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Nationale

IBK tient fort à l’Algérie

IBK tient fort à l’Algérie

Le président malien Ibrahim Boubakar Keita est attendu aujourd’hui à Alger pour une visite d’Etat de trois jours à l’invitation du président Abdelaziz Bouteflika.

Intervenant au lendemain du paraphe d’un pré-accord pour une paix durable dans le septentrion malien, document toutefois rejeté par une partie de la rébellion, le déplacement d’IBK en Algérie s’inscrit dans une démarche de confiance et de gratitude à l’endroit de la diplomatie algérienne. En dépit des difficultés qui caractérisent la médiation dont elle a assumé la tête de file. Il sera aussi question d’aborder la coopération entre les deux pays à différents niveaux.

On aura du mal à croire à une visite ordinaire du président de la République malienne en Algérie dans un contexte aussi particulier. Trois semaines après le paraphe d’un pré-accord à Alger qui a engagé des parties en conflit, le gouvernement malien et des groupes politico-militaires du nord du Mali à reprendre le chemin de la paix.

Un texte laborieusement rédigé après d’âpres négociations qui ont duré cinq rounds et plus de huit mois de débat tendu. Le président malien n’ignore pas les efforts colossaux déployés par l’Algérie, terre d’accueil du dialogue intermalien, ayant mobilisé les meilleurs diplomates algériens pour soutenir la médiation internationale au bénéfice du retour à la cohésion sociale au Mali.

Ce n’est donc pas la défection de la CMA, la Coordination des mouvements de l’Azawad, qui a finalement refusé de parapher le pré-accord d’Alger, qui aura pu occulter les bons offices d’Alger dans l’esprit de l’expérimenté IBK. Le président malien connaît la complexité des négociations avec les mouvements à tendance irrédentiste du septentrion malien, et compte toujours sur Alger pour un appui au dialogue intermalien.

L’expérience d’IBK

On peut d’ailleurs rappeler qu’en 2006, IBK s’était lui-même opposé à l’accord d’Alger (désigné parfois au pluriel, accords d’Alger-NDLR) sous prétexte qu’ « ils malmenaient les principes sacro-saints d’égalité, de justice et de solidarité. » A l’époque, le président du RPM occupait le perchoir à l’Assemblée nationale malienne et s’autorisait une surenchère politique propre aux parlementaires.

Mais, depuis ce rendez-vous raté pour le grand pays de Modibo Keita, en raison d’engagements non tenus de part et d’autre, de graves événements sont survenus dans le Septentrion avec la combinaison du dernier épisode de la rébellion et du terrorisme sahélien, qui a bien failli emporter la République malienne.

IBK, devenu Président suite à un suffrage électoral de présidentielle reportée en raison d’un coup d’Etat militaire à Bamako et de l’occupation des trois-quarts du territoire malien par des groupes terroristes, a forcément changé sa grille d’analyse. Ses proches le disent convaincu qu’il n’y a pas d’autre alternative que le dialogue avec les Maliens de la rébellion pour en finir avec une crise politico-militaire qui dure depuis des décennies.

L’Algérie, l’allié inconditionnel

Le président malien ne peut donc que se réjouir de la solidarité indéfectible du voisin algérien. Une solidarité politique qui s’exprime concrètement non seulement en matière de médiation dans le contentieux du nord du Mali, mais aussi à bien d’autres niveaux.

On se souvient de l’aide continue apportée par Alger aux populations de la partie septentrionale du pays, notamment à travers l’unique consulat étranger installé à Gao, le consulat algérien qui a payé le prix d’une attaque terroriste, et de l’enlèvement de son personnel en avril 2012.

L’agression a coûté la vie à des diplomates algériens, en plus d’une longue captivité traumatisante pour ceux qui ont eu la chance de se voir libérer. Sur le plan de la coopération sécuritaire, l’Algérie n’a jamais hésité à appuyer les forces maliennes en matière de formation, de renseignement au sein de l’UFL, en équipement. Alger a même accepté d’ouvrir son ciel aux avions de l’armée française en opération contre les groupes terroristes qui ont envahi le sol malien au printemps de l’année 2012.

Devoir de solidarité à la hauteur des relations fraternelles et historiques entre les deux pays, reconnaissance de l’Algérie envers le Mali qui a accueilli son QG « sud » des positions de l’ALN à Gao durant la Guerre de Libération… L’amitié est ancrée et l’avènement d’une paix durable au nord du Mali ne pourra que renforcer les liens entre les deux peuples. En gageant sur une coopération économique et culturelle prometteuse. C’est ce dont devraient discuter aussi les deux délégations à l’occasion de la visite du chef de l’Etat malien en Algérie. Nous y reviendrons.

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