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Op-Ed

IBK, le clairvoyant

Le Président malien, Ibrahim Boubakar Keita, vient d’achever une visite d’Etat à Alger durant laquelle il a confirmé toute la confiance qu’il voue à l’Algérie en ces temps troubles de subversion dans la vaste partie septentrionale de son pays. Le séjour de son Excellence IBK a tellement été fructueux que l’APS, l’agence officielle d’information, a relevé « une convergence totale des positions » entre les deux pays frères.

Dans le contexte actuel de recrudescence des violences visant à saper le processus de paix lié de l’accord d’Alger, les séances de travail auxquelles ont participé les plus hautes autorités maliennes sous le magistère de l’Etat algérien, marquent un tournant politique important dans la prise en charge de la question de la sécurité dans la bande sahélo-saharienne.

En effet, pour les observateurs avertis, IBK, contrairement à son prédecesseur Amadou Toumani Touré renversé en mars 2012 par une junte militaire, a compris qu’il ne se saurait y avoir de stabilité dans la région sans une entente inébranlable entre les Etats du Champ, entité géopolitique dérangeante parce qu’elle contrarie les velléités néocoloniales de certaines puissances. Il n’a d’ailleurs pas hésité à crier haut et fort le repositionnement de son pays et toute la gratitude de Bamako, au nom du peuple malien à l’endroit de l’Algérie, chef de file de la médiation. 

C’était à l’occasion d’un discours historique dans la capitale malienne le 15 mai dernier. Au fil d’une diatribe sévère contre les ingérences, les déséquilibres, le manque de discernement d’intervenants extérieurs en porte-à-faux avec le difficile processus de retour à la paix civile dans le Septentrion. IBK s’appliquant à opposer les dérapages des uns à la bonne foi d’Alger comme un message souverainiste et révolutionnaire digne de feu Modibo Keita.

La MINUSMA, la mission onusienne du maintien de la stabilité au Mali n’a pas été épargnée dans son réquisitoire, et l’actualité à Kidal a fini par prouver le bien-fondé des reproches du Président malien envers ces acteurs étrangers qui compliquent parfois plus les situations qu’ils n’y apportent de solutions. C’est pourquoi, l’Algérie peut se réjouir de goûter enfin les fruits de sa diplomatie courageuse et solidaire. Reste à accompagner la mise en œuvre de l’accord d’Alger pour savourer la victoire contre la fitna chez nos voisins qui ont besoin, comme tous les pays du monde, d’un climat de paix pour sortir du sous-développement. 

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