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Culture

Hommage appuyé à El-Hadj M’hamed El-Anka

Hommage appuyé à El-Hadj M’hamed El-Anka

En cette fin de semaine, les éditions Anep ont inscrit dans le programme culturel de leur librairie Chaib Dzaïr, sise avenue Pasteur (Alger-Centre), un hommage appuyé au monument du chant chaâbi, El-Hadj M’hamed El-Anka pour son œuvre immortelle dans le chaâbi. C’est Noureddine Fethani, homme de culture, qui a animé cette rencontre suivie par un auditoire venu nombreux.

El-Hadj M’hamed El-Anka a inscrit en lettres d’or dans notre patrimoine une œuvre immense. Il a consacré toute sa vie à l’épanouissement et au rayonnement du chaâbi. Son grand mérite consiste à avoir réussi à mettre à la portée du plus grand nombre de personnes une musique du patrimoine à laquelle seule une minorité avait accès.

« Grâce à l’œuvre immortelle d’El-Hadj M’hamed El-Anka, la musique andalouse, appréciée seulement par une aristocratie algérienne, a été élargie aux couches populaires », a notamment souligné le conférencier.

Pour atteindre cet objectif, El-Hadj M’hamed El-Anka a consacré tous ses efforts à la recherche de sources authentiques sur lesquelles s’appuie le patrimoine culturel national. Il a étudié le melhoun, une poésie arabe d’expression populaire, remontant jusqu’au XVIe siècle. « Il n’hésitait pas à consulter les érudits algériens de son époque pour confirmer l’authenticité de ses recherches », a précisé Noureddine Fethani.

Et d’ajouter : « Le maître El-Hadj M’hamed El-Anka s’est lancé dans l’étude de longs poèmes, profonds en sens et en signification, débouchant sur des qacidate qui exigent une interprétation exceptionnelle.
Grâce à son génie incomparable, il a su les chanter avec une maîtrise absolue ».

Le conférencier a défendu le maître, auquel on reprochait son style de déclamation, rendant difficile la compréhension de ses paroles. « El-Hadj M’hamed El-Anka avait pour souci premier d’interpréter le chaâbi pour les couches populaires.

C’était sa manière propre et personnelle de chanter, sans s’arrêter sur les mots », a justifié le conférencier. Bien qu’il eu écrit des chansonnettes à ses débuts, El-Hadj M’hamed El-Anka n’a pas versé dans ce genre qui a par contre été adopté par les autres maîtres du chaâbi venus après lui, comme Guerrouabi et El-Ankis. Pour rappel, ces derniers ont été à son école, sous l’impulsion du compositeur Mahboub Bati. De nouveaux éclairages ont été apportés concernant sa vie. Ainsi, bien qu’il soit un enfant de La Casbah, il est né en mars 1907 à Azzefoun, en Kabylie.

Il s’intéressait au sport même s’il n’a jamais chanté pour cette activité. Une photo le montre dans un stade à Tizi Ouzou en compagnie de Lounis Aït Menguellet, qui était jeune alors. Il a chanté aussi des titres en tamazight pour témoigner de son identité. El-Hadj M’hamed El-Anka a eu des moments difficiles dans sa vie. La période de la Seconde Guerre mondiale a été dure en raison de l’absence de revenus.

Il a manqué de compréhension à la radio et à la télévision car victime de la bureaucratie. Le maître El-Hadj M’hamed El-Anka demeure cette grande figure de notre art musical qui a inscrit en lettres d’or la renaissance et la pérennité de notre patrimoine.

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