Hôpitaux : Les soignants désormais soumis à un suivi médical
Le ministère de la Santé engage une réforme d’envergure de la médecine du travail dans les établissements sanitaires. Une nouvelle instruction instaure un suivi médical renforcé des professionnels de santé, de l’embauche à la reprise d’activité, tout en consolidant la prévention des risques professionnels et la couverture vaccinale. L’objectif est de mieux protéger les soignants, d’améliorer leurs conditions d’exercice et de garantir une prise en charge plus sûre des patients.
Le ministère de la Santé engage un nouveau chantier en faveur de la protection des professionnels de santé. À travers l’instruction n°21 du 26 juillet, le département ministériel redéfinit les règles de la médecine du travail dans les établissements sanitaires en renforçant les obligations de suivi médical, de prévention des risques professionnels et de vaccination.
Cette nouvelle feuille de route traduit la volonté des pouvoirs publics de faire de la santé au travail un levier majeur d’amélioration des conditions d’exercice des personnels de santé, particulièrement exposés aux risques biologiques, chimiques, physiques et psychosociaux inhérents à leurs missions quotidiennes.
Première mesure phare : aucun professionnel ne pourra intégrer un établissement de santé sans avoir été déclaré médicalement apte. Un examen médical préalable au recrutement devient obligatoire afin de garantir des conditions de travail adaptées et de prévenir les risques pour les agents, leurs collègues et les patients.
La surveillance médicale sera également renforcée avec une visite obligatoire au moins tous les six mois, complétée par des examens supplémentaires selon les risques liés au poste, afin de détecter rapidement les éventuelles atteintes à la santé.
La reprise d’activité est, elle aussi, désormais strictement encadrée. Toute personne revenant d’un congé de maladie, d’un accident du travail, d’une maladie professionnelle, d’un congé de maternité ou d’une absence prolongée devra obligatoirement passer une visite médicale avant de retrouver son poste.
Cette évaluation permettra de vérifier que le travailleur est apte à reprendre ses fonctions sans risque pour sa santé, mais aussi pour la sécurité des patients et de l’ensemble de son environnement professionnel.
Dans le même esprit, toute mutation ou affectation à un nouveau poste sera désormais conditionnée à un examen médical d’aptitude prenant en compte les exigences spécifiques des nouvelles fonctions.
L’instruction confère également un rôle stratégique au médecin du travail. Celui-ci ne sera plus seulement chargé du suivi médical des personnels. Il devra analyser les postes de travail, identifier les facteurs de risque, proposer des mesures de prévention et participer à l’amélioration des conditions de travail.
Ses recommandations devront être prises en considération lors de tout aménagement ou de toute adaptation d’un poste afin de préserver la santé des agents et de réduire les risques professionnels.
La réforme sera mise en œuvre par les Directions de la santé et de la population (DSP), chargées du suivi des examens médicaux, des visites périodiques et des contrôles d’aptitude des personnels de santé. Elles devront également transmettre des données statistiques pour évaluer l’efficacité du dispositif.
L’instruction accorde une place importante à la prévention vaccinale, avec l’obligation de vaccination contre l’hépatite B pour les professionnels exposés aux risques infectieux, ainsi que contre la diphtérie et le tétanos pour les catégories concernées. La vaccination annuelle contre la grippe saisonnière est aussi recommandée afin de protéger les soignants et garantir la continuité des soins.