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Culture

Hussein Dey ou le modèle urbanistique

Hussein Dey ou le modèle urbanistique

Présenté en avant première ce samedi 08 avril, à la salle de la Cinémathèque d’Alger, le documentaire de Nostalgie de la ville d’Hussein-Dey, avenue Tripoli de Abdelatif Aliane porte sur
un modèle de quartier du littoral algérien.

Le quartier Hussein-Dey d’Alger est, autant que d’autres, altéré par l’usure du temps des différentes époques et les transformations urbaines et sociétales. En une heure de temps, le réalisateur met en évidence un « cri de colère et de nostalgie », destiné à attirer l’attention sur tous ces changements qui ont « abusé de l’âme d’un quartier du vieil Alger », pourtant connu par le passé avec ses us et coutumes et le « mode de vie bien enraciné de ses habitants », rapporte l’Agence presse service d’Algérie.

Dans une vision paradoxale qui oppose le passé au présent, Abdelatif Aliane, également poète, offre au spectateur des éléments de comparaison dans une série de plans séquences, défilés lentement, montrant le vieil Hussein-Dey avec la rue de Constantine – actuelle rue Tripoli – et ses commerces aux différentes vocations sociales. D’anciens résidents de ce quartier ont restitué une partie de sa mémoire par des témoignages qui ont accompagné une succession de vues des temps anciens et présents, dont certaines ont sont prises depuis une rame de tramway en déplacement. En insistant sur l’influence « directe » de l’environnement qui transforme l’individu et lui dicte des comportements, les intervenants dans le documentaire ont rappelé quelques valeurs du passé, à l’instar de la leçon de morale ou d’éducation civique prodiguées à l’école, chaque jour en début de cours pour « enseigner aux enfants le civisme et la citoyenneté ».

Expliquant que la rue Constantine, elle figure pourtant par le passé dans « le protocole officiel du passage du cortège présidentiel » – document à l’appui –, elle a vu progressivement disparaitre « les magasins d’artisans », les anciens résidents d’Hussein-Dey ont souligné les transformations profondes dans l’agencement du tissu urbain de leur district, allant de « la démolition des immeubles vétustes, dont certains laissés en ruine, au déterrement des arbres ». Plans d’immeubles bâtis au XIXe siècle, le Monument aux morts sur la Placette centrale d’Hussein-Dey, les anciennes balances publiques des années 1960, le Dépôt des agriculteurs devenu successivement Ecole de police, Centre de transit et actuellement Lycée Taâlibia, le Moulin Narbonne, le documentaire restitue la mémoire du passé en la confrontant à la réalité du présent.

Les intervenants dans le documentaire ont longuement commenté des prises de vue sur la Placette centrale d’Hussein-Dey qui a changé de visage, avec la construction en 1938 de La Maison du peuple (actuel siège de la daïra) et, en 1947, du premier Centre de santé en Algérie. Appelé jadis Retour des plages, le quartier Hussein-Dey où résident actuellement quelques 53.000 habitants « est devenu avec l’avènement du tramway, un lieu de passage de voyageurs de tous bords, contraignant les résidents à vivre en retrait », dressant un regard nostalgique à leur quartier dont l’âme continue de résister tant bien que mal aux changements. Réalisé avec un financement indépendant entre 2016 et 2017, le documentaire Nostalgie de la ville d’Hussein-Dey, avenue Tripoli, est né en 2008 sur une idée de Sebaï Mohamed Nidal, coréalisateur, et produit par Zaghda Film.

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