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Culture

Une stèle à l’honneur d’El-Mokrani et Cheikh El-Haddad

Une stèle à l’honneur d’El-Mokrani et Cheikh El-Haddad

Une stèle a été érigée à l’occasion du 59e anniversaire de l’indépendance, sur une esplanade face à la mer, dans le centre de la capitale. Cet évènement est un hommage fort rendu au sacrifice et aux dures épreuves endurées par les déportés de la colonisation.

Parmi les actes horribles de la France colonialiste figure en bonne place la déportation de milliers de combattants de l’insurrection contre le colonialisme, dirigée par les notables et hommes spirituels El-Mokrani et Cheikh El-Haddad. C’était exactement en été 1871, il y a 150 ans. En cette période, les outrages, les injustices, les brimades de la colonisation ont atteint leur paroxysme. La seule riposte ne pouvait être que le combat armé.

Grâce à leur noble réputation, El-Mokrani et Cheikh El-Haddad ont réussi à mobiliser des milliers d’hommes en Kabylie et dans d’autres régions du pays, donnant un caractère national à cette résistance contre le colonialisme. Malgré cette bravouve, ce courage et cet héroïsme des combattants algériens, les forces adverses, plus nombreuses et mieux équipées, ont gagné la bataille. S’ensuivit alors une terrible répression, se traduisant par la spoliation des biens, le paiement d’un impôt huit fois supérieur au taux normal mais surtout la déportation de milliers d’hommes. Le lieu d’exil était la Nouvelle-Calédonie, distante de 20 000 km, tellement éloignée qu’on ne pouvait en revenir.

A cette époque, le voyage par voilier durait six mois. Cette traversée était effectuée dans des conditions épouvantables. Ceux qui mouraient, et ils étaient nombreux, étaient jetés à la mer. Un autre outrage déshonorant attendait les survivants : ils devaient obligatoirement changer de nom, effacer leur passé, leur identité, leur origine. Ne pouvant se soustraire à ces injonctions, et pour supporter les affres de l’exil, ces malheureux déportés reconstituaient, en cachette, les vertus de la djemâa et bricolaient des flûtes pour jouer des airs nostalgiques de la montagne. Aujourd’hu, les descendants de ces déportés en Nouvelle-Calédonie n’ont toujours pas oublié leur origine algérienne.

C’est ce qu’ont constaté les réalisateurs Said Oulmi et Fatiha Benyoussef dans la série de documentaires tournés récemment sur la déportation en Nouvelle-Calédonie. C’est aussi le constat du réalisateur Said Berkat qui, après un voyage en Nouvelle-Calédonie projette de faire un film sur les descendants des déportés. Idir Hachi, historien et fils de l’anthropologue Slimane Hachi, en est aussi convaincu. Il a d’ailleurs fait une thèse de doctorat sur la déportation en Nouvelle-Calédonie.

Aujourd’hui, pour retrouver les traces de leurs ancêtres et fiers de leurs origines, ces descendants de déportés demandent des passeports algériens pour venir sur la terre de leurs aïeux qui ont contribué à sa libération. Avec cette grandiose stèle à Alger, le peuple algérien n’oublie pas ces ancêtres.

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