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Nationale

Hydrocarbures : L’Algérie déclassée par rapport aux pays de la région

Hydrocarbures : L’Algérie déclassée par rapport aux pays de la région

L’Algérie ne parvient toujours pas à diversifier ses exportations malgré les discours prônés par ses dirigeants qui promettent de faire sortir le pays de sa dépendance des hydrocarbures, a fait remarquer l’économiste algérien Mouloud Hedir.

Cet ancien DG du commerce extérieur au ministère du Commerce a cité l’exemple de la filière alimentaire et la difficulté des opérateurs économiques du secteur à placer leurs produits sur le marché international.

« Alors que l’Egypte a multiplié par 13 ses exportations agroalimentaires au cours de ces 20 dernières années, l’Algérie n’a pas vraiment évolué », a-t-il déclaré lors d’un séminaire organisé mercredi par le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise CARE, sous le thème « L’économie algérienne face au monde : besoin d’une relation plus harmonieuse ». Se référant au rapport onusien UNCTAD World Investment Report 2014, M. Hedir a annoncé que les recettes d’exportation nationale en produits alimentaires et agricoles sont passées de 110 millions de dollars en 1995 à seulement 405 millions.

L’Egypte par contre a boosté ses exportations dans cette filière en les portants de 334 millions de dollars à 4,475 milliards de dollars. Il en est de même pour le Maroc qui a accru ses exportations alimentaires de 4,250 milliards de dollars à 10,878 milliards en 2013. Les exportations de l’Algérie en produits manufacturés sont aussi faibles que celles de la branche agroalimentaire, selon les données communiquées par cet ancien responsable du ministère du Commerce. Leur montant n’a pas excédé les 772 millions de dollars durant l’année précédente.

Ce chiffre classe l’Algérie au dernier rang par rapport aux pays de la région, dont l’Egypte qui a exporté pour 12,7 milliards de dollars, le Maroc qui a engrangé des recettes de près de 14 milliards ou encore la Tunisie avec 12,47 milliards de dollars. Le secteur des services, l’autre maillon faible de l’économie nationale, n’arrive toujours pas à décoller. « L’Algérie est, avec la Libye, le seul pays du Bassin méditerranéen à avoir une balance des services « structurellement déficitaire », a commenté M. Hedir.

« Ses exportations des services ne dépassent pas les 4 milliards, contre 18 milliards pour l’Egypte, 13,4 milliards pour le Maroc et 5 milliards pour la Tunisie », a-t-il soutenu. Pour éviter le déclassement, l’hôte de la CARE estime que la solution n’est pas de produire davantage de pétrole, mais de penser sérieusement à une diversification de l’économie, notamment avec cette tendance baissière de la rente. M. Hedir interpelle les responsables pour mettre de l’ordre dans la politique commerciale extérieure de l’Algérie en définissant les priorités et faire en sorte que le partenariat commercial avec l’Europe se transforme en partenariat économique et en investissement productif.

« L’attraction des IDE européens est d’ailleurs la seule justification économique à la construction d’une zone de libre-échange avec l’Union européenne », a-t-il soutenu. Mais la réalité des chiffres sur les investissements étrangers en Algérie démontre qu’en dehors des hydrocarbures, les étrangers voient en l’Algérie un marché porteur pour écouler leurs marchandises. Actuellement, l’évolution des IDE, concentrés dans le secteur des hydrocarbures, reste en deçà de l’évolution atteinte par les autres pays de la région, a-t-il fait remarquer, « du moment que les IDE ne représentent que 12 % du PIB de l’Algérie, contre 34 % du PIB de l’Egypte et 48 % de celui du Maroc ». 

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