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Nationale

IBK salue l’Algérie

IBK salue l’Algérie

Des heures d’attente, une organisation fébrile, des centaines d’invités, mille personne qui s’activent depuis le matin tôt en ce vendredi 15 mai, journée historique à Bamako. C’est aujourd’hui que le gouvernement malien et les groupes politico-militaires de la rébellion du nord du pays doivent signer l’accord de paix et de réconciliation.

En plus des parties qui ont négocié et de l’équipe de la médiation, une brochette de chefs d’Etats africains est attendue pour la cérémonie. Euphorie et inquiétude parce qu’ « on n’est jamais à l’abri d’un incident » murmure Keïta, un des responsables de la sécurité au CICB, le Centreinternational des conférences de Bamako qui accueille l’événement.

Pour rappel, la signature de cet accord de paix fait suite à un processus de dialogue inclusif inter maliens qui s’est déroulé à Alger pendant de longs mois, à la demande du président malien Ibrahim Boubakar Keita au lendemain de son élection.

Des pourparlers laborieux, appuyés par la médiation internationale dont l’Algérie a été désignée chef de file et qui ont conduit au paraphe, le 1er mars dernier, d’un document d’une quarantaine de pages.
Un texte qui pose les fondamentaux d’une mise en œuvre des mécanismes susceptibles de garantir une paix durable.

Cette étape a d’abord été boycottée par une partie des groupes rebelles, la Coordination des mouvements de l’Azawad, qui a finalement bien voulu apposer sa caution à la veille de la signature dans la capitale malienne. Le rendez-vous du jour à Bamako s’affirme donc comme un tournant décisif annonçant la phase de concrétisation d’une nouvelle gouvernance, de nouveaux rapports entre les populations du Septentrion malien et les autorités centrales.

Pax africana

Près d’une quinzaine de chefs d’Etats africains ou leurs représentants ont pris place autour du président malien ainsi que des émissaires de hauts rangs de pays d’Europe, des Etats-Unis, d’institution internationales et du coprs diplomatique en poste à Bamako (voir encadré). La séance, qui a débuté en milieu d’après midi, dans une ambiance bon enfant.

Dans la salle du CICB, au centre-ville, des centaines de citoyens maliens issus de la société civile, de la classe politique, représentants des communautés, chefs coutumiers, anciens responsables politiques, négociateurs de l’accord à signer, opposants politiques ou partis de l’alliance présidentielle, femmes et hommes qui ont tous le Mali dans le cœur, sont là.

« L’heure n’est plus aux tergiversations, il faut signer ce document d’Alger et reprendre la voix du développement. Nous avons trop souffert… « nous confie Aïcha, une militante du nord, qui a soutenu la rébellion au moment les plus graves et qui a appuyé, par la suite, ces efforts de paix au sein de la Plate-forme, ce regroupement de structures impliquées dans la revendication sociopolitique des populations du nord du Mali.

Unité pour la paix

La cérémonie commence par un rappel des séquences du dialogue depuis la tragique dégradation de la situation sécuritaire dans le Septentrion malien qui avait abouti à l’occupation des trois quarts du territoire par des factions terroristes ayant profité du conflit de l’Azawad.

La Parole est alors donnée aux deux MAE qui ont conduit ces pourparlers, Abdoulaye Diop et Ramtane Lamamra, respectivement chefs de la diplomatie malienne et algérienne. Reconnaissance affirmée envers l’Algérie pour le premier, satisfaction pour le deuxième qui a rappelé la communion internationale autour d’Alger dans cette quête de paix au Mali.Puis vient le tour des négociateurs rebelles d’hier et ralliés à la cause nationale.

Tous convaincus que la solution du dialogue réside dans le cadre de l’intégrité territoriale du pays, du caractère laïque de la République… Le moment de la signature est venu. Les porteurs de mandats signent solennellement sous les flashs et caméras.
Les médiateurs émargent aussi, sourires aux lèvres. Saut qualitatif, fin des crispations, la salle comble réagit par des applaudissements nourris. Emotion.

Un porte parole d’une des composantes de la CMA qui a bien voulu signer le document précise qu’ils ne s’exprime pas au nom du MAA, du HCUA ou du MNLA qui ont refusé de se rendre à Bamako pour signer le document qu’ils ont finalement paraphéà Alger. Le message est clair. IBK, le président répondra aux radicaux, avec tact et en laissant les portes du dialogue ouvertes.

IBK se lâche

C’est sans aucun doute le temps fort de cette cérémonie que ce discours d’IBK, un maître de séance qui avoue parler avec le cœur plutôt que de lire son discours. Franc-parler et triomphe prudent avec, cependant, une mise au point adressée à tous les sceptiques qui ne croyaient plus aux vertus du dialogue, à ceux qui ont accusé à tort l’armée malienne d’entreprises « barbares ».

Le président, visiblement ému et sorti d’un mutisme qu’il a dû observer malgré lui à propps de certaines questions délicates, revient alors sur les injustices de l’ONU « longtemps trompée par des rapports déséquilibrés » en expliquant devant une assemblée médusée combien il a personnellement souffert de ce déficit flagrant d’objectivité dans l’appréciation et l’action onusienne. « Nous ne sommes pas des barbares(…) nous ne sommes pas des sauvages (…)

Le peuple malien est fier sur une terre de civilisations anciennes, nous étions quand d’autres n’étaient pas (…) Le Mali a toujours respecté ses engagements… Sans oublier l’Algérie à laquelle il a rendu un vibrant hommage en se gardant « d’être ingrat. « En ce qui concerne les absents de la CMA, qui n’ont pas voulu signer l’accord, le grand frère IBK a lancé un appel public aux chefs des différentes factions pour les prier de rejoindre le processus de paix.

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