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Hôpital Nafissa: Forte pression sur le centre de procréation médicalement assisté

Hôpital Nafissa: Forte pression sur le centre de procréation médicalement assisté

Le Centre public de procréation médicalement assistée relevant du service Gynéchologie-obstetrique de l’Hôpital Nafissa Hamoud à Hussein Dey connait une grande affluence du fait qu’il est l’unique centre du genre au niveau national, a affirmé le chef de service, le Pr Mechtouh Mokrane.

Il a précisé que le centre qui a ouvert ses portes en octobre 2013 était l’unique centre du genre au niveau national ce qui explique, -a-t-il dit, la grande affluence des couples souffrant de problèmes de procréation.
Le centre qui propose des prestations médicales et chirurgicales ainsi que l’insémination artificielle pour le traitement des problèmes de procréation, accueille prés de 100 couples par jour affluant de toutes les wilayas du pays, outre les 6000 dossiers en liste d’attente pour un suivi médical.

Il a ajouté que le personnel médical du centre composé de 6 médecins fait, ainsi, face à “une forte pression” d’autant plus que les couples sont souvent dans un état dépressif en raison de leur inaptitude à procréer et de leurs craintes d’une stérilité définitive.

350 000 couples souffrent de difficultés de procréation au niveau national. Nombre d’entre eux se tournent vers les cliniques privées en Algérie ou à l’étranger notamment en Tunisie pour un suivi médical ou pour une inséminations artificielle.

Il a précisé que le recours à l’insémination artificielle n’était pas systématique, affirmant que dans de nombreux cas, un bon suivi médical suffisait. 

Depuis l’ouverture du centre, 20 % des couples suivis et traités soit par des médicaments ou par interventions chirurgicales, ont pu procréer, selon la même source qui précise par ailleurs que le taux de procréation par insémination artificielle est de 35 %.

Le PR Mechtouh a évoqué les problèmes liés à l’insémination artificielle dont notamment le manque de moyens médicaux modernes en matière de transfert des ovules et des spermatozoïdes, soulignant que l’opération se limite actuellement à l’insémination dans l’utérus alors qu’il est possible d’aider un grand nombre de personnes avec la fécondation in vitro. 

Il a ajouté que ces cas étaient les plus répandus parmi les couples devant subir une insémination artificielle, soulignant que le centre devra être doté prochainement des équipements nécessaires pour ce genre d’opérations. L’ouverture de centres similaires à travers les établissements hospitaliers existant au niveau national est une des solutions à même de contribuer à l’allégement de la pression actuelle sur l’hôpital Nafissa Hamoud, a indiqué le Pr Mechtouh appelant les autorités compétentes à se pencher sur le sujet d’autant qu’il s’agit d’un problème de santé publique.

Conformément aux dispositions du nouveau projet de loi relatif à la santé, dans l’assistance médicale à la procréation, il ne doit être recouru qu’aux spermatozoïdes de l’époux et à l’ovule de l’épouse et l’exclusion de toute autre personne. Ledit projet interdit le don, le prêt, la vente et toutes autres formes de transactions de spermatozoïdes, d’ovocytes, même entre coépouses, d’embryons surnuméraire ou non d’une mère porteuse ou une autre femme, soeur ou mère ou fille, ainsi que le cytoplasme.

Le texte en question, définit l’assistance médicale à la procréation comme “une procréation destinée exclusivement à répondre à la demande exprimée par un homme et une femme en âge de procréer, vivants, formant un couple légalement marié, souffrant d’infertilité confirmée médicalement et consentant au transfert ou à l’implantation artificielle.
Par ailleurs, l’article 389 interdit toute reproduction d’organismes vivants génétiquement identiques, concernant l’être humain et toute sélection de sexe.

L’avant-projet de loi sanitaire comporte des zones d’ombre nécessitant d’être clarifiées

Des sociologues, médecins et experts ont indiqué à Oran, que “l’avant-projet de loi de la santé comporte des zones d’ombre nécessitant d’être clarifiées”.

Lors d’une table ronde organisée par l’Unité de recherche en sciences sociales et santé (GRAS), ils ont été unanimes à dire que l’avant-projet de loi de santé n’a pas pris en considération les problèmes de fond du système de santé en Algérie.

Pour le sociologue Mohamed Mebtoul, cet avant-projet occulte les problèmes essentiels des patients relatifs notamment à l’accès aux soins et à l’accueil. Il a évoqué, dans ce sens, des inégalités dans l’accès aux soins dans les établissements de santé, jugeant le traitement des pathologies lourdes “trop lent”.

Plusieurs textes consacrés à la santé mentale n’abordent pas la manière de prise en charge de cette frange ni même son insertion dans la société, a-t-on également fait remarquer, tout comme la prise en charge des personnes aux besoins spécifiques et leur insertion sociale.

Pour M. Mebtoul, il faudrait impliquer tous les acteurs sociaux, spécialistes, représentant du mouvement associatif et même les malades dans la prise de décision en matière de santé et instaurer ainsi une “démocratisation sanitaire”, avant d’élaberer un projet de loi de santé.

De son côté, le président du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires a estimé que “les solutions aux problèmes essentiels du secteur devraient être recherchées avant l’élaboration d’un tel texte législatif”. Le Pr Nacer Djidjelli a résumé ces problèmes de fond du secteur par le maigre financement de la santé, trouvant qu’un taux de 5 à 6% du PIB consacré en Algérie aux dépenses de santé est “très insuffisant” pour garantir un système de santé performant, efficient et efficace. Ce taux varie de 12 à 15 % dans d’autres pays, a-t-il évoqué.

La dépense nationale de santé/habitant est de 300 à 500 dollars en Algérie, de 800 à Cuba, 8.000 en France et 8.500 aux Etats unis d’Amérique (USA), a-t-il ajouté.

D’autre part, le président du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires a appelé à s’occuper des problèmes de contractualisation et de réévaluation des actes de remboursement non faite depuis des décennies, à revoir le concept de la gratuité des soins pour toute la population pour “instaurer un système de santé et de prise en charge efficace”.

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