Hommage à Mohamed Bahaz : Une icône du Gnawi, s’en va… – Le Jeune Indépendant
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Culture

Hommage à Mohamed Bahaz : Une icône du Gnawi, s’en va…

Hommage à Mohamed Bahaz : Une icône du Gnawi, s’en va…

Il avait 81 ans, le ‘’ Maalem’’ du Gnawi est parti après une longue marche musicale d’un genre exceptionnel qu’est le ‘’ Gnawi’’. Mohamed Bahaz, était l’un des défenseurs de la tradition gnawie et véritable mémoire vivante des zaouias perdues. A l’époque, il sillonnait toutes les villes des wilayas de Blida, Alger, Médéa et autres, avec sa troupe de karkabous (Krakab et Tambour ) pour récolter les ‘’Ziaretes’’ , afin de faire des ‘’ waadetes’’ au niveau des zaouias, synonyme de partage et de convivialité avec danse et chants Gnawi.

 « Ce qu’ils faisaient dans la rue, c’était un acte profane, pour le faire connaitre auprès du grand public » estime un de ses anciens amis. Ce natif de Blida, à ‘’ Douirette’’ en 1942, a toujours su conjuguer, musique, chants et danse africaine pendant et avant l’indépendance. Il n’a jamais nié ses origines africaines, en étant le petit fils d’une sénégalaise et d’un malien. Mohamed Bahaz, avait un parcours artistique très élogieux, c’est à ce moment, qu’il a été vite repéré par le cinéaste italien ‘’Gilles Pontecorvo’’ pour l’enregistrement d’une partie de la musique du film ‘’ La Bataille d’Alger’’.

Il fut aussi recruté par le TNA en 1967, pour faire partie de l’orchestre de Djillali Haddad avec une armada de chanteurs de l’époque, dont Lamari, Seloua, Hafsaoui et autres.  Le chorégraphe bulgare de l’Ecole des beaux-arts de Bordj El Kifan, lui fait appel pour l’aider à réaliser la danse des touaregs et celle de Baba Salem. Il a aussi participé à divers festivals en Algérie et à l’étranger dont la France en 2003.

Le patron du Gnawi  Mohamed  Bahaz, était l’ami intime du plasticien Martinez, lui aussi natif de Blida. Ce dernier, pour concrétiser son amitié et lui rendre hommage, a organisé une exposition, sous le slogan ‘’ Bahaz Khoya Gnawi Blidi’’, tout en déclarant à cet époque : «  rendre hommage à Bahaz, c’est rendre hommage à une longue complicité qui date de la jeunesse entre un musicien gnawi et un plasticien. » Percussionniste et adepte du Gnawi dans l’âme et dans le sang, le dernier gardien de cet art était plus qu’un musicien, un personnage haut en couleurs au parcours atypique, tantôt danseur, tantôt goumbriste (goumbri, un instrument musical atypique du sud algérien). Il a séduit par son charisme singulier, son timbre de voix aux accents ‘’ hozzi’’ et par son anticonformisme.

Rebelle dans une société conservatrice, il a détonné par son franc-parler», témoigne Farid Khodja, l’ami le plus proche du défunt. Mohamed Bahaz, a laissé derrière lui un riche patrimoine Gnawi, aux générations futures adeptes de ce genre de musique. ‘’ Repose en paix, ammi Mohamed. 

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