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Nationale

Hopitaux: les blessés victimes de panique

Hopitaux: les blessés victimes de panique

Au service des urgences du CHU Mustapha Bacha, le personnel est mobilisé pour accueillir les blessés et les traumatisés qui affluent depuis le seisme qui a ébranlé la capitale dans la matinée d’hier vers 5h11.

Terrifiées par le tremblement, la plupart des victimes se sont blessées au moment où elles ont fui leurs maisons en masse pour éviter le risque des effondrements. «La plupart des cas ont subi des foulures, des lésions ou des égratignures en sautant par les fenêtres et les balcons de leur demeure au moment de la secousse», a constaté le professeur Mohamed Guerini, chef de service des médico-chirurgical du CHU Mustapha.

Une quadragénaire avec un sparadrap sur le menton, la tête raide, incapable de parler. Elle a été orientée sur le CHU Mustapha par l’hôpital de Réghaïa pour faire une radio maxillo-faciale.

«Elle s’est cognée à la porte de sortie en tentant de se sauver ; la porte était entrouverte et elle a reçu le coup en pleine figure», raconte son neveu.
Au service de radiologie, une longue file d’attente dans le couloir ; des jeunes accompagnés par leurs proches ou amis, des jeunes femmes, des couples et des vieux attendent leur tour en prenant leur mal en patience. «Nous avons eu au moins une cinquantaine de personnes depuis le matin», témoigne un jeune médecin radiologue «C’est une journée exceptionnelle de par le nombre croissant des patients qui atterrissent dans notre service», a-t-il affirmé, tout en admettant que le personnel est dépassé du fait que les patients affluent de tous les quartiers d’Alger et de ses environs. Nadia, de Diar El Chems, le mollet droit enflé, attend son tour en souffrant en silence.

«Je suis tombée en essayant de sortir par la porte de notre immeuble». Tout le monde se bousculait vers le porte de sortie de peur d’être enseveli sous les décombres», a-t-elle raconté.
«Dans des moments pareils, l’instinct de vie prime sur tout. On perd la raison et on risque de perdre notre vie avec», a-t-elle ajouté.

A ses côtés Sadek, de Bordj El Kifane, souffre atrocement de son pied, le visage livide, une boîte de comprimés d’anti-inflammatoires à la main, raconte qu’il s’est tordu la cheville en essayant de se sauver. «Sur le coup je n’ai pas senti la douleur mais maintenant, j’ai de plus en plus mal», s’est-il plaint.

Dans la journée d’hier, les service de ce CHU ont déploré la mort d’une femme de 31 ans et 114 blessés. «Terrifiée, la jeune femme s’est jetée du troisième étage d’un immeuble à Didouche Mourad, dans le centre d’Alger, et est décédée peu après son arrivée à l’hôpital des suites de ses blessures», a regretté le professeur Guerini.
«Malheureusement, le bilan est appelé à augmenter d’autant qu’il y a des malades qui nous sont envoyés par d’autres structures hospitalières qui ne disposent pas de tous les services ou qui sont simplement dépassées», a-t-il prévu.

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