latine ou en Europe pour combattre, par les balles, l’aristocratie ou le patronat. La misère et l’injustice fragilisant le discernement chez des individus révoltés. En ce sens, le discours d’hier du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, défend ce point de vue que la prospérité s’oppose à l’insécurité et que le développement économique devrait faire échec à la violence chronique.

Personne ne pourra contester cela et l’extrême précarité dans laquelle survivent des centaines de milliers, voire des millions de personnes dans la bande sahélo-saharienne, n’est pas étrangère au recrutement massif de mercenaires dans les rangs « jihadistes » ou le grand banditisme. Cependant, si la prospérité se résume à l’accès au logement, à la possession d’un véhicule ou à la possibilité de consommer outre mesure l’utile et le superflu, comme on le constate chez la classe moyenne et surtout chez la nouvelle bourgeoisie algérienne, on peut douter du postulat.

Parce que des microcosmes particulièrement privilégiés, dans certaines sociétés des pays du Golfe, n’ont pas été à l’abri d’un radicalisme géniteur de la plus terrible des barbaries, parfois au nom de notre religion. En d’autres termes, des nantis versent dans l’extrémisme quand beaucoup de pauvres, voire de misérables, n’ont jamais pensé à recourir à la violence. L’éducation, les valeurs morales, l’humanisme et la piété ne dépendant pas, Dieu merci, des ressources financières. 

La culture et le savoir demeurent encore aujourd’hui le vrai rempart contre les dérives criminelles. C’est pourquoi, les médiateurs qui tentent d’appuyer les efforts de réconciliation dans le nord du Mali ou en Libye savent que fournir de gros véhicules et de gros chèques aux négociateurs ne suffira pas à revenir à une paix durable. Il faudra nécessairement soutenir les différentes communautés à promouvoir leurs identités, leurs valeurs ancestrales polluées par le narcotrafic et la violence politique importée.

C’est le défi à relever, de la corne de l’Afrique jusqu’à la façade ouest du continent noir. Pour neutraliser la propagande d’AQMI, de Boko Haram et de DAECH qui prétendent résister à la culture occidentale « impie » en assassinant les traditions de paix et de tolérance des Africains.

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