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Nationale

Hommage à un grand martyr de la révolution : Ahmed Boussad dit «Hand Meziane»

Hommage à un grand martyr de la  révolution : Ahmed Boussad dit «Hand Meziane»

L’indépendance de l’Algérie a été obtenue grâce à d’énormes sacrifices de la vie d’Algériennes et d’Algériens pour leur patrie. Ceci est sans aucun doute une lapalissade. 

Il n’en demeure pas moins cependant qu’il demeure difficile, voire impossible pour celles et ceux qui n’ont pas vécu cette guerre sanglante, d’avoir une idée aussi précise que leurs aînés sur le degré exact de ces sacrifices.

Combien donc de femmes et d’hommes sont morts de façon violente avant même d’atteindre la trentaine pour que l’Algérie soit aujourd’hui ce qu’elle est, c’est-à-dire un pays libre et indépendant ? Feu Ahmed Boussad dit « Hand Meziane », du village Tarihant, commune de Boudjima et aârch d’Ath-Ouaguenoun, fait justement partie de ces hommes qui sont morts avant la trentaine pour l’amour de la patrie. Sa vie militante et ses grands faits d’armes ont été évoqués, hier, au musée du Moudjahid de Tizi-Ouzou par ses compagnons d’armes à l’occasion d’un vibrant hommage qui lui a été rendu.

Ils étaient nombreux les Moudjahidine à l’avoir côtoyé et à avoir combattu à ses côtés tels Arezki Boukherroub, Mohamed Djanni, Moh-Saïd Challal dit « Moh-Kaci », Akli Kasri, Belaïd Zenia, M’hand Ameur dit « M’hand Yakouren ».

Selon les témoignages de certains d’entre eux, le Chahid Ahmed Boussad dit « Hand Meziane » a embrassé le PPA – MTLD alors qu’il n’avait pas encore 18 ans. C’était en 1951. La mission que lui avait confié ses responsables hiérarchiques était d’assurer la liaison entre la kasma d’Attouche (Makouda) et les Ath-Djennadh (Timizart).

Il a rejoint le PPA – MTLD avec son frère aîné Akli, connu sous l’appellation de « Akli-Mezinane ». C’est aussi au début de cette année 1950 que le dynamisme et l’engagement indéfectible du jeune homme, à peine sorti de l’adolescence, attira l’attention de très hauts responsables du Mouvement national, dont Krim Belkacem, les futurs colonels de l’ALN, feux Ali Mellah et Abderrahmane Mira. En 1953, alors âgé de 19 ans, le jeune homme est saisi de l’ordre de se soumettre aux obligations du Service national.

« Il est complètement hors de question que je me mette sous le drapeau français ! S’il faut que je serve une armée quelconque, ce sera bien l’armée algérienne ». Telle fut la déclaration de Hand-Meziane faite devant les responsables du Mouvement national laquelle déclaration a été rapportée par Arezki Boukherroub à l’issue de son témoignage.

Dès lors, le jeune homme, se sachant reconnu et déclaré comme « rebelle » par la France coloniale, décidé de vivre en complète clandestinité. Au mois d’août 1953, toujours selon le témoignage d’Arezki Boukherroub, Hand-Meziane se chargea du suivi de la formation des groupes paramilitaires ainsi que de leur armement et leur logistique.

Ce groupe paramilitaire, formé au village de Tarihant et ses environs, participera effectivement à l’attaque armée du Premier novembre 1954 à zéro heure. Les témoins ont également rapporté que c’est avec Hand-Meziane que Krim Belkacem prenait contact lors de ses nombreux déplacements au village de Tarihant. Après le déclenchement de la guerre de Libération, Ahmed Boussad sera naturellement parmi les Moudjahidine se trouvant en première ligne. 

Le Moudjahid Mohamed Djanni témoigne : « Je me suis retrouvé à ses côtés dans les maquis d’Ihsnaouène (Tizi-Ouzou), Ath-Douala,etc. Nous avons participé ensemble à plusieurs opérations militaires contre l’ennemi ».

Ce même témoin rapportera que lors d’une opération montée et exécutée par un groupe de l’ALN, à sa tête, Hand-Meziane, contre un convoi militaire dans la zone d’Ath-Douala, sept militaires français ont trouvé la mort et deux autres furent blessés ; les Moudjahidine avaient récupéré sept grands fusils d’assaut dit « gara » et une carabine.

« Cette carabine, précisera Mohamed Djanni, se retrouvera en possession de Krim Belkacem et c’est justement Hand-Meziane qui la lui offrira », témoignera encore ce Moudjahid qui précisera aussi qu’avant son entrée en possession de cette carabine, Krim Belkacem n’avait pour arme qu’un PA. Quant à cette fatidique journée du jeudi 2 avril 1957, soit au quatrième jour du ramadhan, Mohamed Djanni s’en souvient parfaitement. « Dans la matinée de cette journée funeste, le martyr Hand-Meziane m’a dit : « heureux celui qui mourra pendant le mois sacré de ramadhan ».

Je relève que quelques jours plutôt, il a fait venir sa mère de Tarihant (Boudjima) à Ihsnaouène (Tizi-Ouzou) pour la voir car cela faisait, très longtemps que la mère et le fils ne sont pas vus. Dans l’après-midi de ce 4ème jour du ramadhan de l’année 1957, nous avons constaté que nous étions encerclés par l’armée française. Nous étions un groupe de douze Moudjahidine dont le martyr Hand-Meziane.

L’accrochage fut inévitable. Hand-Ameziane ouvrit le feu sur les militaires français en tuant deux d’entre eux avant que lui-même ne fut mortellement touché d’une balle. Et pour être certain de sa mort, les militaires français lui ont jeté une grenade ». Au cours de cet accrochage, seul Hand-Ameziane rendit l’âme.

Le soir même, les femmes du village Ihsnaouène ont commenté cet engagement. L’une des femmes dira : « Dieu seul sait le sort de nos valeureux Moudjahidine à l’issue de cet accrochage ». Une autre lui répondit aussitôt : « Il paraît que seul Hand-Meziane de Tarihant y a trouvé la mort ; que Dieu ait son âme ! »- Une troisième femme tenta de la faire taire.

C’était trop tard. La mère du Chahid, qui était présente dans le groupe apprit la triste nouvelle. « Je savais qu’il mourrait dès le jour où il a pris les armes ; et sa mort me comble de fierté » répondit-elle.

Ainsi, Ahmed Boussad dit « Hand-Meziane » tomba au champ d’honneur les armes à la main au cours de cette journée fatidique du jeudi 4 avril 1957. Le martyr n’avait que 23 ans. L’année suivante, soit en 1958, ce sera au tour de son jeune frère Mohamed de trouver la mort dans d’atroces circonstances. L’armée française le tortura à mort alors que Mohand- Meziane n’avait que 18 ans.

Au début de l’année 1959, c’est au tour de la mère des deux martyrs, feue Yamina Rahoui, de se faire tuer par l’armée française. Il nous semble qu’il n’est pas superfétatoire de noter aussi que l’armée française, dans sa rage, a incendié la maison des trois martyrs. C’est bel et bien à ce prix-là que les Algériennes et les Algériens hissent librement aujourd’hui le drapeau national en chantant kassamane de Moufdi Zakaria. 

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